‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 40 sur 302 · IV. — Topiques puLVÉKur.KNTs · texte numérisé non relu

IV. — Topiques puLVÉKur.KNTs

Il en est d'inertes qui absorbent simplement les humeurs , et for- i ment avec eux une couche solidequi les isole et les protège. La poudre, i de lycopode ou la farine ordinaire ou de pomme de terre composent ! ces topiques. On en saupoudre les brûlures, les érysipèles avec phlyctènes; on s'en sert aussi pour les excoriations du sein chez les femmes. 11 est d'autres poudres dans la composition desquelles entrent des substances plus ou moins actives. Parmi elles se trouvent les poudres astringentes, comme Ift colophano et l'alun. On en fait usage contre

les héraorrhagies : alors on les répand sur les surfaces qui fournissent !o sang, ou bien on en pénètre des masses de charpie pour exercer le tamponnement. Les poudres de charbon , de quinquina , sont considérées comme des topiques antiseptiques; on en couvre les plaies de mauvais caractère , certaines ulcérations blafardes , saignantes , à aspect scorbutique; on s'en sert aussi quelquefois pour le pansement de la pourriture d'hôpital.

Il y a des poudres excitantes qu'on place dans une carte roulée ou dans un tuyau de plume ; on les insuffle légèrement entre les paupières pour certaines ophthalmies. Il est des poudres excitantes aromatiques ([u'on renferme dans des linges ou dans des sachets pour les placer autour des articulations malades, sur les parties paralysées, sur les membres dont on a pratiqué la ligature de la principale artère. Je ne parlerai pas des poudres escarrotiques , parce qu'il en sera question quand je traiterai des caustiques.

§ 3. — Linges.

Je viens d'indiquer les moyens les plus immédiats du pansement; je vais maintenant faire connaître les objets qui forment la secoade couche , ceux qui servent d'intermédiaires entre les topiques , les bandes et les bandages : ce sont les compresses que l'on emprunte à la toile de chanvre, dont on se sert le plus ordinairement dans les maisons. Cette toile doit être rendue souple par l'usage ; il faut qu'elle soit, comme on le dit, blanche de lessive, car la tode lavée à l'eau simple est plus rude et moins poreuse que la toile passée à la lessive. Les sels alcalins qui entrent dans l'eau lessivée doivent nécessairement dépouiller le linge de mille corps réfractaires à l'eau simple. On ne doit se servir d'un autre linge que quand il y a impossibilité de faire autrement. C'est ainsi, qu'à la rigueur , on peut employer le calicot, la percale, enfin les étoffes de coton. Il ne faut pas voir dans les étoffes de coton les qualités vénéneuses que leur attribuent les gens du monde, mais on reconnaîtra que des compresses de ce tissu ont un duvet fin , pénétrant, qui fait adhérer très rapidement ce linge à la plaie, et en irrite beaucoup plus les bords que les pièces de linge en fil. Je considère ici le linge comme partie immédiate du pansement ; mais si ou le considère comme intermédiaire entre la charpie, par exemjjle , et la bande, et comme remplissage , les reproches adressés aux élolliis de colon tombent : or, comme il y a une véritable économie à se servir de ces étoffes, dans beaucoup de circonstances on devra les préférer.

La laine n'est employée que pour l'application de certains topiques huileux , mucilagineux, émoUients , et pour faire des embrocations, des fomentations; ou bien U laine est utilisée pour envelopper cev-

^'■^^ rilOLBCiUMliNliS.

taines parties autour desquelles il convient d'entretenir une assez forte chaleur.

Voici les diverses compresses ; je ne les décrirai pas , je n'ai qu'à les représenter :

Fig. 44.

Fig. 43.

Compresse longuette.

Compresse cairte.

Fig. 46.

Compresse en firlui : c'est la compresse en trranelc repliée deux ou trois foi^ (lu sommet à la biisc.

Fig. 47.

Fig. 48.

Fig. 49.

Compresse triangulaire: c'est lu compresse cnrrée pliée de niitnière à réunir dfux ungles.

Demi-Croix de Malté.

Cioix de Malte.

Fig. SI.

Fronde: c'est une compresse très longue, qui est fendue en deux chefs dims toute son étendue excepte; quehpies pouces nu milieu, uù la conipiessi* reste pleine: c'est sur ce plein qu'on pratique quelquefois une fenêtre.

Fig. 83. Fig. 84.

CoiiipiPsir (jriHliiLi' : clli: repi tsi-nte un pi isnic ].n ngiiie 51 icpicsrnlp In romprossr vur p»r son .soiiMii' i: lu linuic 54 est In mùmc compresse vmp pur une fnrc Irili'rnlr; on rrronnnit là Its rsra. lipis. l'uni' loiiipiisrr ri' li''tit nppari il. OH rlioislt line comprcssi' longiirtli-, mais bien l'igf. on la replie un gr.inil nombre Ue fois, di- manière que le second pli soil moins large que le troisième, et ainsi lie suite- le dernier pli représente donc le sommet de la p>r^tmide. Ou peut aussi comuiencer par ce pli cl faire le second plus large, le tioisieme plus Ulge encore, de manière 4 tel • Dilner par la plus large qui formerait la bnsc de la pyramide.

k. — Bandes.

