‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 232 sur 266 · AU "EN · texte numérisé non relu

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vaisseau appuie. Si c'est avec le pouce que l’on comprime, il croisera la direction du vaisseau; si ce sont les autres doigts, on les réunit sur une même ligne selon la direction de l'artère, comme on le voit sur la figure,

COMPRESSION. 639 qui représente la compression par les quatre doigts qui suivent le pouce ; ils | compriment l'artère brachiale pendant qu'elle longe le bord interne du biceps (fig. 147). Les bouts des doigts ne se dépassent pas. La compression sera également exercée sur tous les points. Le pouce prend alors un point d'appui plus où moins loin sur une saillie osseuse, s’il en existe une voisine. Ceux qui n’ont pas l'expérience de la compression la font trop forte; d’où il résulte fatigue, moins de sûreté, et si l'opération est longue, impossibilité de comprimer jusqu’à la fin. Qu'on se rappelle bien qu'il ne faut pas un effort considérable pour lutter contre la dilatation artérielle. Commencez par trouver le vaisseau, pressez-le d’abord légèrement; vous verrez déjà, si vous explorez les branches qui en émanent, que la circulation est considérablement affaiblie ; pressez un peu plus, l'artère est aplatie et les pulsations cessent dans l'artère que vous exploriez. Cette expérience est facile à répéter sur le membre supérieur; on comprime la brachiale et lon explore la radiale.

2 Si les doigts sont fatigués, on applique au-dessus un de ceux de la main restée libre. On voit sur la figure 148 l'artère crurale comprimée avec le pouce d’une main, sur lequel le pouce de l’autre main est appliqué. On peut même emprunter les doigts d’une autre personne, qui comprimera ceux du premier aide. Mais il vaut mieux que le second s'empare tout à fait de la

Fig. 148.

compression, en agissant d’abord au-dessus du point comprimé par le premier, si la chose est possible. |

Les mouvements du malade peuvent déplacer les doigts ; il est des aides qui redoublent d'efforts et se fatiguent en pure perte. Il vaut mieux alors aller de nouveau à la recherche du vaisseau qui vous a fui que de s’obstiner à comprimer sur les points où se trouvent les doigts. Le roulement de l’artère, cette espèce de mobilité que j'ai déjà signalée en exposant l'anatomie, peut faire fuir le vaisseau sous le doigt ; il faut en être prévenu. Quatre causes principales peuvent augmenter les difficultés de la compression : les mouve

ments du malade, les mouvements de l'artère, sa profondeur, l'engorgement des tissus qui la séparent de la peau.

3° Il convient que l’aide soit placé de manière à ne pas gêner l’opérateur et à suivre les divers temps de l'opération. Il faut qu’il soit assez sûr de luimême pour suspendre ou reprendre la compression, selon qu’on veut ou non faire jaillir les artères qui ne sont pas assez apparentes pour être aperçues quand elles ne donnent pas. |

La compression avec les doigts est, avec raison, généralement adoptées

Fig. 149.

Fig. 450.

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mais elle inspire quelquefois trop de confiance, car elle n’est pas toujours aussi facile et aussi intelligente qu’on veut bien le dire et qu’on pourrait le désirer, Bien faite, elle doit être placée en première ligne. Mais les aides habiles sont rares, surtout dans les petites villes et loin des grands hôpitaux. Il faut donc ne pas négliger les autres moyens. Du reste, il est des cas où la compression doit être longtemps continuée, et la fatigue rendrait alors bientôt infructueuse celle qui est faite avec les doigts.

Dans les Prolégomènes, quand il à été question de la suspension provisoire du sang, avant les grandes opérations, j'ai fait connaître, j'ai représenté les principaux instruments de compression : ainsi le garrot, le compresseur de Dupuytren et le tourniquet de J.-L. Petit. Gomme ce dernier compresseur est le plus important, je le représente ici de nouveau seul (fig. 149), puis appliqué dans le creux du jarret (fig. 150), lequel est rempli par la pelote inférieure ; la pelote supérieure porte sur la face antérieure et inférieure de la cuisse. Il est de toute nécessité que l’on se reporte au chapitre où je traite de la suspension du cours du sang, page 4h, où le compresseur de Petit est décrit.

