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PETITE CHIRURGIE, — SCARIFICATIONS

Mouchetures.

Petites plaies pratiquées avec une aiguille en fer de lance, que l’on enfonce perpendiculairement, de manière à ne pas dépasser la peau. On peut aussi faire des mouchetures avec la pointe d’une lancette. On les à conseillées contre l’œdème, l’érysipèle, le chémosis, etc. Les mouchetures servent donc tantôt de saignée locale ; tantôt on se propose, par leur emploi, de dégorger les parties des liquides séreux qu’elles contiennent. Elles exposent à l'érysipèle, accident grave dans l’œdème des membres inférieurs, symptôme d'une maladie du centre circulatoire.

Scarifications,

Ce sont de vraies incisions, ordinairement peu profondes et peu étendues, qu'on pratique sur toutes les régions du corps, et même sur quelques parties du tégument interne, comme la conjonctive ou la membrane de Schneider. Daus le but de scarifier cette dernière muqueuse, M. Craveilhier a fait fabriquer un petit instrument qu'on introduit fermé dans la narine, et dont on fait saillir la lame en pressant un ressort. Le tranchant d’une lancette, un rasoir, mais mieux un bistouri droit ou convexe, servent à faire les scarifications. Pour les pratiquer, il faut, la partie étant rasée, tendre la peau avec le bord cubital, le petit doigt et le pouce de la main gauche; la droite, armée de l'instrument tranchant tenu comme un archet, promène rapidement celui-ci sur la peau de façon à n’intéresser qu’une partie de son épaisseur. Les scarifications sont réussies, suffisantes, s’il apparaît tout de suite une traînée rougeâtre sur le trajet du bistouri. On fait habituellement les Scarifications parallèles ; quelquefois on les croise de manière à avoir des carrés ou des losanges. Les incisions croisées sont très douloureuses ; on préfère les parallèles. Quand elles doivent être nombreuses et rapprochées, on peut les pratiquer avec le scarificateur allemand, espèce de petite boîte contenant un certain nombre de lames de la grandeur d’une lancette. Ces lames sortent et rentrent dans la boîte avec la rapidité de l’éclair ; elles divisent les tissus en un clin d'œil, ce qui est avantageux quand on à affaire à des sujets méticuleux. Le scarificateur allemand a été modifié de plusieurs manières dans ces derniers temps. On s’en sert surtout pour tirer du sang par les ventouses. Quand les scarifications doivent être plus profondes et plus étendues, comme dans les cas de phlegmon, d’érysipèle, il vaut mieux se servir du bistouri.

Ventounses,

Il est des ventouses sèches et des ventouses scarifiées.

$ 1. — Ventouses sèches.

On à pour but de faire un vide avec une cloche de verre dans laquelle la peau s'élève et se boursoufle. Les cloches dont on se sert le plus souvent et que l’on appelle pour cela ventouses, ont une ouverture rétrécie. Elles peuvent être remplacées par des verres à boire ordinaires. Pour que le vide se fasse, on échauffe l’air de la cloche de plusieurs manières : la meilleure étà plus sûre consiste à appliquer sur la peau un disque de carton moins étendu que l'ouverture de la cloche; sur ce carton on colle une ou deux petites bougies allumées, et l’on recouvre le tout avec la cloche.

[On fabrique aujourd’hui des ventouses de caoutchouc vulcanisé. En les comprimant entre les doigts on chasse l’air renfermé dans leur intérieur ; on les applique ensuite sur un point quelconque de la surface du corps en les abandonnant à leur propre élasticité. La ventouse se redresse peu à peu, reprend sa capacité normale, ce qui a pour effet de raréfer l'air qui y est contenu; le résultat est donc absolument le même qu'avec les ventouses ordinaires dans lesquelles on raréfie l'air, soit en en soutirant une partie au moyen d’une pompe aspirante, soit en l’échauffant par des artifices variés. ]

On peut placer les ventouses sur tous les points du corps ; mais il faut cependant que la conformation des parties soit telle, que les bords de l'ous verture de la ventouse portent exactement sur la peau, de manière que l'air extérieur ne puisse pénétrer par aucun intervalle. IF faut en outre que la peau ‘ de la partie soit assez mobile sur les tissus subjacents, et qu’elle ne repose point immédiatement sur un plan osseux, comme la face interne du tibia: sinon elle ne pourrait se dilater, s'étendre au moment de l'application de la ventouse. On doit raser avec soin la partie sur laquelle on opère, pour éviter tout tiraillement des poils.

Les Anglais échauffent l’air de la ventouse en exposant son intérieur à la flamme d'une lampe à esprit-de-vin ; la cloche est immédiatement appliquée sur la peau; l’air qu’elle contenait et qui était dilaté se condense par le refroidissement, et il y à un vide opéré, lequel fait soulever la peau. En Allemagne, les barbiers plongent la ventouse dans l’eau très chaude et l’appliquent immédiatement sur la peau. On peut aussi enduire l’intérieur de la cloche avec de l'alcool que l’on enflamme, et l'on renverse brusquement la cloche sur la peau; ou bien c’est de l’étoupe ou du coton que l’on trempe dans l'alcool, que l’on jette allumé dans la cloche, laquelle est encore applis quée rapidement sur la peau. Enfin, comme dans tous ces procédés le but

PETITE CHIRURGIE. — SCARIFICATIONS, VENTOUSES. 195 est de faire le vide, et que, par les procédés ci-dessus indiqués, il n’est jamais bien parfait; comme aussi les bords de la ventouse brûlent souvent le malade, on a imaginé la ventouse à pompe. C’est un corps de pompe adapté à la cloche, laquelle fait le vide. Un robinet sert à introduire l'air dans la cloche quand on veut enlever la ventouse. Dans les autres procédés, on est obligé, pour enlever la ventouse, de l’incliner d’un côté, tandis que du côté opposé, avec le pouce on déprime fortement la peau tout près du rebord de la cloche; là se fait un léger bâillement, et l'air se précipite dans la ventouse, qui tombe.

