‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 221 sur 358 · CHAPITRE IE, LÉSIONS PHYSIQUES DU PIED · texte numérisé non relu

CHAPITRE IE, LÉSIONS PHYSIQUES DU PIED

Les lésions physiques du pied méritent une grande attention. En faisant l’histoire des luxations de cette partie du membre inférieur, en traitant de ses fractures, de ses luxations, nous avons étudié les solutions de continuité des parties molles qui sont les plus importantes, celles avec contusions, déchirures, dilacérations des tissus fibreux, et comme le dirait Hunter, celles qui sont exposées, c’est-à-dire avec plaies de la peau permettant l'issue d’une partie plus ou moins considérable du squelette du pied et la pénétration de l'air dans les articulations.

Les plaies proprement dites du pied, les incisions, les piqûres sont bien moins fréquentes ici qu'à la main : cependant on devra ‘distinguer entre la classe de la société qui est chaussée et celle qui marche pieds nus. On comprend, en effet, que la privation de chaussure doit exposer le pied à une infinité de lésions qu’on évite par les souliers. Ainsi, dans les campagnes, sur le bord de la mer, dans la mer, on se pique à tout instant les orteils, la plante des pieds, si l’on marche pieds nus. Mais, par cela même qu’on marche ainsi, les pieds s’endurcissent, l’épiderme prend une épaisseur qui ressemble à une semelle. Cependant on n’est pas pour cela à l’abri de certains corps étrangers, comme clous, fragments de verre, etc. Aussi, dans certains pays chauds, punit-on d’une forte amende le propriétaire qui laisse de pareils corps étrangers devant son habitation. Au pied, surtout, on distinguera les plaies superficielles des plaies profondes. Les plaies superficielles n'ont généralement aucune espèce de danger, excepté dans les pays très chauds, aux Antilles par exemple, où le tétanos est si fréquent. Les plaies profondes, surtout les plaies sous-aponévrotiques, ont des dangers analogues à ceux des plaies de la main. Cependant on peut dire qu’au pied, les hémorrhagies par lésions artérielles sont bien plus rares qu’à la main, et bien plus faciles à arrêter par la compression. Quand la compression est insuffisante, c'est l'artère tibiale postérieure qui doit être liée à son passage derrière la malléole. Si le retour du sang s’opérait par l'entremise de la tibiale antérieure, on procéderait aussi à la ligature de cette dernière artère ; mais il est très rare qu’on en vienne là.

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