‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 120 sur 302 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

KYSTES. — CAVITÉS CLOSES ACCIDENTELLES ( Velpeau).

Les kystes , du mot grec xu7T(ç , vessie , sont des tumeurs formées par le développemment de poches membraneuses, et renfermant des substances très variées.

La membrane du kyste a pour caractère essentiel d'être libre par sa face interne; elle n'adhère donc pas à sou contenu (du moins les exceptions sont extrêmement rares) , mais elle peut exercer sur lui une double action d'exhalation et d'absorption ; cette double action est même nécessaire pour qu'il y ait j'éellemeut kyste suivant ccrtaiii.s auteurs. Par extension, le nom de kyste a été domié à l'enveloppe (|ui circonscrit des tumeurs de nature diverse, lipome, encéphaloïde,

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qu'il 110 laiu pas confondre avec les kysies proprement dits. D'autre part , raccumulatioii de liquides dans une grande caviu'; séreuse comme la plèvre , le poi-itoine , et même la tunique vaginale , n'est pas comprise dans les kystes : ce sont là des cavités closes normales et non des kystes.

I<:ssni8 «le classiflcatioii des kystes. — Les différences nombreuses des kystes ont motivé leur séparation en plusieurs groupes plus ou moins nombreux, suivant les chirurgiens. D'après la matière qu'ils renterraent, on les a distingués en kystes séreux, sanguins, purulents, mélicériques , etc. Cette division , outre qu'elle ne conduit à aucune application importante , n'est fondée que sur des différences peu essentielles , puisque deux kystes voisins et de même nature contiennent souvent des matières d'apparences bien différentes; bien plus, le même kyste peut, après avoir été sanguin purulent, devenir séreux. Ayant égard à leur mode d'origine, M. le professeur Cruveilhier les divise en kystes préexistants et consécutifs , selon que l'enveloppe préexiste à son contenu, ou se développe après lui. Cette division anatomo-pathologique, dont je tirerai parti bientôt , a été adoptée par le professeur Sédillot dans une thèse remarquable [concours de 1841). W.Sédillota cru devoir ajouter une troisième classe comprenant les kystes dont l'origine est douteuse , ou qui appartiennent , selon les cas , à l'une et à l'autre classe établie par M. Cruveilhier. Une autre distinction a été fondée sur la nature des parois du kyste. Ainsi il en est qui ont une grande analogie de structure et d'aspect avec les membranes tégumentaires avec lesquelles ils ont des rapports intimes : ce sont les kystes tégwnentaires, dermoïdes, muqueux ou folliculaires. Les autres, formés d'une membrane celluleuse , dont l'intérieur offre l'aspect et les propriétés des membranes séreuses , sont les kystes cellulo -séreux. Ces derniers, qui présentent de nombreuses variétés, comprennent les kystes hydatiques que je ferai connaître plus tard. Je décrirai les kystes folliculaires en parlant des maladies de la peau. Je ne parlerai donc ici que des kystes les plus fréquents, des kystes cellulo-séreux. , qui se prêtent le mieux aux considérations générales.

Ce (fii'il faut surtout enleiiiire par cavité close accidentelle. — Les kystes cellulo-séreux ont tous pour caractère commun d'être formés par une membrane celluleuse plus ou moins distincte, épaisse et résistante , dont l'intérieur offre le poli des membranes séreuses. Telle est l'idée que pendant longtemps les chirurgiens se sont laite de toutes les tumeurs constituées par un liquide amassé dans une cavité circonscrite située dans l'épaisseur de nos organes ou dans lem-s interstices, persuadés qu'ils étaient que ces collections étaient constamment enveloppées d'une membrane particulière distincte des tissus

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