‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 2)Chapitre 88 sur 358 · ER · texte numérisé non relu

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VAGINITE. 335 chement, ily à un état de congestion des parties sexuelles qui éloigne l’idée d'une névrose à l'état de simplicité complète. [D’après Scanzoni (4), le spasme du vagin coïncide presque toujours avec d’autres affections de l'appareil génital : antéversion, rétroversion, flexions de l’utérus, métrites chroniques, tumeurs fibreuses utérines ; ou bien encore avec des affections spasmodiques de l’urèthre, de la vessie et du rectum. | Dans tous les cas, ce sont les antiphlogistiques, les émollients en bains, en topiques, qui conviennent le mieux ici. [Scanzoni (2) préconise surtout les narcotiques, notamment l’opiuru et la belladone en lavements ; l'introduction dans le vagin d’une petite quantité de feuilles de belladone layées préalablement dans de l’eau bouillante. |

La névralgie du vagin a de grandes analogies avec celles de la vulve. Les malades parlent de lignes de feu qui parcourent le canal, d’élancements déchirants. Ces douleurs revêtent souvent une forme intermittente, mais irrégulière. Le toucher, à plus forte raison l'application du spéculum, sont insupportables. Le chirurgien même ne proposera pas ces moyens d’expioration ; sur les symptômes subjectifs il devra établir son traitement, qui est l’analogue de celui qui a été indiqué à la section précédente, quand il a été question des névroses de la vulye (page 298).

Vaginite.

Le vagin est le siége le plus fréquent de la blennorrhagie chez les femmes. Cette inflammation ne s'arrête pas là, et ne commence pas toujours à. Elle peut exister isolément : 1° sur les grandes, les petites lèvres, c’est le cas le plus rare ; 2° avoir l’urèthre pour siége; 3° enfin le col de l'utérus, et souvent toutes ces parties simultanément enflammées. Nier l'isolement de ces diverses blennorrhagies ou leur simultanéité, c’est se placer également en dehors de l'observation.

La blennorrhagie débute par la partie supérieure du vagin, par la muqueuse qui revêt le col de l'utérus, ou par la partie inférieure du vagin, ce qui est le plus fréquent. La membrane muqueuse du vagin rougit beaucoup et se gonfle. L'introduction du spéculum est alors plus difficile, plus douloureuse ; elle produit quelquefois un peu d’effusion de sang. La rougeur n est pas d’un ton égal partout; elle est généralement plus prononcée sur la face postérieure du vagin. J'ai remarqué que, quand sur un fond rouge étaient semées de petites taches plus rouges, comme des têtes d’épingle, l'inflammation était beaucoup plus opiniâtre. Dans ces derniers temps, plusieurs médecins, entre autres MM. Ricord, Blatin et Deville, ont établi des variétés de la vaginite qu'ils ont appeléeS vésiculeuse, pustuleuse, glanduleuse,

(4) Trailé pratique des maladies des organes seœuels de la femme, par F.-W. de Scanzoni, traduit de l'allemand par les docteurs H. Dor et A. Socin, 1858, p. 426, (2) Loc. cit., p. 466.

granuleuse. Je ne puis ici décrire ces variétés, dont je traiterai dans un livre spécial, car toutes’ se lient à des questiens de doctrine dont le développement ne peut convenir à cet ouvrage. L'humeur produite par le vagin enflammé est semblable à celle qui est sécrétée par l’urèthre enflammé (voyez t. IV, l’article Uréthrite). Cette humeur est abondante, jaunâtre, puriforme à l’état aigu ; elle blanchit quand vient l'état chronique. Voici ce qu’on trouve quand on examine au microscope le produit de la sécrétion du vagin enflammé : c’est un liquide presque transparent, dans lequel nagent des globules arrondis, semblables, pour le volume et la forme, à ceux qui se trouvent dans le pus et 1e mucus normal; il s’y rencontre aussi des écailles, longues de A à 5 centièmes et larges de 2 à 3 centièmes de millimètre: elles ont la forme d'un ovale, et se terminent par une pointe mousse à leurs extrémités. Ces écailles sont transparentes et incolores, et présentent à leur partie centrale un point rond plus clair, qui n’est vraisemblablement que la partie correspondante à l'ouverture du follicule sécréteur. M. Donné (1) a, en outre, découvert dans l'écoulement blennorrhagique l'existence d’animalcules auxquels il a donné le nom de frichomonas du vagin (fig. 683, représentant ces animalcules d’après les tableaux de M. Donné), et qu'il regarde comme exclusifs à la blennorrhagie virulente. Si l'opinion de M. Donné se confirmait, ce serait un excellent caractère pour distinguer la vaginite simple de la gonorrhée syphilitique.

La guérison s'annonce par un commencement de transparence de l’écoulement, qui devient de moins en moins abondant, et finit par être remplacé par une certaine quantité de mucosités filantes; ce sont alors des {lueurs blanches bénignes.

Il est rare qu'avec la vaginite, et surtout la vaginite qui persiste quelque temps, le col de l'utérus soit complétement sain. Dans le plus grand nombre des cas, quand il n’est pas primitivement malade, il finit par le devenir, Je l'ai déjà dit, la blennorrhagie a une marche concentrique : chez l’homme, elle va de la fosse naviculaire à la partie la plus profonde de l’urèthre, dans la région prostatique; chez la femme, elle marche de lorifice du vagin vers le col de l'utérus, et c’est là, en général, son dernier retranchement ; mais elle y demeure, elle s’y fixe avec la même ténacité qu'elle met à se fixer sur la prostate chez l’homme.

Je crois que chez les femmes jeunes, non lympbhatiques, on doit commencer le traitement de la blennorrhagie par la saignée générale, surtout

(1) Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Paris, 1844.

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