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II — SUTURE ENCHEVILLÉE OU EMPLUMÉE

On la fait d’abord comme l’entrecoupée : mais le fil est double, de telle sorte qu'une de ses extrémités représente une anse. Ces fils doubles étant placés, on dédouble chaque extrémité. À travers toutes les anses, placées du même côté et sur la même ligne, on passe parallèlement à la plaie un bout de sonde, une tige de plume ou un rouleau de sparadrap ; de l’autre côté où les fils sont dédoublés, on les noue sur une cheville semblable avec une force suffisante pour rapprocher les bords de la plaie (fig. 71). On a conseillé aussi de rapprocher ensuite les deux chevilles avec d’autres fils; cette pratique est à peu près tombée en désuétude.

IIT. — SUTURE A TIGES,

Elle est pratiquée avec des aiguilles droites rondes, d’or ou d'argent, qui doivent rester en place, ou même avec des épingles ordinaires. Je remplace les épingles et les aiguilles par des fils d'argent d’une certaine force, portés par les aiguilles dont j'ai parlé page 166.

À. PREMIER PROCÉDÉ. Suture entortillée proprement dite. — Une aiguille ou une épingle est prise entre le pouce et le médius de la main droite, Pindicateur appuyant sur la tête ; les lèvres de la plaie étant exactement rapprochées, on l’enfonce à 3 ou 5 millimètres de ses bords, de droite à gauche ; d'abord de dehors en dedans pour le premier Jambeau, puis pour le second de dedans en dehors. Cette première tige placée, on engage sous les deux

Ce

extrémités une anse de fil dont on confie les chefs à un aide qui exerce dessus une légère traction pour rapprocher les bords de la plaie. On enfonce ensuite avec les mêmes précautions une seconde, une troisième tige, et enfin autant

qu'on le juge nécessaire.

On reprend alors des mains de l’aide les chefs de l’anse de fil, on les croise

au-devant de la première aiguille, et on les engage de nouveau sous ses extrémités, de manière à former un huit de chiffre que l'on réitère trois ou quatre fois. On voit (fig. 72) le huit de chiffre formé et les lèvres de la plaie rapprochées. Plus haut l’épingle seule est placée. Puis on engage les fils sous les extrémités de la seconde aiguille, que l’on recouvre également du huit de chiffre, et ainsi de suite pour toutes les aiguilles ou épingles, soit avec le même fil, soit, s'il est trop court, en y en joignant d’autres. Enfin, quand le dernier fil est épuisé, on unit ses deux

bouts à l’aide d’un double nœud ou d’une rosette. Pour protéger la peat

Fig. 73.

contre la piqûre des pointes des aiguilles, on place au-dessous une petite compresse molle, et même une autre sous la tête des aiguilles. Il faut exciser d’ailleurs ces pointes avec de forts ciseaux. ,

Ilest des chirurgiens qui préfèrent des aiguilles cylindriques armées d’une pointe d’acier taillée en fer de lance, qui s’enlève très bien après l'opération. Quant à moi, je me sers de mes aiguilles lancéolées pour porter de gros fils d'argent que je laisse à la place des épingles.

B. DEUXIÈME PROCÉDÉ (Dieffenbach), — Dans tous les cas où la peau est mince et où les points de suture doivent être très rapprochés, Dieffenbach se sert d’épingles à insectes, qu'il re=

courbe après leur avoir fait traverser les deux lèvres de la plaie,

de telle sorte que l'anneau qu’elles forment retienne les parties en contact sans avoir besoin du fil entortillé ni d'aucun autre soutien, On coupe les deux bouts de chaque épingle presque à ras des téguments,

C. TROISIÈME PROCÉDÉ ( Rigal, de Gaillac). = Les innova= tions de M. Rigal portent sur deux points essentiels, le passage et le maintien des épingles.

Pour passer chaque épingle, il l’engage dans ün porte-aiguillé fort simple construit à peu près sur la même forme du portepierre, où mieux du porte-aiguille de Roux que je représente ici (fig. 73), mais plus petit, monté sur un manche solide qui donne au chirurgien toute la force désirable. On voit a un cou lant qui rapproche les branches de cette espèce de pince qui saisit et fixe très solidement l'aiguille, « Malgré l'inconvénient d’un

OPÉRATIONS ÉLÉMENTAIRES. — SUTURES. 171 nouvel instrument à ajouter à tant d’autres, le passage des aiguilles est souvent si dificile et si long par le procédé ordinaire, dit M. Malgaigne, que j'ai adopté sans réserve l'usage du porte-aiguille, et je ne pense pas qu'après lavoir essayé une fois aucun chirurgien consente à s’en passer.

» Les aiguilles placées, au lieu de les retenir par des fils entortillés, M. Rigal engage au-dessous de chaque extrémité une longue bandelette de sparadrap fendue au centre, de telle sorte que l’un des deux chefs de la bandelette, appliquée sur la peau en decà de l’aiguilte, serve déjà à l’attirer, et diminue ainsi la traction de l'aiguille, tandis que l’extrémité de la fente, soutenant l’aigüille, remplace le fil entortillé.

» Après divers essais de ces bandelettes, j'ai fini par trouver le fil entortillé plus simple et plus sûr à la fois (1). »

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