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LÉSIONS PHYSIQUES

classe de lésions qui est produite par des agents physiques ou qui agissent physiquement et dont les effets constituent toujours des dérangements phy= siques, c’est-à-dire des modifications dans le matériel de l’organisme. La forme, l’étendue, la direction des parties, leur situation, leurs rapports, enfin toute leur anatomie peut être modifiée par une de ces lésions. Les plaies, les fractures, les luxations sont Les types des lésions physiques telles que je les comprends ici. Il y à possibilité de les produire sur le cadavre, car alors la cause prédisposante n’est pas indispensable : la vie peut donc être complétement étrangère au fait d’une solution de continuité ou de contiguité ; ce n’est À qu’un accident qui frappe l'organisme et non un acte auquel il a pris part, c'est-à-dire une maladie.

La cause formelle de ces lésions étant tout à fait à la portée de notre esprit, la lésion peut être parfaitement connue dans sa nature intime £ une force réunissait les éléments d’un organe, une force supérieure les désunit, voilà le problème étiologique réduit à sa plus simple expression, Aïnsi Pintensité de la cause, sa direction, étant connues, on peut déduire, avec l’anatomie, l'espèce de lésion qui a été produite.

Après avoir dit que ces lésions étaient dues à des agents physiques, j'ai ajouté ces mots « ou qui agissent physiquement », afin que, dans cette généralisation, une part fût faite aux organes qui, à la suite d’une action trop violente ou mal dirigée, peuvent jouer le rôle d’agents traumatiques. Ainsi des contractions musculaires rompent des os; elles sont capables aussi de produire une hernie. Ici on voit déjà le problème perdre de sa simplicité : en effet, la cause n’est plus un agent venu du dehors et dont nous pouvons apprécier complétement la manière d’agir, car, dans la solution de continuité par action musculaire, l'agent prend part à la vie, laquelle jette une première inconnue dans le problème ; d’un autre côté, quand un os se brise sous l'effort musculaire, souvent il s'était passé, préalablement, dans sa trame, un phénomène qui avait diminué la force de cohésion, nouvelle in= connue qui complique encore le problème. Enfin, pour moi, rien n’est moins prouvé qu’une hernie s’opérant tout d’un coup et par un effort, c’est-à-dire la sortie brusque d’un intestin par une ouverture normale de l’abdomen, et cela par le seul fait d’une forte pression des parois de la cavité qui contenait l'organe hernié : il y a alors nécessairement un état préalable de l'intestin où. de l'ouverture abdominale qui a favorisé l’action physique, il y a enfin une prédisposition.

On le voit, les lésions absolument physiques sont rares. D'ailleurs celles qui le sont d’abord au plus haut degré perdent, en général, leur simplicité ; car, après l’action physique, éclate la réaction vitale, qui, complétant la lésion, en fait une maladie ; quelquefois même elle en constitue lélément avec lequel la thérapeutique aura le plus à compter. Un corps étranger est introduit dans un de nos organes, voilà une lésion physique avec l'agent qui l’a produite; double motif de réaction, car la réaction sera sollicitée et

LÉSIONS DE CONTINUITÉ ET DE CONTIGUITÉ. 247 par l'effet et par la cause, c’est-à-dire par deux causes. Alors s'établit une véritable pathogénie, c’est-à-dire un travail morbide dont nous pouvons encore connaître la nature jusqu’à un certain point, puisque nous avons la notion de la cause anatomique et les notions physiologiques nécessaires. Mais les difficultés sont encore nombreuses. Cependant la cause pouvant être connue, appréciée, ces difficultés ne sont pas insurmontables, comme il arrive trop souvent quand nous voulons pénétrer la nature des solutions de continuité qui constituent les ulcères.

Les lésions physiques apportent des obstacles mécaniques aux fonctions. Le levier représenté par l'os Iuxé ou fracturé n'existe plus ; la division complète du muscle équivaut à sa paralysie; la plaie faite à un réservoir organique change complétement sa fonction, comme le corps étranger qui oblitère l'ouverture de ce réservoir empêche cette même fonction de s’accomplir.

Le traitement des lésions physiques doit nécessairement être très rationnel ; il n’est pas, comme dans la plupart des autres lésions, complétement empirique, car ici l’mdication est parfaitement claire : en effet, une division indique la réunion, un déplacement commande une réduction, et le corps étranger doit être éliminé. Les plus simples notions de physique, jointes aux connaissances anatomiques, conduisent à la découverte des moyens de remplir ces indications.

Mas J'ai déjà assez fait entendre que la vie ne pouvait rester étrangère à l'acte de réparation, car la vie s’éveille à la moindre lésion. Des connaissances physiologiques doivent donc compléter la thérapeutique. D'ailleurs l'intervention de la vie, qui complique le problème étiologique et thérapeutique, est indispensable pour que les résultats de celle-ci soient durables, pour qu'il y ait réellement guérison. En effet, le chirurgien peut placer les deux lèvres d’une plaie parfaitement en rapport et dans les meilleures dispositions possibles pour que l'adhésion ait lieu ; mais le chirurgien ne consolide pas, ne répare pas, car ce n’est que par l'intervention des forces vitales que toute réparation organique s'effectue.

Les lésions physiques peuvent être divisées en trois catégories : 4° so/utions de continuité ; 2° solutions de contiquité ou déplacements (dans les deux cas

il y à désunion) ; 3° corps étrangers.

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