‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 118 sur 302 · TISSU CARTILAGINEUX ANORMAL · texte numérisé non relu

TISSU CARTILAGINEUX ANORMAL

Cette transformation très fréquente peut envahir presque tous les

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iibroux offrent, sous ce rapport, une aptitude bien plus yrandc que les autres, et niéine il semble que dans les organes de nature non selluleuse qui sont le siège d'une dégénérescence cartilagineuse, s'est encore presque exclusivement dans le tissu cellulaire ou cellulo-libreux que la transformation s'opère. Ainsi les cartilaginilicalions du foie, de la rate, des reins, s'observent toujours dans la membrane cellulo-libreuse d'enveloppe, et très rarement dans la substance même de ces organes. Les membranes séreuses dégénèrent assez fréquemment en cartilage, même en ayant soin de ne pas compter, dans les cartilaginifications des séreuses, les cas très fréquents où la dégénérescence est au-dessous de la membrane normale, ou bien dans une fausse membrane qu'elle aurait sécrétée. Les tissus muqueux et mus- 3ulaires sont très rarement le siège de la transformation cartilagineuse ; il eu est de même du tissu ou de la substance nerveuse, quoique l'enveloppe de celle-ci en soit assez fréquemment envahie par cette dégénérescence, soit en partie, soit en totalité.

Le tissu cartilagineux accidentel n'est pas absolument identique à celui des cartilages normaux, et offre plus de variétés que ce dernier. 11 est presque toujours moins homogène, non seulement quant à la couleur, qui est plus blanche, et à la transparence, qui est moins complète, et en certains points presque nulle, mais encore quant à la consistance, qui est assez souvent variable suivant les points; enfin la texture est souvent moins pure que celle des cartilages normaux, et l'on rencontre fréquemment, entre autres éléments étrangers, des fibres et des concrétions calcaires. 11 y a cependant une remarque intéressante à faire à ce sujet, c'est que les cartilages accidentels , destinés à remplacer les cartilages normaux, se rapprochent en général beaucoup plus de la structure de ces derniers que ceux qui sont dans des conditions opposées.

FornieH revêtues imr le tiss» cartilagineux anormal. — La forme qu'offrent les productions accidentelles cartilagineuses les a fait diviser par Laënnec en plusieurs catégories qu'il nous paraît utile de reproduire, quoique ces formes ne soient pas toujours aussi bien dessinées ilans la nature que dans sa classification.

1° Kystes. — Cette forme est assez rare ; les kystes sont petits et renferment dans leur intérieur soit une substance calcaire, soit plus rarement d'autres kystes semblables qui , eux , renferment alors cette matière.

2" Corps isolés. — Ils acquièrent au plus le volume d'une amande, et sont ordinairement beaucoup plus petits. On les rencontre dans le tissu cellulaire sous-séreux et dans la cavité même des séreuses et des ; synoviales, particulièrement dans les séreuses sous-tendineuses, où ils coiistiliiciif. rcs foi-n^ l'Iraiifci-'; siiv losmuils a insish' Diiniivlivni

h5U TISSU CARTILAGINEUX ANORMAL.

Laënnec en a vu sous la tunique vaginale, et M. Fiseau entre la capsule cristalline et la membrane hyaloïde. Ils ne sont pas très rares clans la séreuse ventriculaire du cerveau.

3° TncrustafAons. — Laënnec a donné ce nom à ces plaques cartilagineuses que l'on rencontre à la surface de certains organes, et qui ont la forme la plus fréquente sous laquelle se présente cette dégénérescence. On l'observe fréquemment autour de la rate, du péricarde, de la tunique vaginale, dans la tunique moyenne des artères et les valvules du cœur. On doit rapprocher de cette forme les incrustations cartilagineuses dont se revêtent les surfaces osseuses, lorsqu'un os vient à exécuter des mouvements sur cette surface.

k° Masses. — Cette forme est constituée par une dégénérescence informe déposée au sein des tissus ; c'est ordinairement dans d'autres produits morbides ou dans des organes différemment altérés qu'on les rencontre : ainsi, on les voit fréquemment dans les kystes ovariens et dans les goitres, moins fréquemment dans les dégénérescences fibreuses de l'utérus et de la mamelle, dans les tumeurs éléphantiasiques, etc. Elles ne constituent alors, le plus souvent, qu'un accident de la tumeur principale.

Les causes qui peuvent favoriser la dégénérescence cartilagineuse sont pour la plupart inconnues. On sait que l'âge amène naturellement la cartilaginification de quelques organes , comme la tunique propre des artères et les valvules du cœur. On sait également que l'inflammation favorise singulièrement cette transformation , même chez les individus jeunes; enfin, on n'ignore pas que, lorsque deux surfaces osseuses viennent à contracter des rapports anormaux de contiguïté , comme lorsque , par suite d'une luxation , l'extrémité d'un os vient glisser sur le corps d'un autre , la portion de ce dernier sur laquelle s'exécute ce glissement s'incruste d'un cartilage qui supplée en partie aux fonctions du cartilage normal. Dans certaines fractures qui ne se consolident qu'imparfaitement , le cal est formé souvent par un tissu qui revêt les caractères du cartilage , et plus souvent encore du fibrocartilage , comme on l'observe souvent dans les fractures de la rotule. A part ces conditions étiologiques , toutes les autres sont inconnues.

Les produits cartilagineux n'exigent de traitement que loreque , placés dans une articulation ou dans toute autre cavité , ils y produisent des accidents comme corps étrangers. Ce traitement doit être indiqué à propos des maladies de chacun de ces organes en particulier.

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