DES FISTULES EN GÉNÉRAT
L'orifice interne est presque toujours unique, arrondi, assez petit; lex-
terne peut être unique. S’il y a plusieurs orifices externes, la fistule est dite en arrosoir. Généralement lorifice externe est étroit, enfoncé et placé au centre d'un cercle de brides rayonnées, ou bien masqué par des végétations mollasses, fongueuses, boursouflées.
La distance qui sépare l’orifice externe de lorifice interne est quelquefois tellement courte, qu'il n'existe entre eux qu'un intervalle de quelques millimètres (fistule lacrymale); d’autres fois elle est considérable et équivaut à plusieurs centimètres (fistules urinaires uréthro-périnéales).
Le traget de la fistule est droit ou flexueux : ou bien il n'existe qu’un seul trajet, ou bien il y en à plusieurs ; dans ce dernier cas, tantôt les différents trajets restent indépendants les uns des autres, tantôt ils communiquent ensemble.
L'organisation des trajets fistuleux a été très bien étudiée par Dupuytren (4). Au début de la fistule, il existe une solution de continuité dont les parois sont tapissées par des bourgeons charnus qui fournissent du pus. A une époque. plus avancée ces bourgeons se resserrent, ils acquièrent une densité et une fermeté plus grandes ; cette couche granuleuse se transforme en une membrane qui présente quelques-uns des caractères d’une membrane muqueuse. Elle diffère néanmoins de cette dernière par l'absence de papilles, de follicules et d’épithélium. Elle se continue, d’une part, avec la peau, de l'autre avec la cavité d’où provient la fistule. Elle est intimement unie avec les parties subjacentes, et formée d’une trame aréolaire et vasculaire, souple, molle, grenue, facile à déchirer. Plus tard encore elle devient plus solide, plus serrée, lisse, résistante et ne jouit que d’une sensibilité obtuse. Dans la première période, elle sécrète de la matière purulente, mélangée ou non avec des produits de sécrétion fournis par les organes auxquels elle aboutit ; à une époque plus avancée, le pus est remplacé par une matière visqueuse qui présente de la ressemblance avec les liquides des muquéuses normales.
Les tissus qui environnent le trajet fistuleux sont indurés, et ces indurations sont désignées sous le nom de ca/losités.
Siége. — Il n’est aucune partie du corps, soit à la surface, soit dans la profondeur, qui ne puisse devenir le siége d’une fistule; aussi le nombre de listules observées par les pathologistes est-il vraiment considérable.
Classification, étiologie. — Certaines fistules présentent! entre elles des caractères communs qui permettent de les rapprocher les unes des autres ; d'autres diffèrent essentiellement par quelques-uns de leurs caractères. On peut donc les soumettre à une classification, et comme les caractères les plus importants reposent sur la nature du produit versé par les fistules, sur la situation de leurs orifices et sur la cause qui les a produites, nous adopterons la classification de M. Cruveilhier (2).
(1) Leçons orales, t. I, p. 533, 2° édit.
(2) Anatomie pathologique générale. Paris, 1859, t. I,
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M. Gruveilhier divise les fistules en deux ordres : 4° celles qui charrient des produits naturels de sécrétion, fistules proprement dites: 2 celles qui conduisent au dehors des produits accidentels, fistules purulentes.
Les fistules proprement dites comprennent deux genres : A. les fistules bémuqueuses, dans lesquelles l’orifice d’origine et l’orifice de sortie occupent une surface muqueuse; Z. les fistules muqueuses cutanées, dans lesquelles l'orifice d’origine est à une membrane muqueuse, et l'orifice de sortie à la peau.
Les fistules purulentes se divisent en deux groupes : €. les fistules purulentes cutanées, dont l'orifice de décharge est à la peau; 2. les fistules purulentes muqueuses, dont l'orifice de décharge est sur une membrane muqueuse.
Cette première classification peut être ainsi résumée :