‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 217 sur 266 · LÉSIONS VITALES DES BOURSES SÉREUSES · texte numérisé non relu

LÉSIONS VITALES DES BOURSES SÉREUSES

Inflammation des bourses sércuses,

[L'inflammation des bourses séreuses est la plupart du temps la conséquence d’une blessure de l'organe; elle peut encore se développer à la suite de pressions fortes, de froissements exercés sur une bourse séreuse. Elle est Caractérisée par uné tumeur, qui a Son siége dans une région pourvue d'une boursé muqueuse, assez bien circonscrite, peu volumineuse, avec rougeur ét chaleur de la peau, déuleur plus ou moins vive et gêne dans les fonctions du membre. Cette inflammation se termine soit par résolution, ce qui est

aSsez rare, soit par suppuration. Dans ce dernier cas, que la tumeur s'ouvre

spontanément ou qu'elle soit ouverte avec le bistouri, elle laisse écouler un liquide formé à la fois de pus et de synovie, Si l'ouverture est assez large

pour permettre l'évacuation de tout le produit renfermé dans la poche, les

parois du foyer se rapprochent et la cicatrisation se fait rapidement; si, au contraire, l'ouverture est petite et que le liquide sécrété par la face interne du kyste ne s'écoule que difficilement, il se formé un trajet fistuleux. Quelquéfois l’inflammation s'étend au delà des limites de la bourse séreuse ; elle sé propage dans le tissu cellulaire environnant et offre les caractères du : phlegmon diffus.

L'inflammation d’une bourse muqueuse pourrait être confondue avec le

phlegmon ; le siége spécial de la phlegmasie dans une région pourvue d’une

bourse inuqueuse, la circonscription et la forme arrondie de la tumeur, la

276 MALADIES DES BOURSES SÉREUSES. $ rougeur moins intense de la peau qui la recouvre, une demi-mollesse de la tumeur qui y apparaît de très bonne heure, à cause de l’hypersécrétion du liquide qui s’y accumule, sont autant de caractères qui permettront d'arriver à un diagnostic différentiel.

Combattre la phlegmasie au début par des antiphlogistiques, sangsues, | cataplasmes émollients; inciser la tumeur dès que le pus y est formé; agrandir l'ouverture si elle n’est pas assez large : telles sont les indications à remplir pour guérir cette maladie. |

De l'hygroma.

[L'Aygroma est l’hydropisie des bourses séreuses sous-cutanées. |

Causes.— Cette affection se développe sous l'influence de chocs et surtout de froissements répétés exercés sur une région du corps pourvue d’une bourse muqueuse. Elle se montre le plus souvent au devant de la rotule, chez les individus qui par leur profession ou par leurs habitudes sont forcés de s’agenouiller; chez les couvreurs, les carriers, les parqueteurs, les blanchisseuses, les religieux, etc.

Anatomie pathologique. — 1° Le contenu de la poche est en général un liquide onctueux, filant, transparent, semblable à la synovie ; quelquefois c'est de la sérosité pure ou mélangée de flocons albumineux; ou bien encore c'est un liquide de couleur variable contenant une quantité plus ou moins considérable de concrétions analogues à celles que l’on rencontre dans les kystes synoviaux tendineux (voy. t. Il).

2° Le contenant ou les parois de la poche ne présentent aucune altération au début; plus tard elles deviennent plus épaisses et offrent la consistance du tissu fibreux ou du fibro-cartilage; parfois la facesinterne de la poche est revêtue d’une fausse membrane.

Symptômes. — L'hygroma prérotulien, que nous prendrons pour type de la description, se présente sous la forme d’une tumeur dont le volume varie depuis une noix jusqu'à une orange, qui peut même acquérir des dimensions plus considérables ; cette tumeur, très bien circonscrite de toutes parts, est rénitente, élastique, fluctuante; elle n’occasionne aucune douleur soit spontanément, soit à la pression; elle gêne simplement le malade, parce qu’elle est un obstacle à l'exercice des mouvements du membre; la peau qui la recouvre est mobile ou légèrement adhérente, sans rougeur ni chaleur. Lorsque la tumeur a acquis un grand volume, que les parois n’en sont pas très épaisses, et que le liquide qu’elle renferme est incolore, on peut en constater la transparence comme dans l’hydrocèle,

L'hygroma se termine rarement par résolution ; lorsque la maladie est abandonnée à elle-même, la tumeur augmente de volume. La poche, consi-

LÉSIONS VITALES. 571 dérablement distendue, peut se rompre, soit à l'extérieur, soit sous la peau ; daus ce dernier cas le liquide s’infiltre dans le tissu cellulaire ambiant et se résorbe; puis la tumeur disparaît définitivement ou se reproduit. Dans quelques cas l’hygroma reste stationnaire après avoir atteint un certain volume ; dans d’autres enfin, les parois de la poche s’enflamment, et il se forme du pus qui se mélange avec le liquide du kyste.

Diagnostic. — L'hygroma est facile à reconnaître, le siége de la tumeur, Sa circonscription exacte, son développement lent, sa rénitence, sa mollesse, la fluctuation, l'intégrité des téguments, ne sauraient donner lieu à une erreur. En admettant que l’épaississement considérable des parois s’oppost à la perception de la fluctuation, et que l'on crût à l'existence d’une tumeur solide, tout embarras disparaîtrait après une ponction exploratrice avec un trocart.

Pronostie ct traitement. — C'est une affection peu grave dont il est facile de guérir le malade par l’un des moyens suivants.

4° Lorsque la tumeur est récente, que les parois en sont minces, on par- Vient quelquefois à la faire disparaître par l'application de topiques résolutifs, notamment de gros vin avec addition de chlorhydrate d’ammoniaque; ou bien encore en faisant pratiquer sur la tumeur des onctions avec la pommade mercurielle ou avec la pommade à l’iodure de plomb. Des vésicatoires volants et une compression méthodique exercée sur la poche fournissent également ce résultat.

2 Lorsque ces moyens échouent, on peut employer lécrasement de la fumeur, dont nous reparlerons à l’histoire des kystes synoviaux tendineux, ou une ponction suivie d’une injection de liquide irritant (teinture d’iode étendue de trois à six fois son poids d'eau) dans l’intérieur du kyste. Lorsque la tumeur est volumineuse, que les parois en sont épaisses, il faut l'inciser, et après avoir fait écouler le liquide, y introduire une mèche de char- Die, pour provoquer une inflammation suppurative et la formation d’une membrane granuleuse. Enfin quand lhygroma à des parois fibro-cartilagineuses, il est préférable d’exciser une portion de la paroi superficielle de la tumeur et de panser à plat; cette méthode nous semble préférable à l’extirpation totale de la tumeuf, opération quelquefois longue, laboricuse et qui expose à des inflammations graves. |

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