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MALADIES DES MUSCLES ET DE LEURS ANNEXES

Je réunis, dans cette section, les maladies des muscles, des tendons et de quelques aponévroses ; car, au point de vue de la pathologie, ces parties ont une infinité de points de contact, et elles sont inséparables en médecine opératoire.

Anntomie.

Les muscles ne joueraient pas un si grand rôle, en palhologie chirurgicale, si Pon considérait scnlcmenl les lésions qui les atteignent eux-mêmes ; mais parleurs rapports avec les autres organes, principalement avec les organes passifs de la locomotion, ils ont acquis une grande importance, surtout dans ces derniers temps. Je m'occuperai beaucoup plus des muscles proprement dits, c'est-à-dire des organes à libres rouges, contenant une grande qnanlitédefibrineetpossédant à m haut degré la propriété de se contracter. Je serai court eu parlant des fibres blanches albuginées, c'est-à-dire des tendons, des aponévroses d'insertion, enfin des annexes des muscles.

1° Muscles propremenl dits. — les muscles, dans leur ensemble , forment la masse la plus considérable du corps. Ils révèlent des formes variées. Comme les os , je les diviserai en muscles longs , larges et courts.

Les muscles longs sont destinés aux membres. I-.cs plus longs forment la couche superficielle; ceux qui sont moins longs constituent la couche profonde. La première couche est plus rélraciile : on n'oubliera pas celte circonstance pendant les amputaiions des membres. La plupart des nuisclcs longs sont jilus épais vers la racine des membres ; ils s'efnient vers rexlrémité opposée. Ils constituent donc une pyramide à base supérieure, ce qui est l'opposé pour les os qu'ils entourent.

Les muscles larges sont formés par des plans dont les fibres ont des directions différentes et .s'enlre-croisent ; ils sont destinés à compléter les grandescavités dont les dimensions doivent varier : ainsi la poitrine, l'abdomen. A, la poitrine, le système musculaire est combiné avec dos os et des cartilages : aussi la capacité de celte cavité varie-t-elle moins que celle de l'abdomen, dont les parois sont presque exclusivement musculaires.

Les muscles courts sont en rapport avec les os courts ; on les voit très nombreux à la pamue de la main , à la plante des pieds, autour du rachis.

Les insertions ont lieu, en général, sur des points du squelette par Irs deux extrémités du muscle. On voit quelquefois une extrémité .s'insérer sur un os,

lautrc sur un cartilage, sur un organe, l'aul par exemple, ou sur la peau, comme on le remarque à la lace.

Les rappcrls des muscles ont une grande imporlance que j'ai clicrclié déjà à montrer quand il a été question de l'analomie des artères. Je me suis servi des muscles, comme indicateurs, quand il a lallu aller à la l eclierclic de ces vaisseaux pour les lier. Mais, au point de vue pathologique, ce sont surtout les rapports des muscles avec les os qui doivent être étudiés. Ainsi, en parlant des déviations eu général (page 2'i3 du premier volume), j'ai apprécié la part qu'il fallait l'aire aux organes actifs de la locomotion dans Tétiologie, et je compte y revenir dans cette section, lin traitant des fractures, des luxations, on ne peut s'empêciicr de faire intervenir les muscles qui produisent ou exagèrent les déplacements. Les muscles dont l'influence est grande dans ces cas sont ceux qui forment la couche superlicielle, et qui vont d'un os faisant partie d'une section du membre à un os composant une autre section du même membre; ces muscles n'ont que peu de rapport avec le périoste, ils en sont séparés par un tissu cellulaire assez lâche qui permet leur décollement. D'autres muscles, ceux de la couche profonde, ont des rapports si étendus, si intimes avec les os, qu'ils l'ont presque partie du squelette; ces muscles ne permettent que des déplacements très bornés; ils les empêchent même dans certains cas, quel que soit le sens dans lequel ils pourraient s'opérer.

Les muscles jouent un rôle important dans les luxations; mais il ne faudrait pas leur accorder une trop grande inlluence dans l'étiologie de ces déplacements, car ils luttent souvent contre les violences qui tendent à les produire; les muscles, en ell'et, ne sont pas seulement groupés autour des articulations pour les mouvoir, mais encore pour les protéger, les consolider.

C'est surtout quand il s'agit de remédiera un déplacement qu'il faut avoir égard à la synergie musculaire, à cet enchaînement de toutes les pièces de cet appareil, à la mobilité des leviers qu'ils meuvent pour placer tout Je corps dans Je repos le plus complet. Ce précepte de thérapeutique chirurgicale n'est pas seulement de mise ici, mais dans le traitement des fractures, mais dans la réduction des hernies.

il entre dans la structure des muscles : 1" des libres rouges, molles cl contractiles qui forment le muscle proprement dit; 2° des hbres blanches, lésislantes, élément des aponévroses d'insertion, organes passifs qui transmettent aux os le résultat de la contraction musculaire; o" les éléments généraux de toute organisation, tissu cellulaire, artères, veines, lymphatiques, nerfs.

