DES VICES DE CONFORMATION DU VAGIN
[Le vagin étant un organe destiné à la copulation, à livrer issue au sang menstruel et à laisser passer le fœtus au moment de l'accouchement, on comprend que ce canal doive se trouver dans certaines conditions pour l'accomplissement des différentes fonctions qui lui sont dévolues. Lorsque là nature s’écarte de son plan général d'organisation, le vagin offre dans son ouverture inférieure, dans son calibre ou dans sa longueur, des anomalies qui nécessitent souvent l'intervention de l'art et qui prennent le nom de vices de conformation.
4° OUVERTURE DU VAGIN DANS UN LIEU ANORMAL. — a. On à vu le vagin Souvrir dans le rectum: c’est une anomalie qui passe inaperçue pour la femme jusqu’à l’époque de la première menstruation, où le sang, au lieu de sortir par la vulve, s'écoule par l'anus. Barbaut a rapporté deux exemples de ce genre, dans lesquels il y eut fécondation par le rectum, grossesse et accouchement à terme. Si pareil cas se présentait, on pourrait tenter de rétablir la partie inférieure du vagin par une opération que nous indiquerons (voyez Absence du vagin).
b. Nous signalons pour mémoire l'ouverture du vagin dans la vessie: Maret (de Dijon) en a rapporté une observation.
e. Le vagin peut être ouvert plus près de l'anus que dans l'état normal ; le périnée alors est plus court ou manque complétement.
d. Morgagni et Stegmann ont vu le vagin ouvert au-dessus du pubrs.
90 IMPERFORATION DU VAGIN. — Le vagin est imperforé lorsque là menibrane hymen ne présente pas d'ouverture; aussi a-t-on également désigné ce vice de conformation sous le nom d’imperforation de l’hymen. Ge n'est qu’à l’époque où la menstruation s'établit que les jeunes filles accusent quelques troubles fonctionnels qui peuvent faire soupçonner ce vice de conformation. Le sang des règles, ne pouvant pas $e frayer une issue à l'extérieur, S'accumule dans le vagin d’abord, puis dans l'utérus; de là des coliques, une tuméfaction du ventre, un développement insolite des mamelles. L'exa- . men de la vulve montre qu'il existe entre les lèvres une saillie plus ou moins prononcée, formée par la membrane hymen, qui est refoulée par le sang menstruel; la rénitence, l’élasticité de cette tumeur et l'absence même d’ouverture à l’hymen ne permettent pas d’en méconnaître la véritable nature.
Il suffit, pour faire cesser les accidents et pour corriger ce vice de confor-
mation, de pratiquer à l’hymen une incision et d'introduire une mèche entre les lèvres de la plaie, pour en prévenir l'agglutination.
3° ÉTROITESSE DU VAGIN. — | y à étroitesse du vagin toutes les fois que ce Canal n’admet que des corps d’un calibre tel, qu'il en résulte des difficultés pour laccomplissement du coït et, à plus forte raison, pour l'expulsion du fœtus. Dans quelques cas, il a été impossible de faire pénétrer dans le vagin des corps autres qu’une sonde de femme où un tuyau de plume à écrire. Ce vice de conformation est ignoré toute la vie chez les femmes qui restent vierges; mais, chez celles qui ont des rapports sexuels, les difficultés de l’intromission du pénis appellent l'attention,
Chez quelques-unes, le vagin finit par se dilater, soit sous l'influence seule de la répétition de l'acte du coït, soit sous l'influence d’une grossesse, ou bien encore pendant le travail de l'accouchement. Chez d’autres, le conduit conserve au Contraire ses dimensions exiguës, et c’est dans ce cas que l'art est appelé à intervenir. l
s'est à la dilatation qu’il faut avoir recours pour donner au vagin des proportions qui soient plus en harmonie avec les fonctions de l'organe. Les moyens dilatants que l'on met en usage sont les bougies emplastiques, les pessaires de gentiane, l'éponge préparée. L'incision des parois du vagin doit ère réservée pour les cas dans lesquels il est nécessaire de terminer un accouchement.
° ABSENCE DU VAGIN. — Le vagin peut manquer en totalité ou en partie, et, dans ce dernier cas, c’est tantôt la partie supérieure, tantôt l’inférieure. Ce vice de conformation, tout comme l'imperforation du vagin, s'annonce à l’époque où la menstruation s'établit par les accidents qui résultent de la rétention des règles. L'examen de la vulve permet de s’assurer de la nature de l'obstacle à l'écoulement du sang menstruel. Si le vagin n'existe qu’à la partie inférieure, on rencontre bientôt le cul-de-sac qui répond à la terminaison du conduit, au moyen d’une sonde introduite dans la cavité ; Si. le vagin fait absence complète à la vulve, on n'y rencontre aucune dépression répondant à l’orifice inférieur du canal. Dans ce dernier cas, 1l importe de s'assurer des rapports qui existent entre le rectum et la vessie, de déterminer si Ces organes sont séparés ou non par une substance cellulo-fibreuse aux dépens de laquelle On pourrait creuser un canal, c’est-à-dire un vagin artiliciel pour arriver jusqu’à l'utérus, Une sonde introduite dans la vessie et un doigt dans le rectum permettront toujours de résoudre cette question, d’après la distance que l’on trouvera entre les deux : si, en effet, le doigt et la sonde se touchent presque directement, la paroi antérieure du rectum est confondue avec le bas-fond de la vessie; si, au contraire, le doigt a de la peine à reconnaître le bec de la sonde, on en peut conclure qu'il existe entre les deux soit une portion de vagin non oblitérée, soit une substance celluleuse |
plus ou moins épaisse. Le même mode d'exploration que nous venons d’indiquer permet de constater si l’utéras existe ou non.