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DES

DES SYMPTÔMES EN GÉNÉRAL

Du SYMPTÔME. — L'étude de l'homme malade, qui fait nés symptom le sujet de la pathologie, repose sur l'observation attentive et la connaissance exacte des symptômes. On donne le Définition, nom de symptôme (de avv, avec; mmoi, je tombe) à toute espèce de changement survenu chez l'homme malade dans les propriétés physiques, chimiques et dynamiques des parties constituantes du corps. On l'appelle aussi phénomène morbide (de ©aivoyai, je parais, c'est-à-dire tout ce qui tombe sous nos sens) . La partie de la pathologie générale consacrée à la description des symptômes prend le nom de stjmptomatologîe.

Mode de g;énératioii des isyiiiptômeis. L'homme possède en commun avec le cosmos un certain nombre de propriétés physiques et chimiques qui peuvent être altérées par la maladie ; d'autres lui sont propres et ont reçu le nom de propriétés vitales ou dynamiques. Nous nous sommes trop longuement étendu sur ce sujet important (t. I, p. 29) pour avoir besoin d'y revenir : in- III. 1

2 DES SYMPTOMES EN GKNÉP.AL

sistons seulement sur le mode de formation des symptômes.

On doit les partager en symptômes physiques, chimiques et dynamiques, suivant que le phénomène morbide résulte de r altération de l'une ou de l'autre des propriétés correspondantes du corps humain.

sympiômes I. Symplômcs OU phénomènes morbides d' ordre physique .

rdre physique, appelle aiusi tous les changements causés par la maladie : 1° dans la situation ; 2° le volume ; 3° la configuration ; II" le nombre ; la consistance ; 6" le poids ; 7° l'élasticité; 8° la couleur; 9» le calorique; 10° les propriétés acoustiques; 11° optiques; 12" les effets de la pesanteur; et 13° les altérations de densité des parties constituantes du corps. Ils forment pour le pathologiste la partie la plus importante des symptômes parce qu'ils tombent aiséuient sous ses sens, qu'ils peuvent être appréciés avec une rigueur extrême, qu'ils sont moins sujets à varier que les autres, enfin parce qu'ils indiquent sûrement le siège et souvent la nature de la maladie. Lésion 1° Le changement de siège d'un organe et de ses con-

lesiiuaiion; j^g^ions naturelles avec les parties environnantes ou son déplacement fournissent des signes de grande valeur pour le diagnostic (exemples : déviations et prolapsus utérins).

de volume; H ^u cst de même du volume des tissus dont l'ac-

croissement' et la diminution suffisent pour faire reconnaître l'hypertrophie et l'atrophie.

de forme; 3° La Configuration reste parfois normale dans les tissus profondément affectés ; mais souvent aussi ils se déforment soit en totalité, soit en partie (exemples : rachitisme, hydrocéphale chronique, spina bifida, voussure pectorale, courbure rachidienne).

SYMPTOMES PIIÏSIQUIÎS. 3

à° On voit les tissus se doubler, se bifurquer, se dénombre; réunir d'une manière anormale. Les caractères anatomiques et symptomatologiques des monstruosités reposent presque entièrement sur cette lésion.

5» La matière organisée offre dans chaque tissu un de consistance; degré de consistance, de cohésion moléculaire, que la maladie fait varier et dont les modifications constituent autant de symptômes (exemples : ramollissement, induration, friabilité des tissus enflammés, gangrène, etc.).

6" Le changement de poids de nos tissus est le meil- do poids; leur signe de l'atrophie et de l'hypertrophie (exemples : marasme, polysarcie).

7» L'élasticité est une propriété que possèdent un grand d'éiasticiié ; nombre de tissus et dont les lésions indiquent très-positivement un état de maladie. Quand les cordes vocales sont épaissies par l'inflammation, couvertes de fausses membranes, ou attaquées par des ulcérations, elles ne peuvent plus vibrer d'une manière physiologique, et alors la voix est altérée, rauque, éteinte, etc.

La rigidité des parois artérielles, celle des valvules cardiaques, des ligaments articulaires, sont des signes importants de maladie.

8" La. couleur f)ropre à chaque tissu, à chaque liquide décoloration; ne peut changer sans qu'on reconnaisse aussitôt l'existence d'une maladie qui occupe le lieu même où existe la coloration pathologique ou un organe plus éloigné. La coloration ictérique, mélanique ou cyanique de la peau , la rougeur, la décoloration de cette enveloppe, caractérisent très-nettement certains états morbides. Les exemples de maladies qui donnent lieu à ce symptôme physique sont très -nombreux (maladies du foie, du Cd.'ur, chlorose, empoisonnement saturnin, etc).

