‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 218 sur 302 · CARIE · texte numérisé non relu

CARIE

Une portion de côte de 3 pouces de long, cariée profondément et desséchée, a servi de sujet à l'expérimentation. L'altération comprenait toute l'épaisseur du tiers moyen de l'os, et n'affectait qu'incomplétenient les deux autres tiers. La pièce fut divisée en trois parties, afin d'opérer sur chacune d'elles séparément. La partie moyenne, celle que j'ai dit être complètement cariée, examinée à la loupe, présentait un aspect sahn à granulations très iines faiblement agrégées, sans trame organique sensible. Ces parties salines, réduites en poudre grossière et traitées par l'acide acétique faible, ne domièrent aucun résidu orqaniquo, et furent totalement dissoutes. L'une des extrémités, seulement cariée dans une partie de sa substance, traitée par l'acide hydrochlorique affaibli, donna, au bout de dix-huit heures, une petite masse gelatmeuse, non en rapport avec le volume du fragment d'os qui i avait fournie, très peu abondante, surtout dans le bout correspondant a la maladie. L'autre extrémité a fourni le même résultat (1) »

M. ilJalgaigne élève des objections qu'il base sur des expériences tentées par MM. Barruel, Gerdy et Mouret ; celui-ci a prouvé que l'élément organique reste dans un os carié. Si on ne l'a pas trouvé en taisant les expériences avec l'acide hydrochlorique, c'est que celui-ci était trop concentré , la gélatine a été détruite. Bailleurs la carie ayant des ormes très diverses et une nature différente, il n'est pas étonnant que les résultats des expériences aient varié (2). Cependant on peut dire, contre ce qui a été avancé par Sanson, que les sels des os n'étant pas a 1 état de dépôt, mais à l'état de combinaison avec la gélatine on lie comprend guère l'altération d'un de ces éléments du squelette sans a participation de l'autre. 11 faudra donc répéter et les expériences de MM. Poujet et Sanson, et celles que M. Malgaigne leur oppose (3^ Jïi-a.te.»e«f.Le traitement doit nécessairement comm^encer par les moyens qui peuvent détruire la cause sous l'influence de laquelle la cane est née et se continue. Il a déjà été question de ces causes, et ce n est pas ici le lieu de faire l'exposition des modificateurs généraux qui leur sont opposés. Je ferai remarquer seulement mie e .•alternent antisypliilitique et les moyens antiscorbutiques ont gén alement plus d efficacité que ceux dirigés contre l'état scroluleux • aussi, quand on n a plus ii compter sur le mouvement organique qui ^opere au moment de la puberté, la carie scrofuleuse devient plus giave que les autres, plus grave surtout que la carie vénérienne, un a songe à enlever la partie de l'os cariée ou l'os en entier : de là

ml f':^';;""«':j/'',"'«^«'^'"« de chirurgie pratiques, art. OsTÈnr.. Paris, 'oo'», i. .vil, p. 312 ctsuiv.

(2) Voyez Hevue médicale, septembre 1835.

Purli Is-S' oinruraicaie el de chirurgie expérimenlale

rflns, 1838, article Système osseux , 1. 1, p. 128. '

les trépanations, les réseciions et les amputations. Comme la nécrose termine avantageusement certaines caries, on a voulu imiter la nature et l'on a porté sur l'os malade des acides, des alcalis concentrés et le'leu, afin d'opérer une mortification. Mais faisons remarquer d'abord que quelquefois l'os malade n'est pas accessible à ces moyens, et que la médication direcle par le fer, le feu ou les caustiques, n'est pas toujours applicable. Ainsi, dans certaines caries de la colonne vertébrale, on doit se contenter des déiivatits plus ou moins efficaces

et du régime. ,

Avant d'employer les acides et les autres moyens deja indiques, on peut, si l'os est voisin de la peau, faire usage des injections alcalines, des douches bydrosulfureuses, de quelques décoctions des plantes dites détersives. On a aussi vanté les poudres irritantes, les diverses teintures, etc. Les acides n'ont pas seulement été employés pour mortifier l'os mais pour lui enlever un de ses éléments : ainsi , par l'acide liydrochlorique, on voulait le réduire à sa trame organique, pour qu'il fût plus facilement attaqué pas nos instruments. Mais, ou cet acide est concentré, ou il est alfaibli : dans le premier cas, il déterminera une nécrose plus ou moins profonde; clans le second cas il sera neutralisé ou bien son action sera trop lente pour amener de bons résultats D'ailleurs on sait que les réactifs n'agissent pas sur les tissus vivants comme dans les cornues, surtout quand ils ne sont pas con-

CGH très "

.le vais poser quelques règles de médecine opératoire utiles à suivre quand il s'agit de pratiquer la cautérisation, trop souvent employée

sans méthode. ... . , v

D'abord mettre l'os à découvert par des incisions cruciales en V ou en T selon l'étendue de la carie; détacher et relever les lambeaux pratiqués aux parties molles; ruginer l'os. Si la carie a creuse une cavité à ouverture étroite , agrandir celle-ci avec la gouge et le ma i let ■ une fois que toute la carie est à découvert, garantir les parties environnantes avec des linges ou mieux des lambeaux de carton imbibes d'eau froide; enfin porter le fer chaud , continuer ou repelei- son acion iusqua ce que toute la carie ait été attaquée en superficie et er sscn 11 vaut mieux dépasser les limites que de ne pas les atle.n dr On comprend que pour les os qui entrent dans la constitution de trois des gLdes cavités, on ne devra pas aller o.n en prolondeur su tout d ns la même séance. En général, il sera plus sage de procède n Z urs ten.ps, car les organes en rapport avec ces os pourraien en Plusicu j , cautérisation. Quelquelo.s la rugina

u^ ^^meut de sang assez considérable pour étei.ulr l;:;::;:;!:;^ rendre ropératlon plus difficile; il vaut mieux alo, tamponner et ajourner l'application du l.'U.

Page 1