$ 2. — Ventouses scarifiées.

On commence par appliquer les ventouses comme je viens de l'indiquer ; une fois la peau rouge et tuméfiée, on enlève la cloche, et l’on pratique des scarifications sur la tumeur qui vient de s'élever. On trace des lignes parallèles que l'on joint par des coupures transversales, et cela très rapidement. Pour plus de rapidité, on peut faire usage du scarificateur allemand. Les scarifications opérées, on réapplique la ventouse qui aspire le sang. Une fois que son action est épuisée, on enlève la cloche, qui quelquefois tombe d’ellemême ; on la lave, on lave aussi la plaie, et l’on fait une seconde, une troisième application de la ventouse, selon qu'on à plus ou moins de sang à tirer.

Sarlandière a imaginé un appareil appelé ôdellometre ; il comprend la ventouse à pompe et le scarificateur. Sa complication et son prix font que cet appareil est peu usité. C'est, en effet, une ventouse dans laquelle on fait agir une tige garnie à une extrémité de pointes de lancette destinées à faire les piqûres : une pompe aspirante, qui est adaptée à la ventouse, fait alors le vide dans l’intérieur, et le sang pompé remplit peu à peu le vase. Sarlandière a ajouté à cet appareil un robinet pour avoir la facilité de vider le vase sans le déplacer, et de tirer de nouveau du sang.

Dans ces derniers temps, M. Junod à tenté de soustraire à la pression atmosphérique des parties très étendues du corps, au moyen de ventouses monstres : ce sont de vastes cylindres de métal creux et ouverts par un seul bout. On y plonge le membre supérieur ou le membre inférieur ; on ferme complétement cette manche ou cette botte avec une bande circulaire de caoutchouc adaptée à la circonférence de la portion ouverte du cylindre. Par un tube adapté à cette ventouse, on la met en communication avec une machine pneumatique que l’on fait agir. D'abord on voit la bande de caoutchouc s'appliquer immédiatement sur le membre, et, la ventouse étant alors complétement fermée, le vide s’opérer. Le membre en entier présente les phénomènes observés sous les petites cloches de verre : il rougit, se gonfle, setend et devient plus lourd, enfin la douleur apparaît. Quand on veut arrêter ces effets, on n’a qu'à établir l'équilibre entre l’air intérieur et l’atimosphère par un tour de robinet adapté à l'appareil. Il n’est pas difficile de

comprendre la puissante action d’un pareil moyen. Des résultats pratiques favorables à ces ventouses ont été publiés. M. Junod a même voulu placerle corps tout entier dans une énorme ventouse pour le soustraire en partie à la pression atmosphérique. Il y a une circonstance qui empêchera toujours l'adoption générale de ce moyen, même après la constatation de ses bons

effets : c’est la difficulté extrême de se procurer un appareil aussi coûteux, aussi gênant.

Révulsifs et exutoires.

$ 1. — Sinapismes.

rest un cataplasme fait avec de la farine de moutarde délayée dans de l’eau froide ; il est appliqué à nu sur la peau. Trois heures suffisent ordinairement pour déterminer un érysipèle artificiel. La peau est tendue, tuméfiée, chaude, rouge et douloureuse. C’est donc le degré de souffrance du malade qui indique le moment opportun pour retirer le snapisme : aussi, chez les vieillards, les apoplectiques, les individus atteints de fièvre typhoïde, qui ont tous la sensibilité plus ou moins pervertie, il est indispensable de regarder toutes les demi-heures si le sinapisme a fait son effet, ce que l’on reconnaît à la rou= geur et à la chaleur de la peau. En laissant en place pendant un temps trop long un sinapisme, il peut amener des phlyctènes et même des eschares: C’est le moment de l'enlever. Chez les enfants, les effets sont plus prompts.

Le sel, l'ail et autres substances ajoutées à ces cataplasmes pour en augmenter l'énergie sont parfaitement inutiles. On a abandonné aussi le vinaigre, dont on se servait pour délayer la farine de moutarde; il affaiblissait ce moyen au lieu de le rendre plus actif.

Pour la goutte, au lieu d'appliquer le cataplasme de farine de moutarde, on fait usage de la liqueur de Pradier (1) ; on arrose avec elle un cataplasme de farine de graine de lin, qu'on applique à nu sur la jambe ou le pied. La peau ne s’enflamme pas; mais le talon devient le siége d’une douleur qui est quelquefois des plus vives.

(1) La liqueur de Pradier se prépare de la manière suivante :

Baume de la Mecque. . . . 24 grammes.

Quinquina rouge. . . . . . 30 — Safran (4 due Ge AS CES UE SAUGÉ. . 1. . sitio AO NEe Salsepareille. "5: 4414 ARDReE

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On fait macérer pendant vingt-quatre heures, ct l’on a alors la teinture de Pradier que l’on mêle avec 3 kilogrammes d’eau de chaux. On arrose le cataplasme ave 60 grammes de cette liqueur.

(FANo.)

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