Le muscle se compose de faisceaux prismatiques rouges, qu'on peut diviser et subdiviser en fuisccaux graduellement décroissants jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la libre élémentaire, laquelle peut se partager en libres plus tméca. fibres primilkes ou fibrilles de llenle. (Jrai^é (l'analomie générale, i'aris,'j«/io, 1. 11, p. 115.) Au microscope , la libre élémentaire ollre l'aspect d'un lilameni, plus prononcé chez l'homme que chez la femme ; elle est cylindrique ou prismatique, striée dans le sens transversal, plus rarement dans le sens longitudinal, et quelquefois dans les deux sens.

Dans les analyses chimiques, on n'a pas isolé le tissu musculaire proprement dit des éléments accessoires, comme les artères, les veines, les nerfs, le tissu cellulaire; les résultats sont donc complexes et d'une valeur seulement approximative. Ce qu'il y a de plus certain, c'est ce qui a été démontré par Fuur- '-l'oy, c est que la librine constitue la base du tissu nuisculaire et le caractérise d'une manière spéciale.

656 MALADIES DKS MUSCLES.

Une (jaîne celluleuse cnloiue chaque imiscle; il pari de la face interne de cède gaînc un grand nombre de prolongcnicnls ou de cloisons qui pénètrent entre les faisceaux principaux, se dédoublent pour pénétrer encore enJre les faisceaux secondaires. Ce sont autant d'étuis décroissants, dont les derniers renferment les libres élémentaires. Celle disposition du tissu cellulaire établit, entre toutes les parties intégrantes d'un muscle, ime solidarité qui se concilie avec leur indépendance, et qui leur permet d'agir tantôt simultanément, tantôt isolément. On prévoit le rôle importent que doit jouer en pathologie ce tissu cellulaire. Il est pour beaucoup dans les rétractions permanentes quand il se crispe par une irritation lente et longtemps continuée. Le tissu cellulaire est moins abondant aux tendons, où il n'est bien évident qu'à leur surface. La gaîne qui entoure les libres élémentaires, en s'unissant d'une manière intime aux fibres tendineuses, au niveau du point de jonction de ces deux ordres de libres , semble concourir à la formation de l'élément fibreux, si bien que les tendons pourraient être considérés, en partie au moins, comme une transformation , une sorte de condensation du lissu cellulaire interniusculaire.

IjCS «r<ère5 des muscles sont volumineuses et souvent multiples: «Sous le double rapport de leurs dimensions et de leur nombre, on peut dire que ces vaisseaux sont proportionnels , soit à la longueur, soit à l'étendue superficielle des muscles, en multipliant ainsi le nombre aux dépens du volume dans les artères desiinées aux muscles longs et aux muscles larges. » (Sappey.)

Deux veines accompagnent ordinairement les artères musculaires, dentelles suivent la distribution; ces veines sont minces, ont des valvules plus multipliées que celles des veines superficielles. Les incisions sous-culanées des muscles ont prouvé de combien de vaisseaux ils sont pourvus; on voit immédiatement après ces incisions de vastes épanchemenls sanguins se produire; à la vérité, ils sont promplement résorbés.

Les nerfs émanent surtout du centre encéphalo-rachidien, et pénètrent dans les muscles sous diverses incidences ; ils se divisent en filets décroissants; les premières divisions parcourent l'interstice des principaux faisceaux et donnent, pendant leur trajet, des rameaux divisés eux-mêmes en ramuscules destinés à de petits groupes de fibres contractiles. Comme les ramifications nerveuses, par leur ténuité , se dérobent à l'œil nu, on a eu recours au microscope. 11 est né des recherches de ce genre deux opinions : l'une d'elles , appartenant d'abord à MM. Prévost et Dumas, veut que toutes les fibres nerveuses parvenues à leur division extrême se réfléchissent aulour des fibres contractiles, afin de former des anses, et retourner ensuite à leur point de départ ; l'autre admet que tous les filaments nerveux arrivés h leur destination s'épuisent dans le tissu musculaire.

Les fonctions des muscles doivent préoccuper le chirurgien. Par une espèce d'antagonisme continuel, ces organes maîtrisent des résistances et maintiennent les formes des principales parties du corps. Une atteinte portée à la vitalité des fibres musculaires qui exagère ou paralyse plus ou moins la contractilité , un accident une solution de continuité de ces fibres, des faisceaux qu'elles forment en nerve'rtissantles fonctions des muscles, changent la direction, la forme des parties • ainsi les déviations des membres, de la tète, cl même du rachis, ont élé rapportées à des altérations dans la vitalité des muscles . altérations qu. se ma-

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extenseurs, il y a flexion.

