‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 188 sur 266 · CAVITÉS CLOSES. UE · texte numérisé non relu

CAVITÉS CLOSES. UE

les vésicules de l'ovaire; 6° les kystes purulents ou autres qui se forment dans la coque d’un ganglion Fymphatique dont la substance aura été détruite par la suppuration ou un tubercule; 7° ceux qui se forment dans le canal oblitéré en partie d’une glande ou dans un grain glanduleux ; 8° ceux qui résultent de la dilatation d’une vésicule du corps thyroïde; 9° ceux enfin, et ce sont les plus nombreux, qui se forment dans le tissu cellulaire ou dans les interstices organiques d’après le mécanisme décrit par M. Velpeau.

Dans la seconde catégorie, je range : 1° Les kystes qui s’établissent autour d'un corps étranger venu du dehors, comme une balle, ou un corps étranger produit de l'organisme, comme un calcul sorti des voies urinaires. 2° Les hystes embryonnaires qui se forment autour d’une vésicule fécondée, tombée dans la cavité du péritoine. Des kystes de ce genre ont été observés nonseulement chez des femmes pubères, mais encore sur des filles impubères, sur de jeunes garçons dans différents points de l’abdomen, et même dans le scrotum (obs. de M. Velpeau). Ges faits curieux s'expliquent naturellement par le développement inégal de deux germes dont l’un est envahi et reste inclus dans l’autre. 3° Les kystes purulents. Ce n’est qu'après un certain temps que les collections purulentes s’enveloppent d’un kyste, ainsi qu’on le voit pour les abcès et les ramollissements du cerveau. Cependant le pus peut se former consécutivement dans un kyste séreux où hématique enflammé. h° Les kystes hématiques sanguins. Que sous l'influence d’un choc, d’un froissement ou de toute autre cause, un épanchement de sang se creuse une cavité dans le tissu cellulaire, dans un organe parenchymateux, comme le cerveau, ou s’amasse dans une séreuse, on le voit aussitôt provoquer autour de lui la formation d’une couche plastique, qui l’isole et qui s'organise en véritable kyste membraneux, dont la surface interne est le siége d’exhalation et d'absorption. Si le caillot, d’un petit volume, est dissous par la sérosité, il peut être absorbé en entier; dans ce cas, ou bien la membrane revient sur elle-même, et sa cavité s’oblitère, ou bien elle persiste, et un véritable kyste cellulo-séreux existe. Dans d’autres circonstances, le caillot n’est pas résorbé ; il peut alors se dénaturer, se dissoudre, et, en se mêlant et se combinant avec la lymphe organisable, le pus, le sérum, avec diverses matières sécrétées, il peut donner lieu aux produits les plus variés, que nous avons indiqués plus haut. C’est aussi aux transformations de la partie fibrineuse du caillot que l'on pourrait rapporter l'origine de ces petits corps cartilagineux, hordéiformes, que l’on a plus particulièrement rencontrés dans les kystes Synoviaux du poignet. Le sang, en s’épanchant dans les cavités closes, souscutanées ou synoviales, peut en effet les transformer en kystes hématiques, qui ne se comportent pas autrement que ceux que nous venons de voir succéder à un épanchement sanguin primitif, (Voyez ce qui a été dit des terminaisons de la contusion, p. 273 et suiv.) Les détails des autres variétés que je viens de signaler se trouveront dans les deux derniers livres.

De quelque manière que la cavité du kyste ait été formée, qu’elle soit

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primitive où consécutive, le produit qu’elle fournit s’y-amasse et la dilaté progressivement. En se développant, le kyste refoule autour de lui les organes et les tissus environnants, s’en forme une doublure, ou se les appropriée pour en constituer ses parois. Ces parois refoulées sont ordinairement saines 2j la tumeur est ancienne et volumineuse , elles sont souvent atrophiées et quelquefois altérées, indurées, ramollies ou enflammées. Les 0$ eux-mêmes peuvent être amincis, distendus et comme soufflés, lorsque le kyste s'est développé dans l’intérieur de leur tissu. Les phénomènes qui se passent à la Surface interne du kyste sont analogues à ceux qui ont lieu dans les séreuses, Un double mouvement d’exhalation et d'absorption s’y opère; de À l'explication de leur augmentation et de leur diminution de volume; de là aussi Putilité de certains kystes développés autour de corps étrangers qu'ils finissent par dissoudre et faire disparaître.

