‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 231 sur 358 · REDRESSEMENT, ARRACHEMENT DES ONGLES. — DESTRUCTION DE LEUR MATRICE · texte numérisé non relu

REDRESSEMENT, ARRACHEMENT DES ONGLES. — DESTRUCTION DE LEUR MATRICE

Ges opérations ont été motivées par l’onyxis chronique, l’ongle incarné,

Procédé de Dionis. — On cherche quelquefois à rétrécir l’ongle qui est trop laïge ; avec uñ grattoir on racle le milieu de l'ongle, pour le diviser en deux moitié que l’on presse l’une contre l'autre, en mettant de la charpie entre la portion incarnée et les chairs. Gé n’est là qu'une cure palliative, car il faut recommencer tous les mois. |

M. Faye perce le bord libre de chacune des deux moitiés de l’ongle, et passe dans ces trous un fil rétallique qu'il serre en le tordant comme une Migature. | | « Procédé de M. Guilmot. — Cet auteur prétend que c’est toujours le bord interne de l'ongle qui devient rentrant. — 11 suffit alors de couper “entièrement l'angle interne de l'ongle, suivant une ligne qui part du milieu du bord antérieur de cet oûglé au milieu de sôn bord interne. I faut, de plus, porter là chaussure un peu longue, assez serrée sur le devant du pied, Pour que le gros orteil n’aille pas jusqu’au bout du soulier.

M. Güilmot a fait l'essai de ce procédé sur lui-même, mais il n’est encore que pälliatif, car il faut y revenir tous les huit jours. Après huit ou neuf

mois de ce traitement, ayant omis durant un mois de rogner les ongles, l’auteur vit les douleurs se renouveler.

Procédé de Desault. — Ce chirurgien, croyant que la courbure vicieuse de l’ongle était la cause du mal, employait une lame de fer-blanc, longue de dix-huit lignes, large de trois à quatre ; il insinuait l'extrémité légèrement recourbée entre l'ongle et les chairs. Il déprimait celles-ci, qu'il garnissait préalablement d’une petite compresse enduite de cérat, et soulevait l’ongle. Recourbant ensuite la lame de dedans en dehors, pour lui faire embrasser exactement le bourrelet formé par les chairs, il la fixait avec une bande roulée autour de l’orteil.

Procédé de Fabrice d’'Aquapendente. — Il isolait d’abord l’ongle de la chair avec un peu de charpie. Il employait ensuite des ciseaux qui coupaient en long une portion de l’ongle jusqu'à son adhérence, puis avec des pinces il l'arrachait. On recommence le lendemain et les jours qui suivent, jusqu’à l’arrachement complet de toute la partie incarnée.

Procédé de Dupuytren. — Le chirurgien de l'Hôtel-Dieu passait sous la partie moyenne du bord libre de l’ongle la pointe d’une branche de ciseaux droits, qui glissait rapidement jusqu'à la racine de l’ongle, lequel était divisé, d’un seul coup, en deux moitiés ; ensuite il saisissait la moitié nuisible avec une pince à disséquer, et l’arrachait en la roulant sur elle-même, de dedans en dehors. Larrey excisait de plus les chairs en dehors, pour ne rien laisser de la matrice de l’ongle.

Procédé ancien. — L’ablation des chairs est un procédé déjà décrit par les Arabes, par A. Paré ; il a été renouvelé par Brachet.

Un bistouri est enfoncé immédiatement entre l’ongle et les chairs qui le recouvrent, de manière à comprendre tout ce qui dépasse son niveau ; le lambeau est achevé du côté de l'extrémité de l’orteil. Ensuite, en le soulevant et en retournant le bistouri, on le coupe à la base.

On devra cautériser souvent les bourgeons charnus qui s'élèvent de la plaie qu’on a créée. On la touchera de même dès le deuxième ou troisième jour après l’opération ; la cicatrisation est ainsi un peu retardée; mais on obtient une cicatrice qui ne fait point de saillie; l’ongle alors vient la recouvrir au lieu de pénétrer dans son tissu.

Procédé de MM, Perroton et Reynaud (de Toulon). — Ces chirurgiens préfèrent la cautérisation. Le premier se sert de la potasse caustique, et M. Reynaud du fer rouge. Il paraît même que M. Brachet a aussi aban= donné le bistouri.

Destruction de la matrice de l'ongle. — Tous les procédés que je viens de décrire ne sont que palliatifs : aussi devra-t-on préférer celui de M. Guilmot, qui est le plus simple et le moins douloureux. Pour la cure radicale, il faut attaquer la matrice de l’ongle. On a cherché à la détruire par la cautérisation, après l’arrachement de l’ongle, ou à l’atrophier par une compression longtemps continuée; enfin on l’a extirpée. Voici le procédé

d'extirpation ; il sera facile de le modifier pour l'extirpation d’une partie seulement de la matrice de l’ongle.

Autre procédé de Dupuytren. — On saisit le pied de la main gauche ; on fait une incision profonde et demi-circulaire à trois lignes au delà de l’origine apparente de l’ongle, et l’on cerne tout l’ongle et sa matrice. On détache le lambeau ainsi taillé d’arrière en avant ; on soulève toute la peau qui enveloppe l'ongle, avec l’ongle lui-même. Une profonde cautérisation avec le fer rouge sur la matrice de l’ongle suffirait, selon M. Reynaud (de Toulon) ; l’ongle tomberait et la maladie ne récidiverait pas.

