‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 23 sur 302 · I. — Syncope · texte numérisé non relu

I. — Syncope

A la rigueur, je pourrais renvoyer l'élève à tous les livres de médecine pour y trouver la description de cet accident. Mais on ne saurait trop répéter ce qui est essentiellement pratique; d'ailleurs il est un accident que je vais bientôt faire connaître et qui doit être mis en regard avec celui-ci, car ils ont tous deux les plus grandes analogies; selon moi, ils ont été quelquefois confondus : c'est surtout ce qui m'a engagé à décrire la syncope très près de l'introduction de l'air dans les veines.

Causes. — Une constitution nerveuse, une pusillanimité naturelle, et surtout celle qui se déguise sous les dehors du courage, amènent la syncope au moment où les douleurs de l'opération se font sentir, et même, quelquefois, à la simple vue des instruments, ou par l'appréhension des souffrances qu'ils doivent produire. L'intensité réelle de ces souH'rances, ainsi que leur durée excessive, peuvent avoir le môme résultat, dernière circonstance qui faisait dire à Dupuytren que les sources de la sensibilité s'épuisent comme celles du fluide circulatoire.

!*»yiiii|it«»iiieM. — Tantôt la syncope arrive subitement , sans être

(1) Mémoires de l'Académie de chirurgie.

annoncée par rien : il y a une cessation instantanée du mouvement et de la sensibilité. Tantôt la syncope offre un véritable prodrome : la perte de connaissance est précédée de malaise, d'anxiété à l'épigaslre, d'une sorte de langueur, et d'un sentiment de fadeur particulier à la région précordiale, quelquefois même de nausées; puis, tout à coup, la défaillance se manifeste; la conscience semble s'échapper; le malade dit qu'il se trouve mal, pousse parfois un petit cri de détresse ; les idées se troublent déplus en plus; la vue s'obscurcit; surviennent ensuite les tintements d'oreilles, les vertiges, la pâleur, le refroidissement des extrémités, et finalement la résolution des membres. Le malade, étranger à tout ce qui l'environne , n'éprouve aucune douleur. Montaigne disait même que, pendant une syncope, il avait éprouvé une espèce de sensation voluptueuse.

La suspension des battements du cœur et des mouvements de la respiration, l'immobilité absolue, le refroidissement, etc., donnent l'image de la mort. Mais bientôt les yeux se rouvrent, de grands mouvements respiratoires rappellent l'air dans la poitrine, et le retour de l'intelligence signale la fin de la syncope. De la faiblesse, de la céphalalgie, du malaise, un sentiment de constriction à l'épigastre, lui succèdent pour quelque temps.

Si, au lieu de se dissiper, la syncope se prolonge, elle peut se terminer par la mort : aussi faut-il , en général , se hâter de la faire cesser. Il est un cas où elle est salutaire, c'est celui d'une hémorrhagie dangereuse qu'elle arrête. Les auteurs, et principalement les livres de chirurgie militaire, sont pleins d'exemples de blessures graves que la syncope seule a empêchées d'être mortelles. Le praticien peut alors se trouver placé entre deux périls : celui de voir la sj^icope, si elle dure, amener la mort, et, si elle se dissipe, celui de voir l'hémorrhagie se reproduire. La règle sera cependant, tout en prenant des précautions contre le retour de l'écoulement sanguin , de combattre la syncope.

Xrai«euient. — Les moyens à mettre en usage sont : un courant d'air froid qui vient frapper la figure, une aspersion d'eau froide lancée par chiquenaudes, des boissons froides, du vinaigre, des substances volatiles dont la vapeur va irriter les fosses nasales, le chatouillement des aisselles, de la plante des pieds, etc. Coucher le malade sur le dos sans oreiller, est un procédé auquel on doit promplemcnt recourir Enfin, si tous ces moyens échouent, on doit recourir a la respiration artificielle, en se bornant d'abord à comprimer les parois thoraciques et à les laisser ensuite se dilater; en cas d insuccès on s'empresse d'employer, comme dernière ressource l insufflation directe de l'air dans la bouche du malade ou dans le larynx, a l aide d'une sonde.

OPÉRATIONS EN OÉNÉllAI,

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