‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 20 sur 302 · VI. — Position du malade, des aides et de l'opérateur · texte numérisé non relu

VI. — Position du malade, des aides et de l'opérateur

Le chirurgien doit placer le malade , ses aides , et se placer luimême convenablement. La position horizontale convient le mieux au malade, surtout pour les opérations pratiquées sur le tronc et les membres inférieurs. Dans les grands hôpitaux, il y a dans l'amphithéâtre un lit ou table d'opération ; ce meuble est élevé, peu large, .très solide; il peut quelquefois être tourné dans tous les sens à I l'aide d'un pivot. En ville, on y supplée par une commode, une t table de cuisine; ces meubles, étant lourds, seront plus fixes et plus s solides. On les place, autant que possible, non dans la pièce où doit 1 être le malade après l'opération , mais dans une pièce voisine , près ( d'une fenêtre.

Pour certaines opérations de la tête, des membres supérieurs, on t fait asseoir le malade; très rarement on le laisse debout. On cite des I cas très exceptionnels où l'opération de la cataracte a été pratiquée, le I chirurgien et le malade étant dans cette dernière position.

De nos jours, on ne lie plus le malade, on lui fait grâce de ces api pareils qui ressemblaient trop à ceux des tortures. Seulement, pour les tailles périnéales, on fixe avec une bande les mains aux pieds. On 1 pourrait s'en dispenser chez l'adulte. Une fois résolu, un sujet rai- - sonnable subit l'opération jusqu'à la fin. La crainte venant ici au se- I cours de la raison , il reste immobile , parce qu'il pense que les mou- ' vements lui feront rencontrer plus souvent les instruments , qui alors I pénétreront davantage. Les grands mouvements sont toujours domptés ou bornés par des aides , lesquels , dans certains cas, se contentent I de les diriger. L'immobilité complète est d'ailleurs impossible , quels ' que soient le nombre et la force des lacs. Elle ne peut être que le résultat d'une volonté ferme de la part du malade : aussi , dans les opérations minutieuses, difficiles, on n'obtiendra rien, si le malade n'a pas un grand courage ou une complète résignation. A l'imitation de ' Dupuytren , on devra bien expliquer au malade que si des aides s'em- : parent de lui, ce n'est pas parce qu'on se méfie de son courage; si on ' les assujettit, c'est pour donner un point fixe aux différentes parties du corps et rendre ainsi l'opération plus sûre, plus facile. Cette marque de coiifiancc produit souvent le plus heureux effet.

L'aide le plus intelligent est pla(;é vi.s-îi-vis le chirurgien ; c'est celui qui le seconde le mieux , on peut dire qu'il opère avec lui : il lie les vaisseaux ouverts, les saisit ou les conqn-imc ; il écarte les tissus, les

UU PKOLÉGOMÈNES.

tend, les abstergc et facilite ainsi l'action des instruments. Un aide non moins précieux est celui qui comprime les troncs artériels ; dans une amputation , cet aide doit être choisi avec le plus grand soin ; il doit surtout s'occuper de la compression ; mais le reste de l'opération ne doit pas lui être étranger. Je dirai plus tard pourquoi.

Si l'on se sert de la lumière artificielle, un troisième aide dirige une bougie ou deux sur les points qui doivent être le mieux éclairés. D'autres aides fixent les membres , le tronc , la tète , mais sans accabler le malade; ils ne doivent agir que quand il y a nécessité. Si tous ces aides sont bien choisis et bien placés, silencieux, attentifs et prévenants , ils obéiront si bien à un regard , à un geste du chirurgien , qu'ils sembleront deviner ses ordres. Celte harmonie , cet ensemble dans les manœuvres , sont appréciés non seulement par les assistants, mais quelquefois par les malades, malgré leurs souffrances. Delà plus de confiance et plus de chances pour le succès.

Le chirurgien est plus souvent debout : aussi devra-t-il dresser à sa taille le lit ou la table sur laquelle on couche le malade. Pour l'opération de la cataracte , le chirurgien est ordinairement assis. Pour les amputations des membres , il change de position ; il met d'abord un genou à terre et semble s'accroupir, se relève peu à peu , et se penche ensuite en avant.

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