‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 209 sur 266 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

triangulaires depuis le plus grand espace qui a pour principales cordes le sterno-mastoïdien, le trapèze, jusqu’à celui qui est formé en avant et en arrière par les deux scalènes. On voit aussi, au cou, les ouvertures qui font communiquer cette région avec la tête et avec la poitrine.

Ce que l'opérateur n'oubliera pas, c’est que dans ces espaces, dans ces ouvertures avec le tissu cellulaire, se trouvent toujours des vaisseaux ou nerfs importants, On dit partout que le tissu cellulaire qui va d'un organe à un autre, d'une région ou d'une avité à une autre, est conducteur des produits morbides, qu ‘il facilite le passage du pus, par exemple du bassin à la cuisse. D'abord étant partout sur le trajet que parcourt le pus, il doit jouer un rôle dans la migration de cette humeur : ainsi on Île trouve sous l'arcade cerurale, dans le canal inguinal, dass l’échancrure sciatique que traversent les ahcès par congestion. Mais si dans ces espaces, dans ces trajets, 11 n°Y avait pas de tissu cellulaire, le pus passerait encore plus facilement d’une région à l'autre. C’est surtout quand le tissu cellulaire n'est pas assez abondant, ou quand ces mailles sont larges, que le pus fuse facilement. Au contraire, quand le tissu cellulaire se condense au lieu de faciliter la marche des humeurs, il leur oppose une barrière. Voyez ce tissu sur la ligne médiane du tronc, par exemple, en face des épines vertébrales ; voyez-le sur certaines articulations ; là il est adhérent au derme, adhérent aux deux plans fibreux : aussi, si vous avez observé les eechymoses du tronc, vous aurez constaté que le sang, arrivé à la ligne médiane, au licu de la franchir, de passer de l'autre côté, s'étale, s'étend en dehors sur une large surface; si VOUS avez Suivi la marche du sang dans les ecchymoses voisines d'une grande articulation, vous aurez pu vous convaincre que le sang infiltré dans la section supérieure du membre, au lieu de franchir l'articulation pour aller se répandre dans la section inférieure, remoute au contraire du côté du tronc. Ceci, comme on le pense bien, n'est pas complétement absolu.

A l'âge tendre, les humeurs morbides où normales sont arrêtées par le tissu cellulaire qui est alors condensé dans une foule de rézions. Si l’intiltration urinaire est si rare pendant les premiers temps de la vie, si les suceès, après la taille chez l'enfant, sont si fréquents, c'est parce que, à cet àge, le tissu cellulaire est protecteur, 1l oppose une barrière à l'urine. Mais après avoir exagéré les mauvais offices du tissu cellulaire, il faudrait se garder d'une exagération contraire, et de le considérer, à la manière de Bordeu et de Bichat, comme une sorte d'atmosphère des organes, ane enveloppe protectrice qui arrête l'action morbide et l'empêche de s'étendre de l'un à l’autre. Si un organe reste sain malgré le voisinage d'un organe malade, cela tient

- plutôt à son organisation qui, lui donnant une action physiologique propre, indépen dante, lui permet aussi cette indépendance, cet isolement relativement à la maladie, Ce qui est plus vrai, ce que l'observation apprend, c'est que le tissu cellulaire se laisse envahir avec facilité par toutes les maladies, et surtout par Îles phlegmasies; aussi a-t-il toujours été présent à mon esprit quand'j'ai traité des maladies qui font le sujet des autres sections. À la rigueur même, on pourrait, dans un livre de chirurgie, se dispenser de lui consacrer une section à part. Mais j'ai dû y rattacher quelques lésions, qui ailleurs auraient été moins bien placées pour les étudier : ainsi l'emphysème, l’œdème, le phlegmon.

il y a eu beaucoup de discussions sur la structure du tissu cellulaire. Je ne les reproduirai pas ici. Je me bornerai à sigualer les faits les plus incontestables qui se rap-

# portent à cette partie de l'histologie.

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552 MALADIES DB FISSU CELLULAIRE. Lol Le Lissu cellulaire, à l'état de lames minces, est incolore; il a un aspect bianchätre, quand ces lames sont moins minces, et après leur distension il est demi-transparent,. On s'est demandé si les cellules étaient entièrement closes ou si des ouvertures les faisaient communiquer ensemble. Pour nous chirurgiens, nous répondrons que l'air, dans l’emphysème, passe d’une cellule à l’autre, que la sérosité dans l’œdème en fait autant, et que les ecchymuses nous offrent le même phénomène. On s’est même demandé si c'était là un véritable tissu, si ce n’était pas plutôt une matière amorphe, muqueuse : les cellules seraient déterminées alors par les liquides injectés dans cette masse qui se laisse facilement pénétrer, les fibrilles seraient le fait des tractions de l’anatomiste Ce qu’il y a de plus probable, et ce qui pour moi est certain, c’est que ce qu’on appelle tissu cellulaire, comme je l'ai déjà dit, varie selon les organes, les régions : ainsi au scrotum on le voit, à l’état de tissu incontestable, former des cellules qu’on peut vider quand elles sont remplies de sérosité, mais qu'on peut encore retrouver quand cette sérosité n’existe plus, Chez l'embryon, au contraire, et autour des fibres musculaires profondes, le tissu semble absent, c'est une masse muqueuse, Il devient ensuite séreux, puis fibreux, Il peut aussi, dans un degré avancé d'organisation, être adipeux.

Je dois dire ici quelques mots de cet'état adipeux, puisqu'il n’y aura dans cet ouvrage aucune section destinée à ce dernier tissu considéré comme type à part. Ce tissu cellulaire adipeux est composé de cellules contenant de la graisse. Ces cellules sont closes de toutes parts, puisque, si on les soumet à un degré de chaleur modérée, on voit Ja graisse se liquéfier dans ces espèces de vésicules sans s’écouler au dehors. Le type du tissu cellulaire à l'état graisseux est sous la peau. Il est destiné à remplir les vides sous-cutanés, Quoique j'aie considéré cette forme du tissu cellulaire comme un état avancé d'organisation, cependant on observe que là où la graisse abonde, la suppuration est ordinairement sanieuse et la mortification fréquente, les réparations plus lentes, soit par adhésion immédiate, soit après production de bourgeons. Certaines opérations sont beaucoup plus compromettantes sur les sujets à embonpoint marqué, la taille par exemple. L'amaigrissement, la fonte ou l'absorption de la graisse dans certaines régions peuvent singulièrement retarder la guérison de certaines solutions de continuité, de certaines pertes de substance. Ainsi à l’aisselle, à la marge de l'anus, quand un abcès est vide, le rapprochement, le recollement de ses parois est quelquefois difficile, impossible même. La cavité doit être comblée par le tissu cellulaire graisseux ; il faut donc, pour cela, que le malade reprenne l'emboupoint que Ja maladie lui à fait perdre. |

I y à une forme de tissu cellulaire qui peut être considérée comme accidentelle, c'est l'agrandissement considérable d'une ou de plusieurs cellules, lesquelles, alors constituent ce qu'on a appelé bourses séreuses, bourses muqueuses. Ce sont des espèces d'organes assez importants pour être étudiés à part dans leur anatomie et leur — pathologie. Je m'en occuperai dans ja section qui va suivre,

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