‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 12 sur 302 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

DIAGNOSTIC CIimURGlCAL.

Les moyens chirurgicaux sont directs et quelquefois terribles. Avant de les employer , on devra chercher à acquérir une parfaite connaissance du mal. C'est surtout au sujet du diagnostic chirurgical qu'on peut dire que les questions par lui posées sont des questions de vie ou de mort. Un sentiment d'humanité devra donc nous porter à les approfondir , et le chirurgien , jaloux de la confiance de ses malades , saura qu'elle peut dépendre , le plus souvent, de la manière dont il résoudra ces questions , car elle peut lui être promplement retirée par une erreur à cet endroit. S. Cooper a dit, avec raison, en parlant du diagnostic des abcès : « Rien ne fait connaître plus promplement nu esprit observateur et les lumières d'une pratique étendue que la facilité avec laquelle on découvre les collections de liquide le plus profondément placées. Au contraire , rien ne ferait autant de tort au caractère et à la confiance d'un chirurgien que d'avoir donné, dansée cas, un diagnostic faux et inexact. »

Le chirurgien constate d'abord les conditions les plus matérielles de la maladie ; il va directement à la recherche des signes sensibles. Les sens doivent donc lui être d'un grand secours, et il ne saurait trop les exercer pour augmenter leur puissance : mais seuls ils ne sauraient sutfire, car qui dit diagnostic, dit distinguer, ce qui implique l'intorvenlion active de l'esprit. Les .sens ne sont que des instruments qui

desservent l'esprit, en lui rapportant les impressions variées qu'il combine pour arr-iver à la connaissance et à la distinction de la maladie. Ce ne sont pas les sens qui connaissent et distinguent, mais c'est par eux que nous connaissons et distinguons le mal. Le raisonnement est donc très nécessaire au diagnostic. J'en traiterai après avoir parlé des sens.

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