ANATOMIE. . tJ57

^ i^Tendons, aponévroses d'inserlion.—Les libres albuginées, combin<'es aux libres musculaires , sont eu même lemps flexibles, inexlensibles et résistantes, propriétés qui caractérisent le lissu fibreux. Tantôt les «bres aibuginécs se groupent autour d'un axe pour former un cône ou un cylindre , c'est le tendon; tantôt elles se disposent en membranes, c'est Vaponévrose d'insertion. Cette lame fibreuse diffCire de celle qui entoure les muscles et les maintient dans leur position respective, en ce qu'elle est formée par la simple juxtaposition des fibres albuginées, tandis que l'aponévrose conlentive représente une loile vérl- - table, tissée avec des fibres réciproquenu-nt perpendiculaires.

On trouve les tendons surtout à l'extrémité inférieure des muscles longs; les aponévroses d'insertion se remarquent aux bords des muscles larges. Les insertions des muscles courts s'opèrent conmie celles des muscles longs par des faisceaux tendineux ou aponévrotiques.

Les rapports de l'élément fibreux et de l'élément contractile ont été formulés par M. Gerdy et par Tlieile (1). Selon ces analomistes, le lissu fibreux affecte, relativement au tissu musculaire, une disposition inverse aux deux extrémités du même muscle. Si, pir exemple, un tendon revêt la forme d'un cône creux, donnant attache aux fibres coniractili's par sa surface interne , le tendon opposé offre la forme d'un cône plein, dont le sommet s'enfonce au milieu des fibres musculaires et recueille leurs insei lions par sa surface externe. Si une lame aponévrotique double un muscle par sa fuce postérieure, l'aponévrose de l'extrémité opposée sera appliquée contre sa lace antérieure. 3" Gaines tendineuses. — Elles sont destinées à fixer les tendons l éflécliis . contre les coulisses dan> lesquelles ils glissent, ou à constituer pour ces tendons 1 des poulies de renvoi. Cus gaînes sont particulières ou générales. Les gaines 1 particulières sont des demi-cylindres dont la concavité, regardant des demi- [ cylindres osseux, sur lesquels glissent les extrémités fibreuses des muscles i- complètent la cavité de réception des tendons, l'arlout donc où ces organes subissent des réflexions, soit permanentes, ou temporaires, ils représentent ; des cylindres pleins , glissant avec liberté dans des cylindres creux , moitié • osseux et moitié fibreux. Les fibres qui entrent dans la composition de ces ' gaînes sont demi- circulaires, fortement pressées les unes contre les autres et insérées de chaque côté des tendons aux rebords des gouttières osseuses' Les gaînes destinées à plusieurs tendons, celles que j'ai déjà appelées gaines : générales , sont saim'.s autour des articulations de l'a vanl-bras avec la main et de la jambe avec le pied; ce sont ces espèces de bracelets que les anatomistes appellent ligaments annulaires, lesquels diffèrent selon qu'ils répondent aux tendons des extenseurs ou des fléchisseurs. Les gaînes communes aux tendons extenseurs se composent de plusieurs ordres de fibres superposées et parallèles, et dont les plus profondes constituent à chaque corde tendineuse une gaine parliculière. Les gaînes des tendons fléchisseurs ne se divisent pas en «aines secondaires; elles se fixent solidement aux os du carpe et du tarse par l 'S extrémités, et produisent ainsi des anneaux dont les parois osseuse et fibreuse servent tour à tour de poulie de renvoi, suivant l'altitude de la main eu du pied; elles sont beaucoup plus étendues que les précédentes. L'aponévrose palmaire est considérée comme le prolongement du ligament annulaire antérieur du carpe , et l'aponévrose plantaire comme le prolongement du ligament mnulaire inférieur du tarse.

H) Traité de myologie et d'angéiologie de V Encyclopédie anatomiqne Paris 1843, in-8.

La disposilion de ces loiles fibreuses, qui lormenl des gaines, leur sliucttue serrée, leurs rapports avec les os, doiveni imprimer des caractères particuliers à l'inflammatiou qui les envahit. Ou conçoit qu'elle s'étendra surtout dans un sens , dans le sens des tendons ; car des gaines ostéo-libreuses ne cédant gui-re, l'inflammation fusera et la suppuration aussi.

Ces cylindres creux, ces gaîncs, sont tapissées par des toiles de la nature des synoviales, qui entourent aussi les tendons; elles sont destinées à favoriser les mouvements de ces derniers organes. Comme la synoviale articulaire, la synoviale tendineuse peut se replier pour s'accommoder à la cavité qu'elle doit lubrifier; la plus compliquée est celle qui entoure les tendons des flécliisseurs des dov-ls. C'est cette synoviale tendineuse qui est le [)oint de départ de l'innammation dont j'ai parlé tantôt.

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