‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 24 sur 358 · DÉGÉNÉRESCENCES FIBREUSE, OSSEUSE, VASCULAIRE, GRAISSEUSE · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCES FIBREUSE, OSSEUSE, VASCULAIRE, GRAISSEUSE

Ces kystes peuvent se développer dans la substance corticale ou dans la substance tubuleuse. On les rencontre surtout à la surface des reins, où ils ne font aucune saillie et sont éomme incrustés dans la substance corticale ; ils sont en général peu volumineux, ont une forme un peu allongée ou ellipsoïde, et sont presque toujours isolés les uns des autres. Ceux qui se: développent dans la substance tubuleuse sont encore plus petits et dépassent rarement un grain de chènevis. Ordinairement en petit nombre, ils se mul-

tiplient cependant, dans quelques cas rares, au point d’atrophier complétement la substance rénale.

Il est difficile d'apprécier sous quelles influences ils se développent ; toutefois on les rencontre plus souvent à la suite de la néphrite simple ou de la néphrite albumineuse. Ils ont été vus sur les reins des nouveau-nés, mais ils sont très rares à cet âge; les adultes en offrent plus souvent; à aucune époque de la vie ils ne sont aussi fréquents que dans la vieillesse.

Peu nombreux, comme cela arrive ordinairement, leur présence ne donne lieu à aucun accident. Lorsque la dégénérescence enkystée occupe à la fois les deux reins, et qu’elle est portée au point d'amener une atrophie complète de la substance rénale, elle occasionne nécessairement la mort. Sans être portée à ce degré, elle peut, lorsque les kystes viennent à s’enflammer, donner lieu aux accidents d’une résorption purulente.

S'il était possible de reconnaître cette altération sur le vivant, peut-être obtiendrait-on des préparations iodées les mêmes succès que dans les cas de kystes des ovaires; mais elle sera toujours un mal sans remède, lorsqu'elle sera portée au point seulement où il est possible de la soupconner pendant la vie.

ARTICLE IT, Dégénérescences fibreuse, osseuse, vasculaire, graisseuse.

Le rein n’est quelquefois plus constitué que par le tissu fibreux; cette transformation fibreuse s’observe aussi dans la substance tubuleuse.

Des corps blanchâtres, d'apparence et de consistance cartilagineuses, ont été vus dans les reins des vieillards. Ils occupent la substance corticale plus souvent que la tubuleuse.

La membrane fibreuse s’ossifie quelquefois dans une étendue variable. Le développement d’ostéides dans les reins est très rare. Ce sont des corps à base fibreuse, analogues aux corps fibreux de l’utérus.

M. Rayer (1) a fait représenter un cas de tumeur érectile développée sur la face antérieure du rein droit. Baillie avait observé une altération analogue, et Lobstein dit l'avoir rencontrée une fois.

Il ne faut pas confondre la dégénérescence graisseuse du rein avec une accumulation de graisse à son pourtour ou dans la fissure. Laennec cite un

(1) Trailé des maladies des reins, atlas, pl. XXVIE, 41.

cas où le rein était entièrement converti en une masse jaunâtre qui graissait fortement le scalpel. M. Pétrequin a publié une observation de transformation graisseuse de cinq mamelons d’un des reins. Dans un cas rapporté par M. Rayer, les reins, de volume naturel, étaient transformés en deux masses d’une graisse compacte dans laquelle on retrouve des vestiges de la substance tubuleuse. |

Tubercules des reins.

Comme presque tous les autres organes, les reins peuvent offrir la dégénérescence tuberculeuse; elle s’y montre sous toutes les formes, affecte non-seulement le corps de l’organe, mais encore les calices, le bassinet et. l’uretère. Dans la substance corticale, la matière tuberculeuse est souvent déposée sous forme de petits grains épars, du volume d’un grain de millet, sans saillie à la surface; quelquefois ils sont agglomérés, séparés seulement par une petite lame de substance corticale ; d’autres fois ce sont de petites masses compactes, du volume d’une noisette, offrant à la coupe un aspect analogue à celui de la coupe d’un marron d’Inde. 135 ” Dans la substance tubuleuse, on la trouve le plus souvent en grains rap-, prochés les uns des autres, disposés en forme de stries. |

Dans la membrane muqueuse des calices, des bassinets et des uretères, les tubercules disposés en petits grains dans son épaisseur en rendent la surface inégale, Il sont quelquefois réunis en groupe et forment des plaques saillantes. Le tissu cellulaire sous-muqueux est souvent envahi. Les uretères, augmentés de volume et comme indurés, ont l’apparence d’une tige solide. Le tissu qui entoure les tubercules, affaissé ou déprimé, est quelquefois tout à fait sain: d’autres fois il est plus ou moins injecté. .. Comme dans les autres organes, les tubercules peuvent se ramollir et créer dans le rein des excayations dont l'étendue est en rapport avec le vo- Jume de leurs masses et la surface de la muqueuse, des ulcérations analogues avec celles qu'ils déterminent dans l'intestin.

Ce n’est que lorsque les tubercules sont ramollis et que leur matière est rendue avec les urines, qu'on peut reconnaître leur présence dans les reins. L'urine est alors mêlée d’une petite quantité de matière or ganique qui ne se dissout pas dans les acides étendus, qui, vue au microscope, n'offre que de globules bien différents des globules du pus et du sang. Si l’on joint à symptôme la présence de tubercules dans le poumon, le diagnostic, s’il n Loi pas d’une certitude absolue, acquiert la plus grande probabilité. … Le rein prend rarement une grande augmentation de volume, Il devient douloureux, lorsqu il existe une néphrite concomitante, Les tubercules développés dans les calices et l’uretère peuvent donner lieu à la rétention d'urine.

Cette affection, rare dans la première enfance et la vieillesse, attaque plus

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