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LÉSIONS DE CONTINUITÉ ET DE CONTIGUÏTÉ

Je dois indiquer ici quelques rapports entre les solutions de continuité et les solutions de contiguité (1). Ces généralités sont indispensables pour

(1) Les mots solution de contiguilé sont usités séparément; je crois qu'on ne les a pas encore rapprochés pour le sens que je désire leur faire exprimer. Les mots solu-

ion de continuilé sont au contraire admis depuis longtemps, et cependant les mots

LA

248 LÉSIONS arriver aux, notions du traumatisme, tel qu'il doit être conçu aujourd’hui.

Des parties'peuvent être violemment désunies dans les points où elles sont continues où dans les points où elles ne sont que contiguës. Dans le premier cas, il y a solution de continuité, blessure qui est appelée plaie, rupture, fracture, selon les circonstances qui tiennent à la cause traumatique et à la naturé de la partie affectée. Dans le second cas, ily a solution de contiguité, qui est appelée luxation, hernie, invagination, prolapsus, selon la partie déplacée et la manière dont elle se déplace. Mais une observation attentive des faits de physiologie et d’anatomie pathologiques qui se rapportent à ces deux ordres de lésions montre qu’elles se combinent dans le plus grand nombre des cas: Aiïnsi, dans les plaies, il y a plus souvent changement de rapports, et dans la Juxation traumatique il y a déchirure des parties qui entourent ou composent l'articulation. Non- seulement il y à alors solution de continuité des parties molles, mais, plus souvent qu’on ne pense, des extrémités osseuses et des cartilages d’incrustation sont brisés, désunis. J'ai déjà fait pressentir que la hernie violemment produite sans dilatation préalable des anneaux devait être avec quelque solution de continuité. Ainsi il ne faudrait pas complétement dédaigner l’idée des anciens, ni même leur dénomination relativement aux hernies réellement traumatiques.

Réparation. — Cette synthèse, que je cherche à établir ici, à un but pratique. Je désire montrer toutes les désunions dans des rapports très importants à connaître, au point de vue du pronostic et de la médecine opératoire. J'ai déjà dit qu'après l’action physique éclatait l’action vitale, qui a une influence sur les caractères que doit revêtir la lésion et ses terminaisons. En effet, l’action vitale peut rester dans les bornes de celle qui préside à toute formation organique normale; un liquide immédiatement formé, ou le sang modifié, ou une de ses parties, devient l'élément de la réparation qui s'opérera alors physiologiquement, immédiatement, c’est-à-dire sans l'intermédiaire d'un acte morbide. Quand un état pathologique intervient, c’est alors, le plus souvent, une inflammation. (Pour le dire en passant, on a eu tort, selon moi, d'avancer partout que l’mflammation était l’acte pathologique qui survenait après toute lésion physique.) Il est facile de comprendre la différence qui existera entre une désunion dans la sphère de laquelle rien de pathologique n'aura été suscité, et celle qui deviendra le foyer d’une inflammation. Dans le” premier cas, la réparation est nécessairement immédiate ; dans le second, si la réparation a lieu, c’est en passant par une phase pathologique qui a ses chances, ses dangers, car linflammation peut être réparatrice ou désorganisatrice : elle peut se borner au foyer de la lésion physique ou s'étendre plus loin et réagir sur tout l'organisme. |

solution de contiguité, indiquant un déplacement, sont encore plus conformes aux règles grammaticales, çar solution vient de solutio, qui signifie l’action de délier, de détacher, de lâcher, de relâcher, tous termes qui se rapportent aux divers déplacements.

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