DES SYMPTOMES EN GÉNÉRAL

de lempérature ; 9° Le coi'ps humain possède une température propre et indépendante de celle des milieux ambiants. Elle peut cependant varier de plusieurs degrés au-dessus et au-dessous du chiffre physiologique (+37" cent.) comme dans la fièvre intermittente, les inflammations, le choléra asiatique et l'œdème des nouveau-nés. des propriétés 10" Les corps solidcs, liquides et le gaz qui entrent

desTorprsoHdes ^^"^ Constitution du corps humain, ceux qui s'y déliquides vcloppcut SOUS l'empire de la maladie, jouissent de progaleux, pj.j^^^g acoustiques. Les bruits du cœur, le murmure respiratoire, la voix, le gargouillement intestinal tiennent, dans l'état normal, à la vibration sonore des solides, des gaz ou des liquides. Les maladies altèrent le timbre et le tonde ces bruits, et ces altérations recueillies par V auscultation fournissent les meilleurs symptômes pour reconnaître la maladie des organes producteurs du son. 11 en résulte aussi des bruits qu'on n'entend pas à l'état normal, tels que le frottement pleural dans la pleurésie, le tintement métallique dans les perforations pleuro-pulmonaires.

Les organes frappés avec un autre corps {percussion immédiate) rendent des sons différents suivant la nature des tissus qui entrent dans leur constitution propre. Lorsque celle-ci vient à être modifiée par la maladie, le son éprouve des altérations très-grandes qui mettent immédiatement le praticien sur la voie du diagnostic (exemples : matité et sonorité anormales dans les maladies de poitrine) . des propriétés ^ ^ôté des symptômes causés par la lésion des

optiques; propriétés acQustiques dont jouissent certains tissus, se placent naturellement ceux qui dépendent d'une lésion des propriétés optiques. La réfrangibilité du cristallin et de la cornée se trouve altérée dans un grand nombre de

maladies (cataracte, épanchement de sang, de pus dans les chambres de l'œil).

12° Tous les corps obéissent aux lois de la pesanteur, des lois l'organisme comme les autres. Cependant il existe ui/"* p"""'®"""' très-grand nombre de cas où les effets de cette force sont contre-balancés par les propriétés vitales; or si la maladie suspend ou trouble ces dernières, à un certain degré, il se manifeste aussitôt des phénomènes morbides. C'est ce qui a lieu chez les sujets affaiblis par une longue maladie ou par une perte de sang ; la stase de ce liquide et l' épanchement de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire des membres inférieurs , la rougeur, le gonflement qu'on y observe, sont autant de symptômes physiques dus au trouble hydrodynamique de la circulation.

13° Nous citerons comme exemple de lésion de la den- de la densité sité, les altérations du sang qui déterminent les bruits liquide», de courant continus et intermittents qu'on entend dans la chlorose et l'anémie. La densité de l'urine, quand elle est accrue, indique la présence du sucre ou de l'albumine et les maladies qui donnent naissance à ces principes immédiats.

En résumé , les symptômes physiques résultent des ucsumé : valeur changements pathologiques que subissent les propriétés ^^^pJJsTqut^"* générales qu'on retrouve dans le corps de l'homme comme dans les autres corps de la nature. Nous rechercherons plus loin s'ils précèdent les autres changements ; ce que nous voulons seulement établir, c'est qu'ils les dépassent en importance et en précision. Quand on est assez heureux pour les constater, on a fait faire un grand pas au diagnostic. La supériorité incontestable de la séméiologie moderne sur l'ancienne tient uniquement à ce que nos moyens

fi

DES SiMPTOMEb EW (jErstlIîAL.

Symptômes chimiques.

2" ne la composition cicmcnlairc.

duxploialioli se sont mulliplies, et surtout à ce qu'ils nous ont mis en possession d'une foule de symptômes physiques qui étaient inconnus à une époque encore trèsrapprocliée de nous.

II. Symptômes ou phcnomcnes d'ordre chimique. Doit être regardé comme chimique tout changement produit par la maladie dans la composition élémentaire du solide, des liquides et des gaz contenus dans le corps hum^ain. Voici les changements principaux qui peuvent servir de signes à la maladie.

