LÉSIONS ORGANIQUES
J'appelle ainsi. ce que les anatomo-pathologistes ont désigné sous les noms de transformations morbides, de dégénérescence, de produits ou tissus morbides, de produits où tissus accidentels.
Dans les lésions physiques, les parties sont divisées, disjointes, mais elles conservent leur texture ; l’os cassé à toujours la même trame, 1l est pénétré des mêmes sels. Dans la section qui précède immédiatement celle-ci, la partie malade est animée autrement que dans l’état normal ; elle est dans des rapports inaccoutumés avec des humeurs morbides où normales; elle peut subir certaines pertes de substance, mourir même, mais sans dégénérer, c'est-àdire sans devenir un autre tissu : c’est, par exemple, du tissu cellulaire imbibé de sang ou subissant une ulcération ; il est frappé même jusqu’à la mortification, mais il ne devient jamais ni un tissu fibreux ni osseux, enfin il ne passe pas à une autre catégorie anatomique. Dans la présente section, au contraire, la partie est organiquement lésée ; l'organe se déclasse, perd sa structure primitive. Un muscle, par exemple, ne sera plus composé de fibres rouges rétractiles, contractiles, ce sera peut-être un amas de graisse; il y aura, comme je lai déjà dit, ce queles anatomo-pathologistes appeilent une transformation morbide. Ou bien dans le voisinage d'un organe ou dans ses interstices, naît un tissu différent de ceux qui entrent dans la texture primitive de l'organe ; ce tissu accidentel ou morbide se développe, comprime d’abord le tissu nor- Mal et finit quelquefois par l’envahir complétement. On voit alors un tissu qui naît dans un autre tissu, et qui, se mettant quelquefois tout à fait en son lieu et place, l’annule complétement ; c'est là un produit morbide ou un tissu accidentel selon les anatomo-pathologistes ; il sera avec ou sans analogue,
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c'est-à-dire qu'il répétera un autre tissu de l’économie, ou bien 1l n’aurà aucun type dans l'organisme. Aïnsi, dans le premier cas, ce sera une masse fibreuse qui naîtra dans une masse musculaire ; dans le second cas, il pous= sera un tissu qui ne pourra être comparé à aucun de ceux de l’économie; cé sera une masse ayant l’aspect du lard ou là trame du navet, variété du cancer. Non-seulement il peut surgir un tissu dont l’analogue ne se trouve pas dans l'organisme, mais il peut encore naître un organisme dans notre orga* nisme, c'est-à-dire un corps finissant par avoir une vie indépendante de la nôtre. Exemple : les animaux parasites.
Ces manifestations de la lésion la plus profonde de l'organisme, je les ai appelées lésions organiques pour indiquer que la lésion portait sur le principe même de la constitution des organes. On objectera, je le sais, que les autres lésions, celles, par exemple, que j'ai appelées physiques ou vitales, sont aussi des lésions organiques, puisqu'elles portent sur des organes ; mais je répondrai qu’alors elles ne les atteignent pas de la même manière, elles ne les atteignent pas organiquement. Ici on voit apparaître la dispute de mots. On pourrait objecter aussi qu'il n’est pas de lésions appartenant à la section présente, qu'il n’est pas de lésions organiques sans lésion vitale, et que, parvenues à un certain degré, ces mêmes lésions organiques produisent des dérangements et même des lésions physiques, puisque des tumeurs cancéreuses oblitèrent, compriment, disjoignent, etc. Gela veut dire que tout se tient en pathologie. Mais comme dans un livre, les divisions sont d’une in contestable utilité, j'ai adopté celles qui me paraissaient le moïns reprochables. Pour en finir avec cette explication, F’avouerai, si l’on veut, qué j'ai dit lésions organiques pour indiquer en deux mots d’une manière peutêtre imparfaite ce que les auteurs ne désignent pas plus catégoriquement en plusieurs phrases.
Si j'avais à écrire un livre complet d'anatomie pathologique, je devrais commencer par des considérations sur les diverses altérations que je com= prends sous le titre général de cette section, Ainsi je traiterais : 4° des trans: formations morbides en général, puis, d’une manière particulière, des transformations muqueuses, cutanées, graïsseuses, etc. ; 2 des produits morbides, que je diviserais en produits morbides avec ou sans analogue ; 3°il me faudrait ensuite entreprendre l'histoire naturelle des animaux parasites et décrire leurs effets sur notre économie. Je me bornerai ici, pour ne pas dépasser les limites d’un livre de chirurgie, à traiter avec quelque détail des Jésions organiques qui se présentent surtout sous un aspect chirurgical, celles, par exemple, qui forment tumeur ou qui constituent des difformités, celles enfin qui nécessitent des opérations chirurgicales. Ce que je dirai des animaux parasites sera court, tandis que je traiterai plus particulièré= ment du cancer et du tubercule, produits morbides dont la connaissance est de la plus grande importance dans les grandes déterminations chirurgicales.