LÉSIONS ORGANIQUES DU PIED
per en dehors ; mais ses luxations ne sont jamais complètes. C’est de ce côté que le gonflement et la douleur sont le plus marqués. 2° Après cette position, la plus ordinaire est celle où le pied repose sur le côté externe du talon, entraîné qu'il est par le poids des couvertures. On observe à peu près les mêmes accidents que dans l’attitude précédente, avec cette différence que le pied est en même temps mis dans l'extension. Le malade est couché sur le dos, le membre étendu. 3° Lorsque le pied appuie par son bord interne, le malade est couché sur le côté sain, la jambe fléchie, et l’on observe dans la jointure les désordres inverses de ceux que je viens de signaler. 4° Exceptionnellement, le pied repose directement sur la face postérieure du talon : alors il est porté dans l’extension par la pression des couvertures, ce qui amène une grave infirmité quand la guérison se fait par ankylose. Pas de déplacement sensible.
Si des abcès se forment, ils s'ouvrent sur un point quelconque de la jointure, en avant ou sur les côtés.
Le diagnostic est d’une extrême facilité; je n’ai rien de spécial à en dire.
Le pronostic est trop souvent grave : on n’a bien des fois à opposer aux progrès incessants du mal que l’amputation.
Lorsqu'une des demi-luxations que j’ai indiquées existe depuis longtemps, les surfaces articulaires, sur les points où elles sont réciproquement comprimées, sont ulcérées, et présentent ainsi des inégalités qui s’opposent, à des degrés divers, au rétablissement de leurs rapports naturels.
Outre les moyens généraux et locaux sur lesquels je n’ai point à revenir, la première indication à remplir consiste à fixer le pied dans sa position normale, dans celle de la station. Plus tard toute déviation est impossible, Dans ce but, plusieurs moyens ont été proposés : des attelles latérales, avec un étrier qui relève la pointe du pied abritée sous un cerceau; la planchette de Mayor, la gouttière de Ravaton. Mais un appareil plus sûr est la gout-
tière de Bonnet. Les prolongements dont elle est munie l’empêchent de se renverser en dehors, ni dans aucun sens. Ces prolongements sont bien représentés aux deux extrémités de la double gouttière, que j'ai figurée, quand j'ai traité de l’orthopédie des membres en général. Pour le pied, il faudrait la réduire à une sorte de bottine. Sans contredit, cette gouttière remplit l’mdication; mais, si l'articulation n’était pas ulcérée et ne nécessitait pas l'emploi journalier des topiques, un bandage dextriné serait ce qu'il y aurait de mieux, d'autant plus qu’il permet la marche, ce qui est un grand avantage. IL faut, en effet, la recommander dès qu’elle est possible, et même, si Ja jointure conserve trop longtemps de la roideur, lui imprimer de temps en temps des mouvements artificiels pour lui rendre sa souplesse. ;
Les déviations se redressent comme celles qui constituent les variétés du pied bot.