À. TIBIO-TARSIENNE. — Elle était naguère généralement abandonnée, et ce sont les imperfections de la prothèse qui ont motivé cette proscription (voyez ce que j'ai dit en parlant de l'amputation sus-malléolaire, sur la nécessité de séparer Ja question purement chirurgicale de la question prothétique, quand il s’agit des amputations du membre inférieur). Mais Lisfranc revenait à chaque instant dans ses cours sur le fait d’un homme qui avait perdu le pied, et qui faisait lestement quatre ou cinq lieues par jour avec une hottine très grossièrement établie. Sabatier regrettait toujours que cette amputation fût abandonnée. Aujourd’hui elle vient de reprendre faveur et les procédés se multiplient, Je vais d’abord décrire celui de M. Velpeau que j'avais déjà fait connaître dans mes précédentes éditions. Je décrirai ensuite ceux de MM. Syme, Jules Roux et Morel.

Procédé de M. Velpeau. — Pour exécuter l'amputation dans l’articulation tibio-tarsienne, M. Velpeau conseille deux incisions en demilune à douze ou quinze lignes en avant et en arrière de l'articulation : ces incisions se réaniraient Pour former une demi-lune de chaque côté, à un pouce environ au-dessous des malléoles. On dissèque, on retire la peau en haut, et l’on attaque l'articulation en rasant ‘extrémité des malléoles Pour couper les ligaments Jatéraux, puis Îles antérieurs, enfin le tendon d'Achille et les ligaments quisont devant lui. La figure 752 représente le tracé de sept amputations: la première ligne, en allant de la Jambe aux orteils, est destinée au lambeau antéricur dont parle M. Velpeau ; la seconde ligne est pour lamputation médio-tarsienne ; la troisième pour la tarso-métatarsienne; la

juatrième poar la désarticulation de tous les doigts du pied ensemble, On VIDA, T, V. — 5° ÉDIT, )!

Fig. 752.

802 MALADIES DU PIED. | voit aussi le tracé au pointillé de l’ablation du gros doigt par la methodeov alaire de l'ablation du troisième et du dernier métatarsien par la même méthode,

Je suis complétement de l'opinion de M. Gosselin, qui a résumé dans la Gazette des hôpitaux les autres procédés que nous décrirons d’après lui. Ces descriptions, qui concilieront des prétentions rivales, auront l'avantage plus précieux encore d'éclairer d’une manière plus complète l'opinion publique sur tous ces procédés, dont la différence ne consiste souvent que dans des modifications opératoires fort difliciles à saisir lorsqu'on n’a pas sous les veux les pièces du procès. M. Gosselin a cherché à rendre plus intelligibles encore, par des figures, les descriptions suivantes. Je vais reproduire les descriptions et les figures.

Procédé de Syme, — Lunbeiu plantaire. — Prenuere inciston

Fig, 753

(fig. 753). — Elle est courbe, à convexité antérieure, et s'étend sur la face dorsale du pied, du sommet de l’une des malléoles à l’autre. Sa partie moyenne s’avance jusqu'au niveau d’une ligne transversale qui passerait au milieu de l’espace intermédiaire, à la tubérosité du cinquième méta-

tarsien à la malléole externe.

Deuxième incision (fig. 754). — Elle passe de l’une des extrémités de la

AMPUTATIONS. 80 première sous la malléole correspondante, pour rejoindre l'extrémité de l'autre en traversant horizontalement la plante du pied.

Désarticulation. — On désarticule en avant et sur les côtés, et l’on termine en coupant le tendon d’Achille et les couches cellulo-adipeuses de la plante du pied. Cette dernière partie est longue et difficile, parce que les couches dont il s’agit sont épaisses et adhérentes,

Procédé de M. 3. Roux. — £ambeau plantaire et interñe. = Afin de conserver l'artère tibiale postérieure et l'artère plantaire interne dans le lambeau, et de disséquer plus commodément les couches sous-jacentes à Ja peau, M. J. Roux à proposé de conserver un lambeau, non pas exclusive ment plantaire, mais bien plantaire et interne tout à la fois. Il exécute son procédé de la manière suivante :

Première incision (fig, 175). — Elle commence à la partie la plus recu-

LE) Fig. 755.

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WI.) n D 4 ff) 10 ff TOO | ie lée de la face externe du calcanéum, passe sous la malléole externe, vientsur

le dos du Piéd à un centimètre au-devant de l'articulation tibio-tarsienne, et se termine à quelques millimètres au-devant de la malléole interne,

SA

… Seconde incision (fig. 756). — Elle continue la première sur le bord interne du pied, passe sous la plante un peu obliquement en arrière du

80h MALADIES DU PIED.

bord interne vers le bord externe, et vient enfin se terminer au point où l’on a commencé, sur la partie la plus reculée de la face externe du cal-

canéum. |

Désarticulation. — On entre largement dans l'articulation par son CÔté externe; on est dès lors plus à l'aise pour séparer du calcanéum, les couches adipeuses sous-cutanées et pour ménager l'artère plantaire interne. |

Procédé de M. Morel de Mont-Didier. — /anbeau plantaire et interne. — Le procédé de M. Morel ressemble à celui de M. J. Roux; il en diffère seulement par les points de rencontre de l'incision dorsale et de l’incision plantaire, et par l'ordre suivant lequel il pratique cès incisions.

Première inciston (fig. 757). — Elle est commencée derrière la malléole

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