1" Trouble ^" -^^'^0,^^0113 dc cerlaines jrroprièlès dites organolepdts propriétés tiqucs (Chcvreul) telles que l'odeur, la saveur, l'acidité, organoiepiiques. j'^j^j^-g^ji^^jj^^i ^orps liquides, solides et des gaz.

2° AUéralion de composiUon élémentaire. Pour citer quelques exemples de symptômes qui consistent dans une altération de ce genre, nous rappellerons que la proportion d'eau diminue dans l'urine des fébricitants, dans tout le corps chez les cholériques; qu'elle augmente dans l'hydropisie ; que la quantité d'acide carbonique •exhalé est moindre pendant la grossesse, etc.

3° Les symptômes chimiques dus à une allèralion de la composition immédiate du corps doivent être cherchés dans les solides et les liquides : A. La diminution d'un principe immédiat , des globules sanguins, par exemple^ est symptôme de chloro-anémie ; l'augmentation des globules est signe de pléthore; de la fibrine, signe d'inllammation. B. Le changement de lieu d'un principe immédiat indique la maladie ; on trouve de la matière colorante de la bile dans l'urine, et dans le sang des sujets atteints d'affection bilieuse ; de l'urate de soude autour des jointures des goutteux; de l'albumine dans l'urine des sujets atteints d'albuminurie ; du glucose

3» De la coinpusiliou immédiiitc des corps.

SYMPTOMES DYNAMri>tJË5.

Allcration des proJuits immédiaU.

Valeur de ces fymptômes.

niicroscopitlfueB]

clans l'urine et les autres liquides de l'économie chez les diabétiques.

h° Viennent enfin les symptômes chimiques fournis par les altérations des p-roduils immédiats, tels que la sa live, le suc ga3tn(iue, le lait, le sàng^ l'unne.

L'étude de ces symptômeà est de création toute moderne; non pas que les alchimistes l'aient négligée, mais leurs travaux dans ce genre n€ sont rien *en comparaison de ceux qu'on doit aux progrès incessants de la chimie actuelle. Quoiqu'ils laissent encore beaucoup à désirer, on peut dire qu'ils sont, après les symptômes physiques, les plus essentiels à recueillir, parce qu'ils sont d'une Certitude très-grande et qu'ils approchent de très-près de la lésion primitive.

On a désigné et décrit à part, sous le nom de symplômes sympi^fties diu microscopiques, ceux que cet instrument nous fait apercevoir Gu qu'il n<5us aide à mieux déterminer, comme la couleur, la forme, la con texture des globules et des fibres élémentaires, la composition des liquides ; ce sont là des propriétés qui rentrent dans l'étude des symptômes physiques , ^t pour lesquelles on ne peut créer une division spéciale. D'ailleurs ces altérations, constatées par le microscope, appartiennent plus particulièrement à l'ana^ tomie morbide.

On a aussi désigné sous le nom de symptômes mécaniques ceux qui consistent dans des mouvements et des déplacements. C'est ainsi qu'on appelle phénomènes mécaniques de la respiration, de la circulation et de la locomotion, les mouvements qui se passent dans le thorax, le cœur, les membres et le tronc. Nous les plaçons au nombre des symptômes physiques.

m. Symplômes ou phénomènes d'ordre dynamique. Le

mécaniques.

Symplômes dyiiartH'que's.

8 DES SYMPTOMES EN GÉNÉRAL

mot dynamique exprime fort heureusement cette idée, à savoir, que les symptômes dont nous allons parler sont produits par la vie et par des forces surajoutées à la matière organisée, ou qui en font tellement partie qu'on ne peut les comprendre séparées l'une de l'autre. Ces forces qui font agir nos organes et qui constituent les propriétés spéciales d'un certain nombre de tissus sont, à chaque instant, troublées par la maladie. Nous avons déjà étudié les troubles des propriétés physiques et chimiques, les symptômes auxquels ils donnent lieu ; examinons de même les symptômes dynamiques.

