‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 37 sur 266 · II. — PRÉPARATIONS PHYSIQUES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

II. — PRÉPARATIONS PHYSIQUES GÉNÉRALES

Ce sont celles qui s'adressent à tout l'organisme pour qu'il ne soit pas compromis par le trouble toujours plus ou moins considérable produit par l'opération. C’est ici que doivent être étudiés les tempéraments, les idiosyncrasies et l’état des forces. Quelquefois des bains et des boissons délayantes prépareront efficacement le malade. On y joindra une ou deux saignées, mais seulement dans les cas où le tempérament est très sanguin et le sujet jeune, quand le pouls étant élevé, l'opération sera de nature à ne pas donner lieu à une perte de sang considérable. Dans les autres cas, on devra être très réservé dans l'emploi de ce moyen; car, avant l'opération, même chez les sujets en apparence les moins sensibles, existe un état nerveux très peu favo rable au succès des émissions sanguines.

Les antispasmodiques réussissent quelquefois chez les femmes nerveuses, ou bien chez les hommes dont la constitution se rapproche le plus de celle de ce sexe. Si l’on fait usage des calmants, ce sera avec beaucoup de sobriété. On n'ira pas jusqu'aux narcotiques, Car ils pourraient susciter un état céré bral contraire au succès de l'opération.

Il est des malades dont les forces doivent être relevées par des toniques administrés longtemps avant lopération. Pour l'emploi de ces moyens, on devra bien distinguer la faiblesse générale, celle qui provient d’une lésion viscérale, de celle qui est due à la maladie pour laquelle on va opérer. La première est difficile à surmonter; mais enfin les toniques sagement admi nistrés, et longtemps avant l'opération, peuvent avoir un bon résultat. La faiblesse dépendante de la lésion viscérale est plus difficile à combattre, et souvent il est impossible de la vaincre. Celle qui est due à la lésion qui nécessite l'opération disparaît peu après celle-ci. C'est le cas d'appliquer ici le fameux axiome : Sublata causa, tollitur effectus.

Pendant l'opération, on fait quelquefois usage de quelques excitants : ainsi on donne du vin chaud sucré. Il ne faut pas abuser de ce moyen, qui pourrait favoriser les effets d’une disposition inflammatoire.

L'embarras gastrique, l'embarras intestinal, sont combattus efficacement par les vomitifs légers et de doux purgatifs. Dans l'été, sous l'influence de certaines constitutions médicales, il est bon de ne pas négliger ces movens. Certaines opérations nécessitent plus particulièrement les évacuants prévenüfs; ce sont celles qu'on pratique sur des points en rapport avec les viscères abdominaux : ainsi quelques opérations pratiquées sur l'anus et le rectum, sur les parties génitales, la vessie.

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