‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 220 sur 302 · LÉSIONS CONSÉCUTIVES A LA CARIE · texte numérisé non relu

LÉSIONS CONSÉCUTIVES A LA CARIE

La carie est quelquefois le résultat d'une affection communiquée par les parties voisines; plus souvent elle est primitive, et en se développant, elle produit des désordres dans les environs : inflammations, ulcérations, abcès, etc.; j'en ai déjà parlé. Mais ces lésions consécutives ont une bien autre gravité quand les os malades tout partie des cavités qui renferment les principaux viscères ou d'une articulation importante. L'irritation plus ou moins prononcée causée par la carie, les produits morbides qui en résultent, irritent, enflamment, compriment; de là un des accidents qui hâtent beaucoup l'issue ordinairement funeste d'une carie profonde. Du pus sanieux déposé dans le crâne, la poitrine, le bassin ou une grande articulation, cause toujours de graves désordres. On objectera que, par le fait même de l'irritation, les membranes qui revêtent ces cavités s'épaississent et mettent ainsi obstacle à ces épanchements. D'abord il n'en est pas toujours ainsi , et ceux qui ont ouvert des sujets affectés de caries crâniennes ont certainement plusieurs fois constaté qu'aucune digue n'avait été organisée pour mettre obstacle au passage du pus dans les méninges. Ce doublement des membranes n'a ordinairement lieu que sous l'influence d'une inflammation de bonne nature : or la carie est peu propre à faire naître une paredle mflammation ou à lui succéder. Remarquez bien que le travail nécessaire à l'épaississement des enveloppes ou à la formation d'une fausse membrane entretient pendant un très long temps une irritation dans la localité , irritation qui , au moindre prétexte, peut être exaspérée et sévir sur les organes voisins; c'est ce qu'on voit surtout au crâne Des caries -profondes de l'os pétreux , de l'apopbvse mastoïde, semblent quelquefois se terminer heureusement à la faveur de l'issue au pus par le conduit auditif: en effet, pendant quelques mois, le malade n'éprouve aucun symptôme alarmant; mais, plus tard, il sera souvent pris d'une méningite ou d'une maladie de l'encéphale à laquelle il succombera. On voit par là que les différences de la carie, selon les os qu'elle affecte, tiennent aux accidents nés dans les organes que ces mômes os doivent protéger. Ces accidents, déterminés eux-mêmes par l'irritation, l'inflammation et la compression de ces organes, se représenteront quand il sera question des maladies d'après

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