‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 123 sur 266 · DIVISIONS · texte numérisé non relu

DIVISIONS

avec des lésions des centres nerveux extrêmement graves. Ce qui rend le pronostic de ces anomalies encore plus fâcheux, ce sont les dangers des opérations par lesquelles on a voulu les effacer.

La division peut être simple et ne constituer qu’une difformité plus ou moins apparente, ou bien elle sera compliquée d’autres anomalies, d’autres difformités. La première difformité devient une des causes de la difformité consécutive. Ainsi un bec-de-lièvre consistera en une division très simple et tout à fait bornée à la lèvre supérieure, ou bien la division remontera dans la narine correspondante, et l'aile du nez sera écartée, aplatie; les dents correspondantes, n'étant pas soutenues en avant par la lèvre, sont déviées de manière que la couronne, au lieu de regarder en bas, tend à regarder en avant. Ici donc la division entraîne la déviation, une des anomalies que j'examinerai plus tard. On voit aussi, comme je l'ai déjà fait entendre, le défaut d'union

Fig. 83. Fig. 84.

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dun

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IN Pr de deux os du crâne devenir cause de l’encéphalocèle, c’est-à-dire d’un déplacement qui entre dans une catégorie d'anomalies.

Le spina-bifida est rarement sans lésion de la moelle épinière. Dans la figure 83 on voit un spina-bifida du cou des plus remarquables, accompagné de lésions incompatibles avec la vie. La figure 84 représente une division du rachis sur un point opposé; on voit, au fond, la moelle épinière, qui est aussi divisée. On peut donc constater par ces deux exemples que la même anomalie peut avoir des effets bien différents, selon qu'elle porte sur telle ou telle région.

Effets, — Les divisions se bornent quelquefois à une difformité plus ou

moins apparente : ainsi le bec-de-lièvre simple peu étendu pourra n'altérer aucune espèce de fonction; il n’altérera que l'expression de la physionomie. Il existe des divisions qui n’ont pas même cet inconvénient. J'ai observé à l'hôpital du Midi des divisions du palais assez étendues qui n’altéraient ni la voix ni la déglutition, tandis que de légères échancrures produisaient quelquefois une espèce d’aphonie. La peau et sa doublure étant des organes protecteurs, leur division prive quelquefois un organe important d’un abri indispensable. Par la division profonde des paupières, l'œil, continuellement en contact avec l'air, s’enflammera, et ses éléments anatomiques perdront leurs caractères essentiels à la vision. Par une division, une échancrure de la paupière, on explique donc une inflammation oculaire pouvant donner lieu à une opacité de la cornée incompatible avec la vision. Les divisions ont pour objet fréquent la perte continuelle d’humeurs qui doivent séjourner plus ou moins dans l’économie après leur sécrétion. Ainsi des divisions profondes de la lèvre inférieure, de la joue, laissent quelquefois échapper la salive en assez grande abondance pour que la digestion en souffre. L'émission continuelle de l'urine dans les cas d’exstrophie de la vessie est une cause permanente d’irritation des parties environnantes. Les divisions établissent parfois des communications entre des cavités qui, à l’état normal, sont complétement séparées. Ellés font ainsi passer dans un réservoir des produits dont les propriétés ne sont pas en rapport avec la sen: sibilité, la vitalité de cet organe, et de là de grands inconvénients. Ainsi communication du rectum avec la vessie peut donner lieu à des échanges dé matières au détriment des deux organes, car l'urine irrite le rectum, les matières fécales impressionnent encore plus dangereusement la vessie. D’ailleurs, le rectum, qui retient un temps convenable les matières fécales, laisse continuellement échapper l'urine. D'un autre côté, la vessie, qui chasse facilement l'urine, ne peut en faire autant pour les matières fécales. Fraitement. — Les effets des divisions que j’expose ici indiquent suffisamment des opérations réparatrices. A part les considérations relatives à la forme qui est altérée, il y a des altérations fonctionnelles assez graves pour légitimer l'emploi des moyens puisés dans la médecine opératoire. Mais les divisions les plus graves sont le plus réfractaires à ces moyens ; ce qui est le plus malheureux, c’est que précisément, dans ces cas, les essais sont très dangereux : voyez, par exemple, le traitement du spina-bifida et de l’encéphalocèle. Ce sont surtout les complications des anomalies qui font ici échouer la médecine opératoire et la rendent dangereuse. En effet, quelle que soit l’opération proposée, son action s'étendra plus ou moins à un centre nerveax: En supposant qu’on rétablisse sans danger à l’état normal les parties accessoires dans un spina-bifida, on ne rétablira pas la moelle épinière ou ses nerfs quand le tout participe à l’anomalie.

Le genre d'opération à appliquer est indiqué par la nature de la lésion : ainsi une division indique une réunion, Le bec-de-lièvre nous offre ces deux

RÉTRÉCISSEMENTS. -— RÉUNIONS. — ATROPHIES. 219

éléments du problème dans toute leur simplicité. Mais quelquefois cette indication n’est pas suflisante : c’est, dans certains cas, une échancrure, une perte de substance ; souvent l’impossibilité d'affronter convenablement les deux bords impose l'obligation d’avoir recours à un intermédiaire : on se sert alors d’un moyen mécanique, d’un obturateur, comme on en applique quelquefois aux divisions de la portion dure du palais; ou bien c’est une partie de l'individu lui-même qu'on déplace pour venir combler le vide et réparer la perte de substance : c’est l'autoplastie, si souvent appliquée à la face, et dont je vais bientôt donner une idée générale. Les complications fournissent d’autres indications qui ne peuvent être convenablement exposées qu’à l'occasion des difformités en particulier.

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