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DES PLAIES CONTUSES

[On doit en distinguer de deux sortes : celles qui sont produites par des instruments contondants ordinaires et celles qui résultent de l’action des projectiles lancés par la poudre de guerre. Ces dernières seront décrites sous le nom de plaies par armes à feu.

Les plaies contuses comprennent une partie de l'épaisseur de la peau, ce sont alors des excortations ; ou bien elles s'étendent jusqu’au delà du derme, à une profondeur plus ou moins grande, ce sont les plaies contuses proprez ment dites. |

4° Les excoriafions sont en général produites par des corps contondants qui agissent obliquement sur la peau. Lorsqu’elles sont superficielles, elles ne sont pas accompagnées d'écoulement sanguin, mais seulement d’une douleur assez vive. Lorsqu'elles intéressent une plus grande portion de lépaisseur du derme, elles donnent lieu à un suintement du sang fourni par les vaisseaux de cette membrane. Au moment de laccident, la peau présente une couleur rouge plus ou moins prononcée; un peu plus tard, la surface du derme devient le siége d’une exhalation séreuse ou séro-sanguinolente qui, en se coa= gulant, forme une croûte de couleur brune ou noire. Après quelques jours, cette croûte se détache et on reconnaît l'existence d’un épiderme de nouvelle formation, à travers lequel la couleur rouge du derme se dessine encore pendant quelque temps. Si la lésion est plus profonde, on observe quelquefois une sécrétion purulenté, et la plaie ne se réunit alors que par seconde inten= tion en laissant une cicatrice appréciable.

Le traitement des excoriations est des plus simples ; dans les premières heures on fait usage de topiques répercussifs, puis on fait un pansement simple, on maintient la partie dans l’immobilité, pour prévenir le développement d'accidents inflammatoires.

2° Les plaies contuses proprement dites sont remarquables par les irré= oularités, les dentelures que présentent les bords, la présence fréquente de lambeaux plus ou moins étendus et plus ou moins épais ; il en est, comme au crâne, dans lesquelles sont comprises toutes les parties molles jusqu’à l'os qui peut être mis à nu. La contusion dont les bords de la solution de continuité sont le siége est un obstacle à la réunion immédiate. I y a de plus à redouter l'intensité des phénomènes inflammatoires et une mortification partielle ou totale du lambeau ; cette gangrène est la plupart du temps la conséquence de la désorganisation immédiate que les tissus ont subie par l’action du corps

PAR ARRACHEMENT. 277 contondant ; elle peut être due à l'intensité des phénomènes inflammatoires, ou bien encore à l'insuffisance de la circulation du lambeau.

Malgré la difficulté qu’on éprouve à obtenir une réunion par première intention, il faut la tenter; une portion du lambeau adhère promptement aux parties subjacentes et les bords de la solution de continuité suppurent. I faut bien se garder toutefois de pratiquer une réunion de toutes Les portions de la plaie, dans la crainte que les liquides amassés sous le lambeau ne puissent s’écouler au dehors. Mais on doit surtout chercher, dans les plaies contuses de certaines régions du corps, notamment des mains et des pieds, à prévenir une inflammation trop intense. On obtient les résultats les plus favorables, dans ces cas, des 2rrigations continues d’eau tiède portées sur les parties blessées au moyen d’un seau, que l’on suspend au ciel du lit du blessé, et dont le robinet placé à la partie inférieure de l'appareil permet de graduer la quantité d’eau que l’on veut verser sur la plaie. On dispose sous le membre un appareil en gouttière muni d’une toile cirée qui permet à l’eau de tomber dans un autre vase et de ne pas inonder le lit du patient. (Voy. fig. 35, p. 125.)

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