LÉSIONS ORGANIQUES DU VAGIN
ARTICLE 7°, Kystes muqueux follicnlaires des parois du vagin.
[La muqueuse vaginale renferme deux ordres de follicules. Les uns, superficiels, sont contenus dans l'épaisseur du derme ou immédiatement au-dessous ; ils s'ouvrent à la surface libre de la muqueuse par un simple orifice Où par un petit conduit. Les autres, profonds, sont contenus dans la tunique cellulo-musculaire du vagin, et représentent des follicules clos. Les kystes muçqueux peuvent prendre leur point de départ dans l’un ou l’autre de ces deux ordres de follicules, d’après les observations de M. Huguier (1).
Anatomie pathologique. — Les kystes folliculaires superficiels se rencontrent le plus souvent à l’orifice inférieur du vagin ou à un centimètre, un centimètre et demi au-dessus, sur la paroi antérieure ou latérale, notamment autour de Purèthre, Ils sont simples ou multiples ; leur volume varie depuis un grain de chènevis jusqu’à une noisette ; leur forme est sphérique, rarement pédiculée. Dès le début de leur formation, ils sont transparents et contiennent un liquide flant, épais, visqueux, quelquefois pultacé. [ls sont formés par deux membranes, l’une externe, l’autre interne.
Les kystes folliculaires profonds se développent au contraire vers la partie supérieure du vagin, près du col de l'utérus, plus fréquemment sur la paroi antérieure que sur la postérieure, Ordinairement unique, le kyste présente un volume qui varie depuis une noisette jusqu’à un œuf de poule : il est sphérique et sessile au début, plus tard il est pédiculé. Il est entièrement opaque, quelquefois transparent au sommet, et contient une matière visqueuse et filante ressemblant au mucilage de gomme. Il est composé de trois tuniques, à savoir : la muqueuse vaginale, une couche de tissu cellulaire filamenteux et deux tuniques propres; des vaisseaux artériels et veineux rampent dans l'épaisseur de ces parois. Lorsque le kyste s’est développé depuis longtemps, il contracte parfois des adhérences avec le fond de la vessie ou la paroi antérieure du rectum, suivant le point du vagin où il a pris naissance ; ces organes sont entraînés par la tumeur elle-même, lorsque le kyste, après s’être pédiculisé, sort par la vulve.
Causes, marche, diagnostie, pronostie, — Les kystes folliculaires
du vagin se développent chez les femmes qui ont eu déjà une ou plusieurs grossesses. Ils se présentent sous la forme de tumeurs dont les caractères ressortent suffisamment de ce que nous avons dità l'anatomie pathologique. |
(1) Des Kysles de la matrice et du vagin (Mémoires de la Société de chirurgie, t. 1).
TUMEURS DIVERSES DU VAGIN. 341 La marche en est lente ; on à vu quelquefois le kyste se rompre Spont ou sous l'influence d’un accouchement.
Les kystes superticiels sont faciles à reconnaître : il n’en est pas de même des kystes profonds. Ces derniers peuvent être confondus avec des kystes de l'ovaire, des trompes, du péritoine, qui sont venus faire saillie dans le vagin. On distinguera ces derniers, par l’existence antérieure de douleurs dans les régions pelvienne ei hypogastrique, par la présence d'une tumeur plus ou moins volumineuse et fluctuante dans l’excavation pelvienne ; par la possibilité de faire disparaître la tumeur vaginale sous l'influence de la pression, par les résultats d'une ponction exploratrice qui fournit une quantité de liquide plus considérable que ne le comporte le volume apparent de la tumeur vaginale. Les kystes séreux, sanguins ou purulents, développés dans le ussu cellulaire qui unit le vagin aux parties voisines, ont une forme moins régulière et ne renferment pas un liquide visqueux. Le cystocèle vaginal pourrait simuler un kyste de la paroi antérieure du vagin (voyez C ystocèle vaginal, p. 327); il en est de même des hernies vaginales (VON CAVE n°375).
Traitement, — Les kystes superficiels seront fendus dans toute l’étendue de leur diamètre, après quoi on touchera leur cavité avec un crayon de nitrate d'argent. Les difficultés que comporte le diagnostic des kystes }r0fonds exigent que l’on débute par une ponction pour s'assurer de la nature de la tumeur. Une fois le kyste reconnu, on agrandit la petite plaie du trocart au moyen d’un bistouri; on excise les lèvres de cette solution de continuité avec des ciseaux courbes, ct pour empêcher une adhésion, on en cautérise la circonférence avec un crayon de nitrate d'argent. Lorsque le kyste est pédiculé, que le pédicule est long et étroit, on peut se contenter de couper le pédicule d’un coup de ciseaux, ] |
anément
Tumeurs diverses du vagin,
[1° On vient de voir que les kystes muqueux profonds du vagin, arrivés à une certaine période de leur évolution, forment une tumeur pédiculée ; on leur donne alors le nom de polypes. Il en serait de même de toute autre tumeur qui se développerait aux dépens des parois du vagin et qui présenterait un pédicule. Ainsi M. P. Guersant a enlevé, sur une petite fille, une tumeur fibro-plastique insérée par un pédicule sur le vagin. L'anatomie pathologique de ces polypes est si peu connue, qu'il est impossible d’en tracer une histoire. Quelle que soit du reste leur nature, on pourrait les confondre avec d’autres tumeurs dn vagin, avec l’entérocèle vaginale, le cystocèle vaginal (voyez ces maladies), avec un polype utérin ; dans ce dernier cas, le toucher vaginal préviendra toute erreur de diagnostic, car l’orifice de l’utérus est libre en cas de polype vaginal. L’excision est la meilleure méthode de traitement à employer pour les polypes du vagin. Le procédé opératoire sera décrit à l’occasion des polypes utérins.
2° Des tumeurs de diverses sortes peuvent se développer dans l'épaisseur des parois vaginales, ou dans le tissu cellulaire qui unit ces parois à la vessié et au rectum. Pelletan a rencontré un lipome de la cloison recto-vaginale, une tumeur fibreuse de la cloison vésico-vaginale ; M. Velpeau une tumeur, dite encéphaloide, de la cloison recto-vaginale, On peut énucléer ces tumeurs, en pratiquant à la membrane muqueuse qui les recouvre une incision droite ou courbe et en disséquant les lèvres de la plaie. Quant aux tumeurs enkystées du vagin renfermant du pus, où une matière visqueuse, ou même du sang, que Pelletan, Lisfranc, A. Bérard, Sanson, Récamier ont observées, c'étaient probablement des kystes folliculaires profonds des parois du vagin. |
ARTICLE IIT, Cancer du vagin,
Ce cancer est ordinairement une extension du cancer de la matrice, de la vulve, de la vessie, Cependant on a observé des cas où le cancer a débuté par un des points des parois du vagin, sans autre dégénérescence dans le voisinage. Quand le cancer débute par le vagin, c’est ordinairement par plaques plus où moins oblongues. On doit s’empresser de les extirper.
Opérations motivées par les maladies du vagin et les ruptures du périnée.