Les bandes sont des liens plats de linge destinés à maintenir d'autres pièces d'appareil ou former des bandages avec ou sans autres linges.

La bande a deux extrémités, ou chefs; la partie intermédiaire est appelée plein. Les bandes, comme les linges, doivent être de toile rendue souple par l'usage : les bandes de linge neuf seraient trop dures , trop glissantes ; le bandage serait difficile à appliquer et n'aurait pas une solidité convenable. On retranchera les ourlets du linge. Les bandes doivent être taillées en droit fd et surfilées autant que possible. Pour composer un bandage , on joint plusieurs bandes ; alors la couture devra être faite de manière à ne pas offrir de saillie.

Trop de longueur dans la bande rend l'application fatigante pour le malade; il est reconnu de plus que les bandages ainsi construits sont beaucoup plus difficiles à serrer convenablement. La largeur de la bande est un grand obstacle à l'application exacte et élégante d'une bande : aussi verra-t-on toujours le chirurgien qui tient à montrer son bandage choisir des bandes étroites. La largeur la plus ordinaire est de trois travers de doigt , mais elle doit varier selon l'application : ainsi un travers de doigt suffit pour les lèvres, les doigts , la verge ; on peut lui en donner quatre quand on l'applique sur le tronc. Le maximum de la longueur ne doit pas dépasser 15 mètres , et il est extrêmement rare qu'on en vienne là.

Les bandes sont roulées à un ou à deux globes (tig. 55 et 56). Dans le premier cas, un des chefs se trouve libre; l'autre est au centre du rouleau. Dans l'autre, les deux chefs sont au centre des deux rouleaux , lesquels sont réunis par la partie moyenne de la bande qui est le plein. Pour rouler une bande, on plie plusieurs fois sur lui-même un chef de la bande, de manière à former un petit cylindre qui va servir d'axe ; cet axe est saisi à chacune de ses extrémités par le pouce et l'index de la main droite ; le plein de la bande est à cheval sur le bord externe du doigt indicateur de la main gauche où le pouce le fixe. L'annulaire et le petit doigt de la même main maintiennent la bande solidement dans la paume de la main gauche ( fig. 57 ). C'est alors que les deux doigts de la main droite mettent le cylindre en mouvement; il roule sur son axe de droite à gauche , de telle sorte que le plein de la bande s'enroule sur le pivot initial comme la corde sur un treuil ,

Fig. S5.

Fig. 36.

jusqu'à ce que la bande soit épuisée. Pour rouler la bande à deux globes, chacun des chefs servira de pivot initial à un cylindre. Quand un globe a épuisé la moitié de la bande, on l'arrête pour commencer

ches. On imbibe souvent les bandes d'une colle faite avec l'amidon ou la dextrine. On fait adhérer ensemble les différents tours de bande, ce qui constitue un bandage d'une seule pièce. Il sera surtout question des bandes ainsi préparées au chapitre des fractures.

A la rigueur, on peut ici remplacer la toile par le coton, la percale ; mais alors la bande n'a pas une résistance suffisante. Les bandes de laine sont trop épaisses, trop extensibles , et échauifent trop inégalement la peau; cependant elles s'appliquent mieux sur les parties. L'élévation du prix de ces bandes est une des causes du peu d'emploi qu'on en fait en France. Il faut ajouter aussi qu'elles se salissent promptement, et absorbent très facilement les miasmes putrides. Les bandes en caoutchouc s'appliquent aussi très facilement; mais leur prix est très élevé, et elles se distendent par la chaleur, se resserrent par le froid , ce qui fait qu'on ne peut guère compter sur le degré et l'égalité de compression exercée par elles.

M. Gariel vient de présenter à la Société de chirurgie (septembre 18i9) un caoutchouc i'o/ca?H'se' , c'est-à-dire ayant subi urîe préparation , qui enlève à la bande formée avec cette substance les inconvénients qu'on lui reprochait. Selon M. Gariel, ces bandes sont souples, fraîches. On ne fait pas de plis qui blessent la peau; elles n'obligent pas le chirurgien à des renvcrsf's. Elles sont imperméables à la transpiration, au sang, au pus, aux liquides usités dans les pansements. On peut les laver exteraporanément en les frottant dans un

rig. 57.

à former l'autre globe ; mais comme, ordinairement, les globes ont des diamètres inégaux, le premier empiétera plus ou moins sur la portion de bande destinée au second. Voilà l'art de rouler les bandes , l'art de les dérouler : c'est ce qu'il y a de plus utile dans l'application des bandages.

