‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 218 sur 266 · SECTION QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SECTION QUATRIÈME

Anatomie.

Les artères sont cylindriques et entourées d’un tissu cellulaire lâche, ce qui leur donne la possibilité de se soustraire à des tiraillements que leur imprimeraient les agents de la locomotion. Cette forme fait que le vaisseau roule, fuit, pour ainsi dire, devant le corps vulnérant. Toutes les fois qu’il est question de la kélotomie, on ne manque jamais de signaler la facilité qu'ont les artères dé fuir devant Pinstrument, ce qui autorise certains chirurgiens à inciser l'anneau qui étrangle, même du côté où se trouve un de ces vaisseaux. Cette locomotion des artères existe réellement; mais il faut savoir qu'elle est très restreinte afin de limiter le débridement, ou ce qui vaut mieux, pour le diriger dans un autre sens, l’éloigner des artères. Cette locomotion fait aussi que l’artère qu’on veut comprimer dans un but hémostatique se dérobe, fuit quelquefois sous le doigt. Le chirurgien chargé de suspendre la circulation dans le membre qu'on va amputer doit être prévenu de cette circonstance.

La couleur des artères un peu importantes 6st généralement grisâtre ; la solidité de leur tissu est un moyen aussi de les distinguer des veines. Sur le vivant, on un moyen plus sûr qu'il ne faut jamais négliger, les battements de l'artère; car une altération morbide ou une imbibition peuvent changer la couleur des artères, qui deviennent rouges et même brunâtres ; d'autrés fois, une veine épaissie peut être prise pour une artère : exemple, la veine poplitée. Ceux qui ont fait des ligatures d’artères sur le cadavre savent combien il est quelquefois difficile de s'assurer, autre ment que par la dissection, si l’on a affaire à une artère. Sur le vivant même, et l'artère bien reconnue, il est important de constater sa couleur pour savoir si elle est saine ou malade : l’altération stéatomateuse ou cartilagineuse se manifeste extérieu= rement par une teinte jaunâtre,

Les rapports des artères avec les agents passifs et actifs de la locomotion sont im= portants à connaître pour exercer Ja compression ; ils peuvent servir de point de départ, de point de ralliement, de point de repère à l'opérateur qui va à la découverte d’une artère. ‘

Souvent de grosses artères sont presque immédiatement appliquées sur le squelette, ce qui facilite singulièrement la compression qu’on exerce sur elles. On voit, en eflet, l'artère iliaque externe passer sur la branche horizontale du bassin, le tronc artériel destiné au membre supérieur reposer sur la première côte, l'artère faciale ramper sous le bord inférieur de la mâchoire; ces trois points sont des lieux d'élection pour da compression. Les saillies osseuses peuvent servir de point de départ et de point de repère comme les saillies musculaires. Ainsi le bord postérieur de la malléole interne est un point de départ pour l’incision qui doit découvrir l'artère tibiale postérieure, et de l’épine iliaque, de l’épine du pubis partent des lignes qui peuvent servir à tracer la marche du bistouri quand les saillies musculaires sont effacées. Un point de repère

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