Symptômes. — Les kystes se présentent, à leur début, sous la forme de petites tumeurs dures, circonscrites, mobiles, sans changement de cou leur à la peau, indolentes, et dans lesquelles il est impossible de constater là fluctuation. Quand, au bout d’un temps généralement assez long, la tumeur à pris un développement plus considérable, alors elle est tantôt molle, fluctuante, tantôt assez dure et élastique : ces différences résultent de la densité du liquide, de la résistance et de l'épaisseur de ses parois, et de la tension que leur fait éprouver le liquide contenu. Sa forme, ordinairement arrondie, est quelquefois bosselée et divisée en plusieurs lobes. La peau qui la recouvre est distendue, souvent bleuâtre et parcourue de veines.

Certains kystes séreux, à parois minces. et saillantes, sont translucides ; d’autres, dont les parois sont épaissies et transformées en coque cartilagineuse ou osseuse, n'offrent plus aucune transparence, aucune fluctuation. Quelques kystes développés dans les os, ou ossifiés, donnent à la main qui les presse la sensation d’un craquement léger. |

Les kystes n’altèrent en rien les fonctions générales de l’économie; ils ne üuisent que par leur présence, par la gène qu'ils occasionnent, par la compression qu'ils exercent sur les organes voisins, et enfin par leur poids, lorsqu'ils sont très volumineux.

Marche et terminaison, — Les kystes se développent lentement : mais il est rare qu'ils restent entièrement stationnaires, et plus rare encore qu'ils disparaissent spontanément. Cependant il en est qui ont disparu par une résorption rapide, ou lente et graduelle; leur guérison à eu lieu aussi par une rupture accidentelle de la poche et l'infiltration du contenu dans: le tissu cellulaire, où il a été absorbé. L'inflammation du kyste peut encore en amener la suppuration, l'ouverture à l'extérieur, et l’oblitération définitive. Get accident n’a pas toujours de suites aussi favorables : il peut avoir pour conséquence la reproduction de la tumeur, des fistules difficiles à tarir, el même des végétations de mauvaise nature. |

Diagnostie, — Un kyste superficiel qui se présente avec tous les carac-

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tères que nous lui avons assignés ne peut guère être confondu avec une tumeur de uature différente; mais lorsqu'il a été modifié dans sa forme, que ses parois dures, inégales, bosselées, molles en certains points, ne permettent de percevoir qu'une fluctuation douteuse, lorsque l’inflammation s’en est emparée, il peut être confondu avec une tumeur cancéreuse ou avec un abcès froid, même avec un anévrysme. Les méprises de ce genre sont plus faciles encore quand il s’agit de kystes profondément placés dans l'épaisseur de la mamelle ou des membres. Les exemples de kystes extirpés pour des cancers, ou de cancers ponctionnés pour des kystes, ne sont pas rares. M. Sédillot à vu un kyste placé au-dessus de la fourchette du sternum et agité de battements, qui avait été pris pour un anévrysme de l'aorte; M. Aug. Bérard rapporte un fait semblable. Desault ouvrit un kyste du médiastin, croyant ouvrir une hydropéricarde, Plusieurs fois les kystes du cordon spermatique ou de la grande lèvre, en tout ou en partie réductibles, ont été pris pour des hernies. Ges faits, et d’autres plus nombreux que je pourrais citer, montrent que le diagnostic des kystes est souvent entouré de difficultés. Quand l’analvse attentive des symptômes ne suffit pas pour lever la difficulté, il faut recourir à la ponction .exploratrice. (Voyez les Prolégomènes, page 5 de ce volume. )

Pronostie. — Peu graves par eux-mêmes, les kystes ne deviennent dangereux que par les rapports qu'ils affectent avec des organes importants. Ceux qui sont situés profondément dans les viscères, et qui ne sont que difficilement accessibles à la main du chirurgien, ou dont la rupture dans une grande cavité peut amener des accidents mortels, sont beaucoup plus graves que les kystes extérieurs. Parmi ces derniers, ceux qui sont volumineux, voisins de vaisseaux ou d’articulations importantes, ou dont les parois sont altérées, offrent plus de gravité que les kystes qui sont dans les conditions opposées. Mais dans tous les cas, une disparition spontanée du kyste étant un fait des plus exceptionnels, et une opération étant nécessaire pour en débarrasser le malade, le kyste peut passer pour une maladie grave.

Kraitement., — On peut, comme pour les cavités closes naturelles, essayer ici les dérivatifs, les révulsifs, afin de vider le kyste par l’absorption, ce qui réussira très rarement. La médecine opératoire intervient par la ponction, qui, seule, est souvent insuffisante : aidée de l'injection, du séton, elle peut avoir plus d'efficacité, mais il faut pour cela que les parois du kyste soient peu anciennes. On doit donc chercher très souvent à détruire par la cautérisation les parois du kyste, et, ce qui vaut mieux, enlever en entier le contenu et le contenant. D'ailleurs la médecine opératoire de ces tumeurs comme des autres sera exposée à la fin de cette section.

hhh POLYPES.

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