‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 211 sur 302 · LES CONDUITS NOURRICIERS · texte numérisé non relu

LES CONDUITS NOURRICIERS

Au-dessous du conduit nourricier (moitié supérieure

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American Journal, août 1834.

OPÉHATIUNS POUR ÛETKUIKE LliS AUTlCULAllUINS CONTUE NATUUE. 199

une application de l'appareil inamovible qui a réussi quelquefois à M. Velpeau.

Séton. — M. Physik , de Philadelphie , croyant le procédé de Celse insuffisant, eut l'idée de traverser le membre et l'intervalle des fragments d'un séton, ce qui lui réussit dans un cas d'articulation contre nature résultant d'une fracture de l'humérus. Ce procédé a également réussi à Percy, à M. Dohldorf, pour des fractures non consolidées du fémur; à M. Harris, dans un cas de fracture ayant son siège près le col de l'humérus et datant de quinze mois ; au même chirurgien, dans un cas de fausse articulation de l'avant-bras. Ce moyen a quelquefois déterminé des accidents fort graves, notamment chez le malade de M. Dohldorf.

M. Sommé, chirurgien à l'hôpital d'Anvers, a eu recours, dans le même but, à un procédé différent. Avec un fd d'argent, ce chirurgien a opéré peu à peu la section des tissus fibreux qui réunissaient les deux fragments ; le fil a irrité les bouts de ceux-ci , comme auraient pu le faire les sétons. Voici comment s'est comporté ce chirurgien dans un cas de fausse articulation du fémur. 1° Il a d'abord traversé le membre de dedans en dehors, au moyen d'un long trocart qui a raclé le dessous de l'extrémité inférieure et saillante du fragment supérieur; un long fil d'argent a été passé à travers le membre au moyen de la canule, quia été ensuite retirée. 2° Le même trocart a été plongé à la partie externe du membre, vis-à-vis la partie supérieure de la fausse articulation, et on l'a fait ressortir par la première piqûre. L'extrémité externe du fil a été encore engagée dans la canule de dehors eu dedans, c'est-à-dire du côté externe au côté interne. Ce fil a parcouru le trajet du trocart ; il est donc sorti par la première piqûre, qui est toujours l'interne. La canule, qui, sans doute, était fendue dans toute sa longueur, a été retirée. Ainsi, les deux extrémités du fil convergeaient et se réunissaient à l'ouverture interne; tandis que la partie moyenne, le plein ou l'anse de ce même fil, embrassait la partie externe de la cuisse qui se trouvait entre les deux piqûres de cette région. 3" M. Sommé a fait une incision profonde sur la peau et les chairs restées entre les deux piqûres : alors l'anse de fil qui embrassait la peau a étreint l'os lui-même. L'incision du côté externe du membre a été réunie sur l'anse de fil d'argent, et celui-ci a été serré peu à peu , de manière à diviser les tissus qu'il embrassait. La consolidation de hi fracture s'est opérée en six semaines; le lil a été alors retiré : il n'avait pas encore divisé tous les tissus qu'il embrassait. Trois mois après l'opération, le malade marchait. La guérison a eu lieu iiu moyen d'un cal un peu volumineux, mais sans raccourcissement.

R^fit4>r«i»ii. — La résection consiste à enlever l'extrémité arrondie f't déjà (Mcatriséc des fragm'Mils. Lv manuel de cotte (ipéra-

lion est assez simple : on fait sur la fausse articulation une incision longitudinale assez étendue; on résèque les deux fragments, si la chose est facile; dans le cas contraire, on en résèque un, on rugine l'autre, et on les met en rapport dans un appareil à fracture après avoir réuni les bords de la plaie par première intention. L'incision doit être faite dans un point où il n'y a pas de grands vaisseaux et où les parties molles à traverser ont peu d'épaisseur.

Cette opération, imaginée par White, a été pratiquée avec succès sous les yeux de ce chirurgien. Elle a aussi réussi à Dupuytren, à MM. Harriponet Bartonn, chirurgiens de l'hôpital de Pensylvanie(I). Elle est dangereuse : pratiquée par M. Hewson, pour un cas de fracture du fémur non consolidée, à 3 pouces (8 centim.) au-dessous du grand trochanter, elle a été suivie de la mort le seizième jour. Appliquée aux membres à deux os, elle devient fort difficile et entraine de grands désordres. Enfin, elle est toujours suivie d'un raccourcissement du membre. Pour exécuter ces résections, la scie à chaîne et les nouvelles scies, ou ostéotomes imaginés par MM. Heine, Charrière et Martin, sont utiles.

D. c;a«*érisatioii. — Tantôt, les os étant placés superficiellement, on a appliqué \m caustique sur les téguments au niveau de la fracture, de manière à agir immédiatement sur la fausse articulation ; tantôt l'incision a précédé le caustique, qui est alors appliqué sur les fragments mômes dépouillés du tissu fibreux qui les enveloppe ; on s'est, servi d'un morceau de potasse caustique et du beurre d'antimoine (2). Enfin M. Mayor, a passé entre les deux fragments la canyle d'un gros trocart qui séjourna pendant huit heures ; dans celte canule il introduisit à plusieurs reprises un mandrin de fer chauffé à la température de l'eau bouillante.

^l)|iréciation. — Le procédé le plus simple et le monis dangereux pour le traitement de l'articulation contre nature est celui qui consiste à entlammer les fragments par le frottement ; mais ce procède sera souvent insuffisant. Celui de M. Sommé parait plus rationnel que celui de Physik, en ce qu'il agit sur toute la surface des deux bouts de la fracture, tandis que le séton ne les irrite que sur un point. M Mal-'aigne a tenté deux fois, mais en vain, d'introdun-e des aigmlles à acupuncture entre les deux fragments. La résection, bien plus danoereuse que les autres procédés , ayant d'ailleurs l inconvénient de raccourcir le membre, doit être réservée pour les cas ou le^s autres moyens ont échoué ou sont impralicables, et même on ne devra la mettre en usage que dans les cas où elle n entraîne pas de graves désordres, car l'opération pratiquée dans des circonstances defavo- (j) Tl,e American Joarnal oflhe médical sciences, août et novembre 1838. {■>) llewsoii, Journal des proij., l. X, p. '23'.».

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cables entrainerait souvent la mort. Une exception extrêmement rare pourrait devenir un cas d'amputation.

Un praticien sage n'oubliera jamais qu'un mauvais cal et une fausse articulation ne constituent que des iniirraités, et que les opérations proposées pour les faire disparaître sont dangereuses. Dans tous les cas, il faudra tenter l'appareil inamovible longtemps continué.

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