Pour apprécier le degré de possibilité et d'efficacité de toute compression,

COMPRESSION. 641 on se représentera les parties qui sont entre l'agent qui doit comprimer et l'organe ou la tumeur à comprimer; il faut savoir encore quelles sont les parties qui sont entre l'artère ou la tumeur et le point d'appui. Ainsi, si une artère était sous la peau et sur un os, comme la maxillaire externe, le problème serait très simple, la compression toujours très rationnelle et le plus souvent efficace. Mais au cou, au jarret, à la jambe, les rapports sont bien différents : aussi, dans ces régions la durée de là compression, son énergie, son efficacité surtout, sont très problématiques. Ces considérations seront surtout à retenir quand on voudra comparer la compression à la ligature.

Il est bon maintenant de passer en revue les principaux points du corps sur lesquels la compression peut être faite avec avantage.

L'artère carotide primitive repose sur un plan osseux formé par la région cervicale du rachis ; à sa partie supérieure, on la sent assez facilement sous la peau : on peut donc la comprimer avec les doigts ; mais le voisinage du larynx rend cette opération difhcile et gênante et les nerfs qui sont sous le vaisseau ne permettent pas qu'on la continue très longtemps. L'artère maxillaire externe, comme je l’ai déjà dit, est très facile à comprimer au moment où elle passe sur la mâchoire et devant le masséter : un seul doigt suffit. L'artère temporale peut être comprimée au-devant de l’oreille, à deux lignes de la base du tragus. C’est à tort qu'on à dit que pour les blessures des autres artères du crâne, il scrait plus rationnel de comprimer sur la plaie même. Il vaut mieux examiner avec soin d’où vient le sang ; on reconnaît l'artère divisée, et en comprimant sur son trajet, on réussira mieux qu’en agissant sur la plaie. L’artère sous-clavière est difficile à comprimer. L'espace omo-claviculaire varie singulièrement ; selon le plus ou moins de courbure de la clavicule, l'artère se trouve à des profondeurs différentes : le pouce, en supposant qu'il puisse aller si profondément, serait bientôt fatigué. C'est ici que la pelote surmontée d’un manche est applicable : quel que soit le mode de compression, il est peu sûr. Artère axilluire. Peut-on se fier au mode de compression de Dalh qui voulait agir sur ce vaisseau au-dessous de la clavicule, en prenant pour point d'appui la seconde et la troisième côte? Avec les doigts, il est impossible de comprimer efficacement sur la forte couche musculaire qui la sépare du vaisseau, et le tourniquet inventé pour cela agit plus violemment, mais non plus sûrement. Dans l’aisselle, c’est différent ; la tête de l’humérus sert de point d'appui : la compression par les doigts ou la pelote sera appliquée sur le point qui sépare le tiers antérieur du tiers moven de l’aisselle, L'artère brachiale peut être comprimée tout le long du bras dont elle parcourt la face interne ; mais cette compression est douloureuse, car elle porte aussi sur de gros troncs nerveux, et elle ne peut être longtemps continuée. C’est sous le bord correspondant du

biceps qu'on la rencontre ; les nerfs considérables qui laccompagnent aident

à la trouver, mais ils rendent aussi la compression douloureuse ; cependant on peut ici plus facilement l’isoler des nerfs que dans l'aisselle. Au tiers

6412 HÉMOSTATIQUES. è inférieur, on a les nerfs cubital et radial de moins; mais le médian n’a pas abandonné le vaisseau : ce qui fait que ce lieu d'élection n’est pas sans ins convénient Artere radiale. Sur le point où l’on explore le pouls ; À la com= pression est très facile. Artéère cubitale. En dehors du tendon du cubital antérieur. Artères collatérales des doigts. ‘Toute la longueur des doigts à l'union de leur face antérieure avec leurs faces externes. Aor/e abdominale, Le point d'appui est constitué par les vertèbres lombaires ; c’est sur la ligne blanche qu'on range les quatre derniers doigts; il faut pour cela placer le malade de manière que les muscles abdominaux soient dans le relâchement le plus complet, Une pelote pourrait remplacer les doigts. Cette compression a été surtout proposée pour arrêter certaines hémorrhagies utérines : je la crois alors dangereuse. Pour certaines lésions des artères iliaques, elle pourrait servir comme moyen provisoire. On comprend qu'ici, entre le compresseur et l'artère à comprimer et autour de l'artère, sont des organes de la plus grande importance, et que la durée de l'opération ne peut être considérable. Artère dorsale du pénis. On saisit et l’on presse la verge à sa base avec l'index au-dessous et le pouce au-dessus. Aréère iliaque externe. Relàchement préalable des muscles de l'abdomen; rebord du détroit supérieur du bassin pour point d'appui ; la compression sera un peu dirigée en dehors. Ici encore que de parties intermédiaires à ménager ! Arlère fémorale. (l’est la compression la plus importante, la plus sûre et la plus usitée. L’éminence ilio-pectinée est le point d'appui. Se rappeler. que cette éminence s'incline en avant et en bas sous un angle variable; nécessité de l’explorer préalable ment; diriger les efforts un peu obliquement en haut et en arrière ; alors la compression tombera perpendiculairement sur la saillie osseuse, C'est le. pouce qui sert le mieux, il doit croiser le vaisseau. Au tiers moyen du membre, le fémur sert de point d'appui; R le garrot, le tourniquet de Petit, sont applicables, quand on n’est pas sûr de la compression sur de rebord du bassin. Au jarret, il est beaucoup plus difficile de comprimer, à cause de la profondeur du vaisseau; les doigts surtout seraient bientôt fatigués; À j'ai montré une application du tourniquet, qui est d’ailleurs très douloureux. Les divisions de l'artère fémorale pourraient à la rigueur être comprimées à la jambe sur les divers points où on les lie ; maïs ces compressions sont inusitées avec raison, Car il y aurait trop de parties intermédiaires entre le compresseur et l'artère. L’artère pédieuse serait cependant facile à comprimer sur le dos du pied, en dehors de l’extenseur propre du gros orteil,

