‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 130 sur 266 · DÉPLACEMENTS · texte numérisé non relu

DÉPLACEMENTS

un grand intérêt au point de vue chirurgical. Les déplacements qui intéressent le plus le praticien sont relatifs aux os, aux muscles, aux veines, aux artères; ce sont surtout ces anomalies des vaisseaux que le chirurgien devra bien connaître pour éviter des méprises dans le diagnostic, et surtout dans le traitement. Ainsi si l'artère crurale, au lieu d’être d’abord sur la partie antérieure de la cuisse, règne pendant tout son trajet à la partie postérieure du membre, il peut s'ensuivre de graves erreurs de diagnostic relatives aux tumeurs de cette région. Si l'artère cubitale, au lieu d’être sous-musculaire, est Sous-cutanée, si elle naît prématurément, c’est-à-dire trop haut vers le bras, il peut en résulter une méprise pour les opérations qui se pratiquent au pli du bras, à l’avantbras. Si, au lieu de passer entre les deux scalènes, l’artère sous-clavière se trouve devant le scalène antérieur, il peut en résulter une erreur quand on fera la ligature de l'artère. On doit avoir le plus grand égard pour les anomalies vasculaires, quand on pratique certains débridements profonds. Ainsi la hernie crurale est dans une région où les anomalies peuvent être telles que l’anneau crural sera entouré d’un cercle vasculaire presque complet ; alors, quel que soit le point sur lequel le débridement portera, on exposera le malade à une hémorrhagie, si ce débridement est considérable ; c'est ce qui m'a conduit à proposer le débridement multiple, c'est-à-dire des incisions portées dans tous les sens, mais peu étendues, et n’arrivant jamais jusqu’au cercle artériel.

De même que j'ai établi existence de déviations consécutives aux disions, de même aussi j'admets des déplacements consécutifs aux déviahons. On voit tous les jours une forte déviation des membres amener des luxations plus ou moins complètes. Ainsi la plupart des anomalies se touchent par quelque point, et si l’on allait plus haut, en suivant la chaîne qui les lie, on pourrait les rapporter à deux groupes seulement. Mais je n’ai pas la prétention de fonder ici un système tératologique. Qu'une partie se soit déplacée ou qu'elle ne soit pas venue occuper la place qui lui était destinée, elle n’en subit pas moins des modifications en rapport avec sa position anormale, et non en rapport avec celle qu’elle devrait occuper. D'un autre côté, la place qui lui était destinée subit des changements qui, tôt ou tard, la mettent dans l’impossibilité de recevoir, de maintenir cette même partie. On peut voir dans les figures qui vont suivre l'état des cavités cotyloïdes, de la tête des fémurs; on constatera que les pièces de l’ancienne articulation coxo-fémorale ne sont plus dans des rapports convenables de forme, de volume, pour permettre de reconstituer cette articulation de manière à effacer les difformités ; or, c’est ce qu'il faudrait pour obtenir uñe guérison radicale.

Les quatre figures ci-jointes représentent le bassin d'une femme qui avait une luxation congénitale des deux côtés. Ce bassin n'a plus les diamètres ordinaires ; il est évidemment déformé. Ce qu'il importe ici, c’est de montrer ün exemple remarquable de déplacement. La figure 91 est le bassin vu par Sa partie antérieure; toutes les parties molles ont été enlevées, excepté les

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ligaments. On voit que la tête des fémurs est portée en haut et en dehors. Les cavités cotyloïdes, abandonnées, sont revenues sur elles-mêmes, et ont perdu leur forme. Ces cavités devraient être moins marquées ici, où elles sont re=

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couvertes par le ligament capsulaire, qui a suivi le fémur pour aller se mettre en rapport avec la nouvelle cavité, sans quitter l’ancienne. La figure 92 représente le bassin vu par la face postérieure. Les deux autres figures 95 et 94 montrent les deux os iliaques de la même pièce avec les fémurs correspon-

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