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PETITE CHIRURGIE. -— SAIGNÉE DU COU

laires de la plante sur le dos du pied. On croise loblique qui avait déjà passé sur l'articulation tibio-tarsienne, et le globe retourne à la partie inférieure de la jambe, où on l’épuise en circulaires; on continue jusqu’à Pentier épuisement de la bande, et l’on termine le bandage soit en nouant le chef terminal avec le chefinitial, ou, ce qui vaut mieux, on les joint avec une épingle,

La figure 82 représente le bandage au moment où l’on exécute les circulaires allant de la plante au dos du pied.

S 3. — Saignée du cou.

On ouvre la veine jugulaire externe. Le malade ést assis, et sa poitrine couverte d’un drap. Pour distendre la veine, on place au-dessus de la clavicule une compresse bien épaisse sur laquelle on fait passer le plein d’une bande, d’un ruban ou d’une cravate roulée dont les extrémités sont conduites sous l’aisselle du côté opposé, et confiées à un aide, qui tire sur elles pour comprimer sur le point où se trouve la compresse. Une fois la veine apparente, l'opérateur applique le pouce de la main gauche sur la compresse, et avec l'index de la même main il fixe la veine, qu'il ouvre comme je l'ai dit en parlant de la saignée du bras : seulement, ici on enfoncera davantage Ja lancette et l’on pratiquera une plus large ouverture. Quand la veine est très profonde, ou quand on craint de la percer de part en part, M. Magistel (4) propose de se servir du bistouri, avec lequel on fait une incision de À centimètre et demi environ. Si du premier coup la veine n’a pas été ouverte, on Ja saisira avec des pinces à disséquer, et on lui fera une petite incision longitudinale. Souvent le sang ne sort qu'en nappe; on le reçoit alors avec une gouttière de métal ou faite avec une carte, On ordonne au malade de mouvoir la mâchoire, on lui introduit des linges dans la bouche, 1l les mâche pour favoriser l'écoulement du sang. Une mouche de taffetas d'Angleterre suffit pour fermer la plaie. La compression supprimée, le sang ne coule plus. Mais quelquefois, et même assez souvent, on éprouve des

(1) Trailé pratique des émissions sanguines, Paris, 1837, p. 110 et suiv.

difficultés à arrêter la saignée. On doit alors faire largement respirer Le ma lade, enlever tout ce qui peut comprimer la poitrine, M. Magistel conseille un point de suture à la peau, ce qui lui aurait toujours réussi. I vaudrait beaucoup mieux ici pincer les petites lèvres de la plaie avec une serre- fine.

La saignée de la jugulaire externe peut, comme celle du bras, être suivie d'accidents, tels que le thrombus, lorsque le tissu cellulaire dans lequel rampe la veine est lâche et que celle-ci à été mal fixée, là lésion d’un des filets du plexus cervical superficiel, la phlébite et l'érysipèle phlegmoneux. On considère ces accidents comme plus graves encore qu'au bras, à cause du voisinage de la poitrine et du cœur.

On à aussi parlé de lintroduction de l’air dans les veines. Quand j'étais interne à l'Hôtel-Dieu de Marseille, j'ai vu bien souvent pratiquer la saignée de cette veine; je n'ai jamais observé le moindre accident.

S 4. — Artériotomie.

C'est ordinairement une branche de la temporale que l’on saigne. Pendant l'épidémie du choléra de Paris, on à quelquefois ouvert la radiale.

On peut ouvrir l'artère temporale elle-même à 3 centimètres et demi envis ron du trou auriculaire, et à 48 millimètres de l’arcade zygomatique, ou bien-une de ses branches. C’est la branche antérieure qu'on saigne le plus souvent : on voit et l’on sent ses battements à la partie antérieure des tempes.

On fait coucher le malade; il appuie la tête sur le côté opposé à la sai: gnée. Le point que l'on veut inciser est indiqué par une marque avec l’ongle ou avec de l’encre. On tend la peau avec le pouce et l'index de la main gauche, et, entre ces deux doigts, on pratique une petite incision, plutôt en pressant qu'en sciant, pour diviser complétement l'artère en travers. 1 est des chirurgiens qui conseillent de ne pas couper l'artère complétement, pour que les bouts ne se rétractent pas, et qu’elle fournisse une plus grande quantité de sang. Le malade appuie la tête sur l’occiput; le sang coule par jet ou bien en nappe : on le recoit alors avec une gouttière. Quand la saignée est suffisante, on comprime momentanément la plaie avec le pouce, que l’on remplace par plusieurs compresses doubles, lesquelles sont fixées par quelques tours de bande. On néglige avec raison de faire le nœud d’emballeur, dont là compression est très pénible pour le malade. D'ailleurs, comme dans la plupart des cas cette saignée est pratiquée pour des affections cérébrales, on comprend qu'une compression trop forte où irrégulière de la tête pourrait avoir de fâcheux résultats. Encore ici réunissez avec une serre-fine. |

I ne serait pas difficile d'ouvrir l’artère radiale ; on n'aurait qu'à la découvrir par le même procédé que j'indiquerai pour la lier,

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