On applique les bandes sèches , ou bien on les mouille, soit avec de l'eau simple ou aiguisée avec certains principes médicamenteux. Les bandes mouillées sont d'une application plus facile et plus exacte que les bandes sè-

OPÉRATIONS EN GÉNKIUL. 127

vase d'eau. Ces Landes conservent indéfiiiimont leur élaslicilc : l'homme le plus fort aurait de la peine à rompre une simple bande. Elles ne se relâchent pas par l'extensibililé la plus extrême et la plus souvent répétée. Cette propriété devait faire supposer un inconvénient, celui d'une compression continue. Si l'on veut avoir une idée de l'action de ces bandes, on n'a qu'à en appliquer une petite sur son doigt. On sent d'abord une espèce de constriction qui se transforme bientôt en douleur. Ainsi , voyez ici le cercle vicieux : si une jjande cède, elle manque son but ; si, au lieu de céder, elle comprime, elle dépasse son but, elle est douloureuse !

On a aussi employé les rubans de fil et de coton ; mais ces espèces de bandes , qu'on trouve toutes faites dans le commerce, glissent facilement; elles ont surtout l'inconvénient de blesser par leurs bords tranchants inex tensibles.

Il est bon que le jeune praticien connaisse l'action et la durée d'action de la bande sèche comparée à la bande mouillée. A. Bérard a fait à ce sujet des expériences avec le dynamomètre. Voici les résultats obtenus par ce professeur : 1" une bande mouillée appliquée sur un membre exerce une pression plus forte qu'une bande sèche ; 2" que la bande soit mouillée ou sèche, elle se relâche graduellement: c'est la bande mouillée qui se relâche le plus promptement; 3° si l'on mouille une bande qui a été appliquée pendant qu'elle était sèche, elle se resserre d'abord, mais en se desséchant elle se relâche d'une manière très marquée ; k" que la bande soit appliquée sèche ou mouillée, la pression du bandage qu'elle sert à former est en raison directe du nombre de tours de la bande.

§ 5. — Bandages.

M. le professeur Gerdy, auteur de l'ouvrage le plus important sur cette partie de la pratique chirurgicale (1) , définit ainsi le bandage : c'est l'arrangement qui résulte de l'application raisonnée à une partie du corps, soit d'une ou plusieurs bandes, soit d'une ou plusieurs pièces de linge séparées.

M. Gerdy divise les bandages en deux ordres : 1° bandages simples, ceux qui ne consistent qu'en une seule pièce, une bande, un mouchoir; 2» bandages composés : ce sont des assemblages de plusieurs bandes ou de plusieurs autres pièces de linge qu'on ajuste avec des coulures, ou bien diverses parties tenant à une seule pièce, comme serait une serviette dans laquelle on taillerait plusieurs chefs de la circonférence au centre où ils se réuniraient à un plein connnun. On a

(1) Traité des banda(jes, des iiamements et de leurs appareils, Paris, 1837- 1839, '2^q\. iQ-S et atlas.

PROLlii;OMÈNES.

appelé aussi bandages des réunions de pièces , puis des macliines (pii i ont une action spéciale , soit contentive , soit orthopédique. Ces machines agissent parleur élasticité, leur grande résistance , ou à la manière des leviers. Ce ne sont plus là des bandages; car, pour les appeler ainsi , il a fallu forcer l'étymologie. Le mot appareil conviendrait mieux aux bandages composés et aux machines, à celles dont l'orthopédie fait usage. Mais l'élève devra bien noter les différences que voici entre ce que j'appellerai l'appareil chirurgical et l'appareil orthopédique: l'action du premier appareil est décroissante, et finit par être nulle ; l'action de l'autre est continue, progressive, croissante. Je sais bien qu'à la rigueur, on peut faire disparaître ces différences. Ainsi l'appareil dextriné, qui est un appareil chirurgical , a une action plus soutenue , plus constante que certains appareils orthopédiques, dont la puissance tient à des ressorts qui sont plus promptement fatigués que la bande dextrinée. Ceci est une nouvelle preuve de l'indivisibilité de la chirurgie, même au point de vue pratique.

Je vais mettre sous les yeux de l'élève deux tableaux représentant les deux ordres de bandages. Ces tableaux ont été dressés par M. Janiain, d'après le livre de M. Gerdy. Je ne puis décrire ici les espèces contenues dans ce tableau . Les plus importantes seront exposées quand il sera question des pansements importants dans le corps de l'ouvrage. Je me contenterai, après avoir tracé un tableau de chaque ordre, de faire connaître , en détail, les deux procédés d'application du bandage simple qu'on peut le plus généraliser.

!Ils forment autour de nos parties des circulaires horizontaux qui se recouvrent plus , ou moins complètement.

Ils entourent obliquement les parties.

i" MNDAGES SIMPLES.

Bandages roulés {spiraux de jW. Gerdy).

Dans ces bandages , la bande décrit des tours de spire qui sont appelés doloires. Ils se recouvrent quelquefois à moitié; d'autres fois ils ne sont que juxtaposés; il arrive d'autres fois que les doloires sont à une certaine distance les uns des autres.

[ On donne ce nom aux bandages formés \ par des tours de bande également appelés ; doloires , qui se croisent de manière à pré- / senter plus ou moins complètement le 8 de \ chiffre.

8 de chiffre

( Ce sont ceux dont les tours de bande vont ( et revicunenl alternativement sur leurs pas.

Ce sont ceux qui forment un nœud.

OPÈU.VTIONS EN GÉNIÎUAL.

( Onx qui sont fails avec une large pièce ( entière de linge.

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