‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 194 sur 302 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce que j'ai à dire sur les lésions physiques de ce système organique se réduit à quelques considérations très brèves sur les plaies des vaisseaux lymphatiques.

Plaies des vaisseaux lymphatiques.

Ce qui a été dit sur les plaies du système dont il s'agit se rapporte seulement à la partie canaliculée. Gomme on le pense bien, les vaisseaux lymphatiques sont souvent blessés, soit par accident, so.t pendant les opérations, et cependant ce traumatisme est extrêmement peu connu, même dans sa partie physique, dans ce qm se rapporte aux phénomènes prwiitifs. La raison peut se trouver dans 1 extrême tenuite de ces vaisseaux et dans la nature de l'humeur qu'ils contiennent : en effet, il est rare que la lymphe soit versée en assez grande abondance pour être facilement constatée, et presque toujours elle se mêle au sang qui masque ses caractères physiques. Cependant il est des régions ou les vaisseaux lymphatiques sont assez apparents pour que es phénomènes primitifs de leurs plaies soient facilement appréciables : ainsi U y a au-devant de la malléole interne, accolé à la vemc saphene, un vaLcau lymphatique qui a quelquefois les diamètres d une plume de lo beau Ce vaisseau peut être ouvert quand on pratique la sa.gnee du Zl alors si la veine ne donne pas beaucoup ou quand elle a ce.se de Lu ni du sang, on peut constater un écoulement de la lymphe. C est un va sseau ? mphatique de la cuisse qui, par une petite d.vi- ^foJ^^i au r^pLrt d'AssaU.ii, . l^ilogramtnes 1 2 de lymp^^ ce qui me paraît un peu excessif, mats ce qui doit être >ra pu sq M.Nélatoncitcce tait sans le moindre commentaire. Pour mon compte.

LÉSIONS VITALES DES VAISSEAUX LYMI'UATIQUES. 71

j'ai observé un écoulement peu considérable de lymphe qui s'est i)rolonyé pendant huit jours à la suite d'une opération de hernie crurale': au huitième jour, la cicatrisation de la plaie étant avancée, on permit au malade de se lever, et l'écoulement s'arrêta. Selon les auteurs, on reconnaîtrait cette espèce d'hémorrhagie à la facilité qu'il y aurait de l'arrêter par une compression entre la plaie et l'origine des lymphatiques, et de l'augmenter par une compression du côté du cœur ; ce serait même par ces deux manaiuvres qu'on pourrait distinguer la lymphe delà synovie, quand la blessure est en rapport avec une articulation. Il est probable que le traumatisme des lymphatiques est suivi d'une inflammation encore plus facilement oblitérante que celles des veines et des artères, car ici le liquide contenu dans le vaisseau a la plus grande analogie avec celui qui est la base de toute cicatrisation. Selon Sœmmerring, les accidents graves qnisurviennent parfois après l'ouverture de grands foyers purulents seraient dus à la blessure de quelques vaisseaux lymphatiques. Si l'opinion de Sœmmerring se confirmait, le pronostic des plaies des lymphatiques prendrait un degré de gravité qu'on ne leur accorde pas en général.

Si l'on observe bien les vaisseaux lymphatiques en rapport avec les cicatrices qui succèdent aux saignées du bras, surtout si les saignées ont été souvent répétées sur la veine médiane céphalique, on voit un grand nombre de vaisseaux lymphatiques monter obliquement entre cette veine et la peau , sur tous les points où elle est accessible h \t lancette. Mais, comme les veines, sur ces points, les lymphatiques ui seront pas oblitérés; bien plus, on pourra quelquefois constater au niveau de ces cicatrices une vraie dilatation variqueuse dans l'étendue de plus de 1 centimètre, et ayant un diamètre de plus de 3 millimètres. On a donné le conseil d'aller à la recherche du vaisseau lymphatique blessé afin de le lier. Si l'on tient compte seulement des difficultés d'exécution, vu l'extrême ténuité du vaisseau à lier, on préférera la compression méthodique entre la blessure et les capillaires, qui d'ailleurs a toujours été suffisante. Les astringents, les caustiques pourraient d'ailleurs avoir ici leur utilité.

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