‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 32 sur 266 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Les moyens chirurgicaux sont directs et quelquefois terribles. Avant de les employer, on doit chercher à acquérir une parfaite connaissance du siége, de la nature du mal. C’est surtout en traitant du diagnostic chirurgical qu'on peut considérer les questions qui s’y rattachent comme des questions de vie ou de mort. Un sentiment d'humanité doit donc nous porter à les approfondir, et le chirurgien, jaloux de la confiance de ses malades, saura qu’elle peut dépendre, le plus souvent, de la manière dont il résoudra ces questions, car elle peut lui être promptement retirée par une erreur. $S. Cooper a dit, avec raison, en parlant des abcès : « Rien ne fait connaître plus promptement un esprit observateur et les lumières d'une pratique étendue que la facilité avec laquelle on découvre les collections de liquide le plus profondément placées. Au contraire, rien ne ferait autant de tort au caractère et à la confiance d’un chirurgien que d’avoir donné, dans ce cas, un diagnostic faux et inexact. »

Le chirurgien constate d'abord les conditions les plus matérielles de la maladie ; il va directement à la recherche des signes sensibles. Les sens doivent donc lui être d’un grand secours, et il ne saurait trop les exercer pour en augmenter la puissance : mais seuls ils ne sauraient suffire, car qui dit diagnostic, dit distinguer, ce qui implique l'intervention active de l'esprit. Les sens ne sont que des mstruments qui desservent l'esprit en lui rapportant les impressions variées qu'il combine pour arriver à la connaissance et à la ‘distinction de la maladie. Ce ne sont pas les sens qui connaissent et

distinguent, mais C'est par eux que nous connaissons et distinguons le mal, Le raisonnement est donc très nécessaire au diagnostic. J'en traiterai après avoir parlé des sens.

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