‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 222 sur 358 · CHAPITRE HE LÉSIONS VITALES DU PIED · texte numérisé non relu

CHAPITRE HE LÉSIONS VITALES DU PIED

Des abcès du pied sont moins souvent le résultat d’un véritable phlegmon que la suite d’une lésion qui atteint les os, comme une carie, des tubercules, une nécrose, Ces abcès sont donc le plus souvent des abcès froids; au con-

traire, à la main, les abcès chauds sont plus fréquents. Les collections purus lentes de ce dernier ordre se remarquent plus souvent à la face dorsale qu'à la plante du pied. Comme à la main, ces abcès sont peu graves, car ils ont une grande tendance à se porter vers la peau. D'ailleurs, les abcès du pied pourraient être divisés en : 1° sous-épidermiques ; 2° sous-cutanés ; 5° SOUSS aponévrotiques.

1° Les abcès de la première variété, ceux qui se forment entre l'épiderme et le derme, sont, comme on le pense bien, les moins graves. On les re# marque sur les points de la plante qui portent le plus, ainsi que sur le talon, et ils arrivent ordinairement après une longue course, un voyage à pied avec de mauvaises chaussures et par un temps chaud. La tumeur est promptement fluctuante ; elle s'ouvre quelquefois spontanément, surtout pendant la march si on ne discontinue pas cette dernière, et il s ’écoule une humeur séropurulente. On comprend que le repos, des bains de pieds émollients, après une ou deux piqûres de la tumeur, suffisent pour tout traitement. D

90 La variété sous-cutanée peut survenir aussi à la suite de fatigues, de pressions rudes, de piqûres qui se sont fermées promptement. Cet abcès est bien moins prompt à se fermer, il est moins facilement fluctuant. Le pus est souvent porté avec facilité, et assez promptement, sous l'épiderme, par une perforation du derme, et, sous cette enveloppe, il peut être retenu longtemps si elle est très endurcie. L’abcès de la deuxième, passe à la première variété. On doit alors diviser l’épiderme. Mais, comme quelquefois l'ouverture du derme est étroite, le pus séjourne sous ce derme dans des clapiers qu'on ne vide véritablement qu’en agrandissant cette ouverture étroite. Il faut donc diviser, non-seulement l’épiderme, mais débrider le derme.

3° La troisième variété, l’abcès sous-aponévrotique, est le plus grave dè tous. On comprend que des tissus enflammés qui se trouvent bridés d'un côté par un plan fibreux très résistant, et d'un autre par des os et du tissu fibreux encore, on comprend que des tissus enflammés dans de pareilles conditions doivent être soumis à une compression des plus fortes et des plus compromettantes pour la vie de ces mêmes tissus : aussi toujours, dans ces inflammations avec étranglement, y a-t-il plus ou moins de mortification. La tumeur ici n’est nullement limitée, tout le pied y participe, souvent une partie de la jambe ; la douleur est tensive d’abord, térébrante, avec acuités puis survient un engourdissementqui précède quelquefois une insensibilité qui est d’un très mauvais présage. Il y a tension de la peau et tension énergiqué sur les points les plus voisins du foyer inflammatoire, et, à mesure qu’on s’en éloigne, l’œdème commence et se dirige vers le dos du pied, vers la jambe; vers les orteils. 4

On sc rappelle que, dans le tableau que j'ai dressé des bourses séreuses, normales et anormales, tome I°', p. 574 et suiv., j'ai noté la face dorsale du scaphoïde, la face interne du premier métatarsien, et d’autres points saillants du pied, comme étant en rapport avec ces organes particuliers. Eh bien, ces

. di

Page 1