SECTION SEPTIEME
M\L\Dli:S DtS VAISSEAUX ET GANGLIONS LYMPHATIQUES.
Aiiatoiiiîc.
ils
On pouirail considérer les lymphatiques comme des dépendances des veines;, ont, avec elles , les plus grandes analogies anatomiques et physiologiques : les doux ordres de vaisseaux ont, en effet, une couche superficielle et profonde; ils ont l'un et l'autre des nodosités , des valvules ; les deux ordres de vaisseaux sont chargés de recueillir les débris de la nutrition ou le produit de la digestion, soit sous forme de sang, soit sous forme de lymphe , soit sous forme de chyle ; le tout marche , coule vers les mêmes organes , les poumons, pour y subir une même élaboration , l'hématose. Donc ce que j'ai dit des dangers de leurs fonctions quand j'en ai été aux veines, s'applique en partie ici : en effet, les matières morbides nées ou introduites dans les lymphatiques marchent vers les organes de l'hématose , et les inflammations ont aussi cette tendance; mais le tout est dans des proportions très modérées relativement au système veineux , car la marche des vaisseaux lymphatiques , le cours des humeurs qu'ils contiennent se trouvent interrompus par des corps particuliers qu'on appelle ganglions lymphaliques;dQ plus, les vaisseaux lymphatiques ont un calibre de beaucoup inférieur à celui des veines. , ,
Les vaisseaux lymphatiques naissent par des radicules de ce vaste réseau , dernière limite de l'appareil circulatoire, qui embrasse tout l'organisme. La
Fig. 1.
figure 1, empruntée an Manuel d'ànaComiedaU. Sappey, donne une idée de ce réseau (1, 1) et des radicules ('2,"2,2,2). Les vaisseaux, une fois formés, se divisent en deux plans ou deux couchespar rapport aux organes et aux régions : ainsi, au testicule, il y a une couche superficielle sous l'enveloppe fibreuse, et une couche profonde dans le sein même du parenchyme ; aux membres, il y a les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés, les vaisseaux lymphatiques sous-aponévroliques. Les premiers suivent les veines superficielles; les autres entourent les artères et les veines profondes. Les lymphtitiques des deux couches ne communiquent pas aux membres aussi fréquemment, aussi largement que les veines correspondantes, ce qui fait qu'il n'est pas rare de voir l'inflammation se borner à une couche lymphatique : on peut, en effet î,iasuiled'unepiqn.o, constater rinnammat.ondesva,sseauxlymphafques supe'rfiriols tandis ((uo les profonds sont dans une parfaite intégrité ; par contre,
ANATUMIK.
Fig. 2.
01. a observé, dans dos cas de tVacliiros commiiuilivos, dos nngioleiicilos nrolondes avec suppuration , sans inflammation des vaisseaux sous-cutanés -
Tous les ly.uphatiques se rendent , en définitive, an canal Ihoracique cl à la grande veine lymphaliqnc droite. Ces deux troncs s'ouvrent eux-mêmes le cana ihorac.que, dans la veine sous-clavièrc gauche, ei l'autre, la grande veine , dans la veme sous-clavière droite. J'unuv La direction des vaisseaux lymphatiques est légèrement flexueuse. ils ne p ésenten pas les anastomoses si fréquentes, si variées du système ar énel et surtout du système veineux. Les lymphatiques n'ont qu'un mode d'anastomose qm es Ufurcation : après un certain trajet, un lyn,phatique iusqtelàpaallèle a un autre lymphatique, se bifurque, et chaque branche se ieie dans les vaisseaux vo.sms ; ou bien une branche suit la dh-ection pdmii vS vaisseau pour entrer dans un ganglion ou se bifurquer, ù son lou", ' rpeu plu o.n tandis que la seconde branche s'abouche au' premier tronc q"el e r a ont, e En se divisant et se réunissant ainsi par leurs branches qui s orresponen , les lymphatiques forment des ellipses qu'on peut très bien vo rTHrers la peau dans les cas de lymphite superficielle Les anastomoses les plus fréquentes sont dans les ganoUons. Les vaisseaux iymphahques pénètrent dans ces corps, et en sortent plus gros, mais moins nom- Fig. 3. breux. Ceux qui entrent ont été appelés afférents, et sont multiples; ceux qui sortent sont efférenls , et peuvent être solitaires. Un ganglion peut recevoir jusqu'il dix vaisseaux ailérents, tandis qu'il n'en sortira que deux et même qu'un effércnt. La figure 2, empruntée au Manuel de M. Sappey, montre bien ces deux ordres de vaisseaux ; ici il n'y a que deux efférenls : ce sont les deux plus gros.
Quoique les parois des lymphatiques soient très minces et transparentes, on a pu y distinguer, comme aux autres vaisseaux, trois tuniques. L'interne a une apparence séreuse, la moyenne a été considérée comme fibreuse élastique, l'externe serait cclluleuse.
Comme les veines les lymphatiques ont des valvules; mais ici elles sont plus nombreuses, généralement plus rapprochées, ce qui donne aux lymphatiques un aspect noueux. (Voyez fig. 3.) Ces valvules sont paraboliques, disposées par paires, adhérentes du côté des extrémités libres, du côté du cœur ; elles offrent parfois une disposition circulaire ou annulaire qui les a fait considérer comme des sphincters.
Les ganglions lympliali.iues ont depuis le volume d'un grain de millet jusqu'à ccJui d une grosse aveline, ils sont semés sur le trajet des vaisseaux lymplia-
lianes. Aux membres, on les i cncoalrc, sui loul vers leur racine, et dans le sens de la flexion ; au cou , à la poitrine , à l'abdomen , les ganglions longent surtout la colonne vertébrale et s'accolent aux grands vaisseaux. J'ai dit comment arrivent et partent les vaisseaux lymphatiques , qui se mctient en rapport avec les ganglions, lesquels ne sont en réalité qu'un amas, qu'un enroulement de vaisseaux lymphatiques retenus par du tissu cellulaire.
Les vaisseaux artériels que reçoivent les ganglions sont très considérables , relativement à leur volume; les veines qui en sortent sont encore plus volumineuses. Ces vaisseaux se développent énormément par l'hypertrophie des ganglions : on a pu constater, par l'extirpation de ces corps , la capacité que peuvent prendre alors les artères. Ceux qui désireront des connaissances plus étendues sur les lymphaliqûes feront bien de consulter le livre de M. Sappey.