‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 109 sur 266 · I. — PAR LES CANTHARIDES · texte numérisé non relu

I. — PAR LES CANTHARIDES

l'est la poudre de cantharides qui est employée dans les procédés ordinaires. Le plus simple de tous se fait avec une couche de cette poudre sur un linge que l’on mouille avec du vinaigre. Dans les hôpitaux, surtout dans les départements, on met la poudre sur une couche de vieux levain dont la surface a été arrosée avec du vinaigre. Gette pâte vésicante agit sûrement et promptement ; mais elle a l'inconvénient très grand de couler et de s'étendre. M. Bretonneau mêle la poudre de cantharides avec de l’huile en proportion convenable, pour donner au mélange la consistance d’un électuaire. On peut aussi répandre cette poudre sur un morceau de sparadrap. L’emplâtre épispastique est le plus usité ; on l’étend sur un linge ou sur un morceau de peau avec une bordure de diachylon. On met sur l’emplâtre une couche de poudre de cantharides, sèche ou imbibée de vinaigre. Quand on craint l'influence des cantharides sur les voies urinaires, on saupoudre le vésicatoire avec du camphre. Avant d'appliquer l’emplâtre, on doit, s’il y a lieu, raser la peau ; on la frictionne rudement avec du linge sec ou trempé dans du vinaigre ; on maintient l’emplâtre avec des bandelettes de diachylon ou avec une bande.

Ordinairement la vésication est opérée après quinze, dix-huit ou vingtquatre heures. On enlève alors l’emplâtre. Si l’on ne veut qu’un vésicatorre volant, on pique seulement l’ampoule formée par le soulèvement de lépiderme; on la vide de la sérosité qu'elle contient, on laisse l'épiderme, on panse seulement avec un linge très fin ou du papier joseph enduit de cérat. Si, au contraire, on désire faire suppurer le vésicatoire, on coupe, on enlève lépiderme avec des ciseaux, après l'avoir saisi avec des pinces à disséquer. On panse avec la pommade à cautère qu’on rend plus ou moins active, selon que le vésicatoire est plus ou moins ancien. Quelquefois, après avoir enlevé Pépiderme, on fait un pansement simple, jusqu’à la reproduction d’un nouvel épiderme. Ce vésicatoire tient le milieu entre le vésicatoire permanent et le Vésicatoire volant proprement dit.

Bosquillon, craignant l'influence des cantharides sur les voies urinaires, examinait l'effet du vésicatoire dix heures après son application ; si la rougeur de la peau était bien prononcée, il enlevait l'emplâtre et le remplaçait par un Cataplasme émollient qui faisait soulever l’ampoule. Les observations de

M. Morel-Lavallée et de M. Bouillaud sur la cystite cantharidienne seraient de nature à faire adopter la pratique de Bosquillon (1).

En 1839, M. Trousseau à indiqué un vésicatoire très comimode et très sûr ; on le fait avec l'huile de cantharide, obtenue par la distillation de la teinture éthérée de cantharide. On en imbibe un morceau de papier brouillard, qu’on applique sur la partie, et qu’on maintient avec un morceau plus large de diachylon.

Page 1