KYSTES
avec la lymphe ovganisablc, \c pus, le sérum, avec diverses matières sécrétées, il peut donner lieu aux produits les plus variés, que nous avons indiqués plus haut. C'est aussi aux transformations de la partie librineuse du caillot que l'on pourrait rapporter l'origine de ces petits corps cartilagijieux, liordéi formes , que l'on a plus particulièrement rencontrés dans les kystes synoviaux du poignet. Le sang, en s'épanchant dans les cavités closes, sous-cutanées ou synoviales, peut en eftét les transformer en kystes hcmatiques , qui ne se comportent pas autrement que ceux cpie nous venons de voir succéder à un épanchement sanguin primitif. (Voyez ce que j'ai dit des terminaisons de la contusion, p. 261 et suiv.) Les détails des autres variétés que je viens de signaler se trouveront dans les deux derniers livres.
De quelque manière que la cavité du kyste ait été formée , qu'elle soit primitive ou consécutive, le produit qu'elle fournit s'y amasse et la dilate progressivement. En se développant , le kyste refoule autour de lui les organes et les tissus environnants , s'en forme une doublure, ou se les approprie pour en constituer ses parois. Ces parois refoulées sont ordinairement saines ; si la tumeur est ancienne et volumineuse , elles sont souvent atrophiées et quelquefois altérées , indurées , ramollies ou enflammées. Les os eux-mêmes peuvent être amhicis , distendus et comme soufllés , lorsque le kyste s'est développé dans l'intérieur de leur tissu. Les phénomènes qui se passent à la surface interne du kyste sont analogues à ceux qui ont lieu dans les séreuses. Un double mouvement d'exhalation et d'absorption s'y opère; de là l'explication de leur augmentation et de leur diminution de volume ; de là aussi l'utilité de certains kystes développés autour de corps étrangers qu'ils finissent par dissoudre et faire disparaître.
»»yiii|itoa»e8.— Les kystes se présentent, à leur début, sous la forme de petites tumeurs dures, circonscrhes , mobiles, sans changement de couleur à la peau , indolentes , et dans lesquelles il est impossible de constater la Iluctuation. Quand, au bout d'un temps généralement assez long , la tumeur a pris un développement plus considérable , alors elle est tantôt molle , Ilucluante , tantôt assez dure et élastique : ces différences résultent de la densité du liquide , de la résistance et de l'épaisseur de ses parois , et de la tension que leur lait éprouver le liquide contenu. Sa forme , ordinairement arrondie, est quelquefois bosselée et divisée en plusieurs loljes. La peau qui la recouvre est distendue, souvent bleuâtre et parcourue de veines.
Certains kystes séreux, à parois min(Kîs et-^aillantes , sont translucides ; d'autres , dont les parois sont épaissies et transformées en coque cartilagineuse ou osseuse , n'offrent plus aucune transparence, aucune Ihictuation. Quelques kystes développés dans les os, ou ossifiés, (li)nnent à la main qui les presse la sensation d'un craquement léger.
CAVITÉS CLUSES. /l63
Les kystes n'alfèront on rien les fonctions générales de l'économie ; ils ne nuisent que par leur présence , par la gène qu'ils occasionnent, par la compression qu'ils exercent sur les organes voisins , et enfin par leur poids, lorsqu'ils sont très volumineux.
5 nrclie et leriiiiiinison. — Les kystes se développent lentement ; mais il est rare qu'ils restent entièrement stationnaires, et plus ■are encore qu'ils disparaissent spontanément. Cependant on en a vu lisparaître par une résorption rapide , ou lente et graduelle ; leur gué- •ison a eu lieu aussi par une rupture accidentelle de la poche et l'innitration du contenu dans le tissu cellulaire où il a été absorbé. L'inflammation du kyste peut encore en amener la suppuration , l'ouverture à l'extérieur et l'oblitération définitive. Cet accident n'a pas toujours des suites aussi favorables; il peut avoir pour conséquence la reproduction de la tumeur, de fistules difficiles à tarir, et même de végétations de mauvaise nature.
Uia^nostie. — Un kyste superficiel qui se présente avec tous les caractères que nous lui avons assignés ne peut guère être confondu avec une^ tumeur de nature différente ; mais lorsqu'il a été modifié dans sa forme, que ses parois dures, inégales, bosselées, molles en certains points , ne permettent de percevoir qu'une fiuctuation douteuse ; lorsque l'inflammation s'en est emparée, il peut être confondu avec une tumeur cancéreuse ou avec un abcès froid , même avec un anévrisme. Les méprises de ce genre sont plus faciles encore quand il s'agit de kystes profondément placés dans l'épaisseur de la mamelle ou des membres. Les exemples de kystes extirpés pour des cancers, ou de cancers ponctionnés pour des kystes , ne sont pas rares. M. Sédi'llot a vu un kyste placé au-dessus de la fourchette du sternum , et agité de battements , qui avait été pris pour un anévrisme de l'aorte • Au"- Bérard rapporte un fait semblable. Desault ouvrit un kyste dû médiastin, croyant ouvrir un hydropéricarde. Plusieurs fois les kystes du cordon spennatique ou de la grande lèvre , en tout ou en partie réductibles, ont été pris pour des hernies. Ces faits , et d'autres plus nombreux que je pourrais citer , montrent que le diagnostic des kystes est souvent en touré de difficultés. Quand l'anal vse attentive des symptômes ne suffit pas pour lever la difficulté, il faut recourir à la ponction exploratrice. (Voyez les Prolégomènes, page 5 de ce volume.)
Pi-oiio8iic. — Peu graves par eux-mêmes, les kystes ne deviennent dangereux que par les rapports qu'ils affectent avec des organes importants. Ceux qui sont situés profondément dans les viscères, et qui ne sont ([ue difficilement accessibles à la main du chirurgien, ou dont la rapture dans une grande cavité peut amener des accidents mortels, sont beaucoup plus graves ([uc les kystes extérieurs. Parmi ces derniers , ceux qui sont volumineux , voisins de vaisseaux ou d'articula-
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lions iraportantos, ou dont les parois sont altérées, offrent plus de gravité que ceux qui sont dans les conditions opposées. Mais dans tous les cas, une disparition spontanée du kyste étant un lait des plus exceptionnels , et une opération étant nécessaire pour en débarrasser le malade , le kyste peut passer toujours pour une maladie grave.
Traii eMieut . — On peut, comme pour les cavités closes naturelles, essayer ici les dérivatifs, les révulsifs, afin de vider le kyste par l'absorption , ce qui réussira très rarement. La médecine opératoire intervient par la ponction, qui, seule, est souvent insuffisante; aidée de l'injection du séton , elle peut avoir plus d'efficacité, mais il faut pour cela que les parois du kyste soient peu anciennes. Il faut donc chercher très souvent à détruire par la cautérisation des parois du kyste , et , ce qui vaut mieux , enlever en entier le contenu et le contenant'. D'ailleurs la médecine opératoire de ces tumeurs comme des autres sera exposée à la fin de cette section.