‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 25 sur 358 · CANCER DES REINS · texte numérisé non relu

CANCER DES REINS

souvent un'seul rein que les deux reins à la fois. Nous ne dirons rien sur son pronostic et son traitement.

Cancer des reins,

Le cancer se montre dans les reins sous toutes les formes; mais l’encéphaloïde est la plus fréquente. Il attaque de préférence la vieillesse, devient d'autant plus rare qu'on descend plus près de la naissance. Le cancer hématoïde est presque le seul qui ait été observé chez les enfants. L’affection cancéreuse des reins paraît être moins fréquente chez la femme que chez l’homme.

Les masses cancéreuses, développées primitivement dans la substance corticale, s'étendent quelquefois à la membrane fibreuse, à la substance tubuleuse, jusqu’au bassinet. L’encéphaloïde est souvent par masses multiples, lobulées, d’un blanc rosé ou bleuâtre. A l’état de crudité, leur consistance égale à peine celle du tissu rénal. La substance rénale qui les sépare les unes des autres, reste quelquefois saine d’autres fois elle est évidemment enflammée. | :

Lorsque ces masses sont volumineuses, le rein acquiert des dimensions énormes et présente une surface bosselée. On ne retrouve plus rien de sa forme ni de son organisation primitive, lorsqu'il est entièrement envahi.

Le fongus hématode s’y présente sous forme de masses bosselées d’un brun rougeâtre, constituées par de la fibrine rougeâtre qui s'écrase facilement sous le doigt.

Les ganglions de la scissure du rein participent presque toujours à l’affection ; les veines rénales sont quelquefois distendues par du sang coagulé; il est rare que le bassinet soit affecté.

Ce cancer pent rester tout à fait inconnu pendant un certain temps; il peut augmenter de volume. Les reins ne forment pas une tumeur appréciable, l'urine n'offre pas d'’altération, il n’est pas encore survenu d’hématurie. Les malades accusent bien quelquefois une douleur profonde, sourde ou aiguë, dans les lombes; mais ce symptôme est commun à plusieurs affections des reins,

Avec le temps, le rein prend un plus grand volume, la tumeur qu'il forme devient appréciable aux lombes ; l'urine se charge de sang. Cette hématurie, quelquefois légère, d’autres fois abondante, n’est presque jamais continue, Des caillots de sang peuvent empêcher le cours de l'urine en obstruant l'uretère ou le col de la vessie. Vers la fin, l'urine devient trouble, foncée et fétide : on voit survenir des dérangements dans la digestion, la perte d'appétit, des flatuosités, quelquefois le vomissement et tous les symptômes de la cachexie cancéreuse.

Les causes du cancer des reins sont inconnues. On sait seulement qu’il est quelquefois consécutif au sarcocèle et à son ablation,

Tant qu'il n'y à ni tumeur ni hématurie, les douleurs qu’il détermine peuvent être confondues avec d’autres affections. En l’absence de calculs! l'hématurie, précédée de ces douleurs, devient significative, surtout si elle se renouvelle sans cause appréciable. La tumeur, sans l’hématurie, peut être confondue avec un abcès profond, avec une pyélite ancienne, avec une tumeur de l'ovaire, des altérations du foie, des intumescences de la rate.

Le pronostic est toujours fâcheux ; mais le danger est d'autant plus éloigné que l’altération est moins avancée dans ses progrès, que la constitution est moins altérée, et qu'il n’y a pas de signes de dissémination du cancer sur d’autres organes.

Il faut soutenir les forces par une nourriture succulente, le bon vin, les topiques et les ferrugineux. On emploie ensuite l’opium sous toutes les formes pour calmer les douleurs. Les malades doivent ignorer la gravité de leur mal, et il faut, autant que possible, les placer dans des conditions où ils puissent trouver des distractions d'esprit.

Les remèdes tant vantés contre le cancer échouent ici comme ailleurs ; le traitement palliatif est le seul rationnel et le seul réellement avantageux aux malades,

Kystes acéphalocystiques.

[Les kystes acéphalocystiques des reins ne diffèrent pas de ceux que l’on trouve dans d’autres organes et dont la structure a été précédemment exposée (tome I, p. 484). Ils se présentent sous la forme de petits kystes isolés ou de kystes réunis sous une enveloppe commune. La substance rénale est atrophiée et anémique, visible et encore distincte en quelques points, réduite en d’autres à une simple trame celluleuse, infiltrée cà et là d’une matière jaune accidentelle, et formant une sorte de membrane grisatre à l'extérieur, jaunâtre à la coupe. (Rayer.)

Symptômes. — Ils sont très obscurs au début; les malades éprouvent une sensation de gêne à la région lombaire. Lorsque le kyste a pris un accroissement considérable, il en résulte une tumeur appréciable au palper. La sécrétion urinaire n’est pas troublée.

Marche et terminaisons, — 1° Il peut se faire que le kyste s'ouvre dans les conduits urinaires et que les acéphalocystes soient expulsées avec l'urine, Dans ce cas, les malades éprouvent en général les accidents d’une colique néphrétique, et l’on trouve dans l'urine un nombre plus ou moins considérable d’acéphalocystes d’un volume variable entre un pois et une noix, du sang, de la sanie putride et même du pus. Au bout de quelques jours, les douleurs vives cessent: les malades ne conservent qu’une sensation de gêne dans la région lombaire; l'urine Continue à renfermer de la matière sanieuse et purulente. Survient alors une nouvelle période où les accidenys

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