$S 2. — Bouchons.

La compression dont il vient d'être parlé agit de dehors en dedans : elle est concentrique. Gomme on le pense, l’idée de comprimer en sens contraire, c'est-à-dire d'introduire un bouchon dans le bout du vaisseau divisé, a dû se présenter une des premières aux chirurgiens : ainsi on la voit déjà érigée

MACHURE. — REFOULEMENT. 643 en précepte dans Avicenne, qui, à la vérité, y ajoutait la ligature. Dupuvytren et Roux ont imité ce procédé quand ils ont eu à oblitérer des artères ossifiées. Ils ont-introduit dans le vaisseau un morceau de bougie et l'ont fixé par une ligature : ainsi la compression avait lieu dans deux sens opposés. M. Miquel (d'Amboise) a imité Chastanet, qui portait dans l'artère un stylet, afin de déterminer une artérite oblitérante. On sait d’ailleurs qu'avant la réintégration de la ligature par Paré, on introduisait dans le vaisseau des cônes d’alun, de sulfate de cuivre, etc., et, même longtemps après Paré, où à suivi cette pratique. Ces cônes n'a agissaient pas seulement comme moyens compressifs, mais surtout comme caustiques ; de À une artérite oblitérante. “n'y à à conserver de cet hémostatique que le procédé de Dupuytren et “de Roux, et encore les cas où il pourra être convenablement appliqué sont rares. M. Sarra à proposé d'introduire un cylindre de gomme élastique dans l'artère. On la fendrait en long; on introduirait d'abord un bout du cylindre du côté du cœur, puis l’autre du côté des capillaires; un crochet dépendant du cylindre le fixerait (1). On voit toutes les complications de ce moyen et les difficultés qu'on rencontrerait si l'on voulait l'appliquer.

S 3. — Mächure.

Éllé vient non-seulement de ce qu'on à vu faire aux animaux pour couper le cordon ombilical, mais encore des ligatures temporaires qui ont pu oblitérer une artère, seulement en rompant les membranes internes et moyennes. Il paraît qu'en 1820, M. Maunoir avait imaginé des pinces qui sont très analogues à celles à baguettes, et qu'il a fait des mâchures. Ge moyen avait plus d’inconvénients que les ligatures temporaires ; il est tout aussi peu sûr. Il est certain que partout où une pince mâchera, il y aura tendance à la coagulation. Mais pour rendre loblitération plus probable, il faut multiplier les mâchures ; de là une complication. Si les mors de la pince ne sont pas très lisses, on peut diviser même la membrane externe; d'où de grandes chances pour l’hémorrhagie. Ce reproche peut s'adresser aussi à la torsion. Ajouter la ligature à la mâchure, c'est compliquer encore plus l'opération, c'est prouver qu'on ne comprend pas les avantages de la ligature et qu'on

se méfie de la mâchure.

S 4. — Refoulement.

L’artère est saisie avec une pince ordinaire, puis celle à baguettes rompt les membranes, lesquelles sont refoulées en haut par des mouvements dans ce sens imprimés à cette même pince à baguettes. Pour comprendre ce procédé, il faut avoir lu ce que je vais écrire sur la torsion.

(1) Gazette médicale, À 1536, p.

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