LÉSIONS ORGANIQUES DU PIED
Comme à la main, on observe ici une foule de lésions organiques, depuis l'ossification, qui ne fait que gêner certains mouvements, jusqu'au cancer encéphaloïde , qui compromet complétement le pied et tout l’organisme, Mais c’est l'affection tuberculeuse des os qui domine ici, ce qui est encore pour certains pathologistes une forme de carie ou variété de l'ostéite. Quoi qu'il en soit, on observe souvent ces affections au calcanéum, au cuboïde, à l’astragale, et quelquefois on les voit guérir spontanément, mais après un temps fort long. Si la constitution est détériorée, si le sujet n’est plus jeune, souvent ces suppurations continues l’épuisent, et l’on se voit dans la nécessité de pratiquer une des opérations graves que je décrirai bientôt.
Les lésions organiques sur lesquelles je dois ici quelques détails sont celles qui constituent les fumeurs blanches de l'articulation du pied avec la jambe, où podarthrocace. Ces lésions sont ordinairement la conséquence d’entorses plus ou moins violentes qui ont été négligées, ou bien aggravées par une disposi= tion générale, lymphatique ou scrofuleuse. Il n’est pas très rare non plus de les observer à la suite du rhumatisme.
Quand l'affection est consécutive à l’entorse, le cou-de-pied, au lieu de revenir à son état naturel, s’empâte davantage et ne reprend pas sa mobilité. Il s'opère un épanchement dans la jointure, et la collection de liquide se prononce surtout en avant. Si la maladie n’a pas une origine traumatique,. elle est souvent annoncée de loin par une douleur qui détermine la claudication. Il y a des rémissions d’une durée variable; puis, surtout sous l’in= fluence d’un changement de temps ou d’un faux pas, la douleur revient et s’exaspère ; le gonflement se manifeste, la claudication augmente, ou la marche devient tout à fait impossible. Comme les positions du membre sont encore ici ce qui favorise ou contrarie le plus les déplacements articulaires; je vais examiner la maladie à ce point de vue.
4° Dans la majorité des cas, le pied repose sur son côté externe, le genou étant dans la flexion. Cette attitude, qu’en général le malade préfère, sans doute parce qu’elle est la mieux stable et met le mieux à l’abri des ébranlements douloureux, offre cet inconvénient que la résistance du lit porte le pied en dedans. Les ligaments latéraux externes sont distendus, l’astragale et Ja malléole interne pressent l’un contre l’autre, et quand l'absorption osseuse a lieu, c’est toujours là qu'elle est le plus avancée. L’astragale tend à s’échap-