‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 241 sur 302 · PI.AIES PAR PIQURE ET INCISION · texte numérisé non relu

PI.AIES PAR PIQURE ET INCISION

Les auteurs décrivent surtout les plaies des articulations produites par les instruments piquants et tranchants. Ces plaies non pénétrantes on pénétrantes, exposées ou non exposées.

A. Plaies > ON pénétrantes. — Les plaies non pénétrantes diffèrent peu des plaies qui ont lieu dans les autres régions. Cependant on remarquera que les articulations sont entourées par des tissus serrés d'une vitalité peu prononcée , par des tendons qui prolongent les synoviales; de là plus de lenteur pour la réunion de ces plaies et plus de chances pour des inflammations et des suppurations diffuses. La forme accidentée des articulations, leur mobilité, empêchent l'appli'cation convenable dos bandages; de là écailement des bords de la plaie, et s'il y a perte de substance, la cicatrisation peut se faire d'une manière vicieuse, une difforn)ité peut s'ensuivre. On peut cependant remédier à tout cela.

fi. Plaies pénétrantes. — Les plaies pénétrantes sont bien autrement graves; les articulations ginglymoïdales, étant pour ainsi dire plus superficielles que les orbiculaires , sont plus souvent le siège de "'S plaies. M. Fleury (2) fait remarquer que l'articulation du pied, et surtout celle du genou, se présentent au-devant de certains instru-

{<) Voyez le mémoire de M. GuépraUe, chirurgien-major de la marine {*nnale, de chirunfte ; Paris, 1845, l. XIV, p. 129). .21 Voyez in ihéne de M. J.-P. Fleiiry, 18:W, n" 117.

h?i(î MALADIES DES OS.

ments d'agricullure que l'on tient à la main , lorsqu'ils portent à faux sur le corps qu'on veut diviser ou lorsqu'ils sont doués d'une force d'impulsion supérieure à la résistance que l'on cherche à surmonter : , c'est ainsi que se blessent les cultivateurs qui font la taille des arbres et surtout de la vigne ; ceux qui font l'échalas s'ouvrent souvent le genou en formant la pointe du saule destiné à cet appui de la vigne. La synoviale du genou, dépassant les cartilages, forme des prolongements autour de la rotule, se replie sur les ligaments interarticulaires, sur les fibro-cartilages ; ces circonstances, qui nécessitent une grande étendue de la membrane, rendent les blessures souvent compliquées et très graves , car l'étendue en surface de l'inflammation d'une membrane de la nature des séreuses est toujours une circonstance très fâcheuse. Déplus, les culs-de-sac formés ici par la synoviale favorisent l'accumulation du sang, des humeurs, et leur altération; or les plaies du genou sont très souvent pénétrantes, car sur les côtés de cette articulation la synoviale est presque sous-cutanée.

Sy»i|ttônies. — Les premiers symptômes des plaies pénétrantes ne diffèrent en rien des plaies ordinaires ; souvent la solution de continuité n'étant pas étendue, le malade ne pouvant apprécier la valeur symptomatique de l'issue de la synovie, reste dans une fatale sécurité, et continue à se servir du membre blessé. Mais trois, quatre, quelquefois six jours après, surviennent des phénomènes qui révèlent i la gravité de la lésion. M. Fleury signale un pruint incommode autour de la plaie; il y a gêne dans les mouvements de l'articulation qui est < un peu gonflée. Bientôt les bords de la plaie se boursouflent; ils de- ; viennent blafards et laissent échapper une grande quantité de sérosité roussàtre. Fréquemment, entre les lèvres de la solution de continuité, s'élèvent des fongosités molles : ce sont des espèces de vésicules pleines d'un liquide séreux non filant , que l'on exprime par la compression. La réaction est marquée par de l'élévation dans le pouls, de la chaleur à la peau, de la coloration à la face : il y a aussi enduit blanchâtre sur la langue, inappétence, soif, insomnie. Le malade I garde le lit et place le membre malade dans la demi-flexion ; l'articulation devient plus gonflée; le plus souvent, la peau qui la recouvre j ne change pas de couleur, elle est seulement plus tendue et plus luisante : alors les douleurs sont très vives , car elles sont en rapport direct avec l'intensité de l'inflammation; elles deviennent déchirantes, quand, après la synoviale, l'inflaunnalion envahit les ligaments et les fibro-cartilages de l'articulation. Si celte inflammation dépasse les limites de l'articulation, au-dessous, et surtout au-dessus 1 d'elle, apparaissent des engorgements, puis des abcès, lesquels ont I souvent une marche insidieuse : en effet, rien ne les a annoncés, et la 1 lliu'.tnation est quelquefois le premier indice qui les accuse au pra- I

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