Symptômes Symptôme consistant dans le trouble d'une faculté par le trouble '^^itcilc et de l'acle qui lui correspond. 1° L'excitabilité, des propriétés 2° la sensibiHté, 3° la contractilité, li" la tonicité, 5° les

vitales

et des actes facultés de l'inteUigence, 6"* les sensations de besoin, correspondants, ^'i^stinct, tcls que la faim, la soif, le besoin de respirer, de se reproduire , s'altèrent à différents degrés dans un grand nombre de maladies : de là naissent les phénomènes morbides dynamiques. Nous ne saunons trop insister sur cette partie fondamentale de la symptomatologie, qu'il faut appuyer d'un grand nombre d'exemples. Lésion 1" ExcUabiUlé. Les troubles de l'excitabilité constituent de lexciiabiiiié, j' ^^.j, j^^^^Qj^ l'asthénie. Ces deux symptômes sont communs à un grand nombre de fièvres dites sthéniques ou adynamiques , précisément à cause de la prédominance de l'un ou de l'autre ordre de phénomènes morbides, de la sensibiiiiéj 2" Sensibililé. L'anesthésie cutanée est le symptôme de l'hystérie, du rhumatisme, de l'empoisonnement par le plomb, par le chloroforme; l'amaurose est le signe de la congestion rétinienne ou cérébrale ^ la surdité, le signe d'une carie du rocher, etc.

de la

coniraciililé; 3» ConlractiUlé. L'hystérie s'annonce chez quelques

malades par le clignement des paupières , par un spasme éphémère du pharynx ; la rage par cette même constriction. Un muscle de l'avant-bras ou de l'épaule est paralysé par un rhumatisme ou par la lésion d'une branche nerveuse, etc.

A" Facultés intellectueUes. Un malheureux que vient de frapper une hémorrhagie cérébrale perd la mémoire des mots ; un autre affecté de méningite est pris de délire ; celui-ci a de simples vertiges ; tel fou n'a pendant longtemps qu'une seule espèce d'hallucination de la vue, et raisonne bien sur tout ce qui n'a pas trait à la vision fantastique ; tel autre se croit affecté d'une maladie de l'estomac (nosomanie) .

Sensaiion de besoin. Vous observez chez un malade une soif continuelle, signe de la glucosurie ; chez un autre, une faim incessante due à la gastralgie hypocondriaque (boulimie) ; celui-ci est poussé à des excès vénériens qui ruinent sa santé ; cet autre à des actes immoraux que la perversion de l'intelligence peut seule expliquer, etc.

Le caractère distinctif des symptômes précédents, qui consistent dans la lésion d'une propriété vitale, est d'être irréductibles comme la propriété vitale elle-même d'où ils dépendent. L'anesthésie et l'hyperesthésie d'une portion limitée de la peau, la paralysie du sentiment d'activité musculaire, le tintoin sont des phénomènes dynamiques en dehors desquels on ne trouve souvent aucune autre espèce de trouble. Est-ce à dire pour cela que l'acte correspondant n'est pas lésé? Loin de là, la lésion d'une faculté vitale entraîne nécessairement la lésion de l'acte qu'elle est chargée de produire. L'irritabilité d'un muscle ne peut être pervertie ou éteinte sans qu'il y ait convulsion ou paralysie du muscle affecté. Faisons toutefois

des facultés intellectuelles;

des sensations de besoin.

Caractères des symptômes marqués par le trouble des facultés vitales.

Ce trouble entraîne ^ nécessairement la lésion do racle vital.

DliS SYMI'TOME:^ en tlivNÉRAL.

remarquer que le trouble d'une propriété NÏlale n'entraîne souvent que le trouble d'un acte vital très-limité, en sorte que la fonction n'est que peu altérée ou ne l'est que momentanément. Un halluciné qui délire sur mi sujet circonscrit raisonne fort bien sur les autres; un malade chez lequel il y a paralysie du sentiment d'activité musculaire ne peut diriger ses mouvements qui man-^ quent de précision, mais il contracte encore fort énergiquement ses muscles. Le signe de l'atrophie musculaire progressive est F affaiblissement de la coniraction volontaire ; les autres propriétés vitales du muscle sont conservées (sensibilité et contractilité musculaire électriques) .

Nous ne pouvons trop recommander au praticien et au nosographe d'étudier et de décrire à part la lésion de chaque faculté et de l'acte correspondant, s'ils veulent déterminer exactement la nature et le siège des phénomènes morbides. Ils ne sauraient les analyser trop minutieusement. Citons encore un exemple : ce n'est pas assez -de constater la paralysie d'un muscle, il faut encore chercher : 1° si la tonicité et l'extensibilité y sont conservées ou abolies ; 2° si la volonté y produit encore quelque mouvement; 3° si l'électricité fait contracter les muscles soustraits déjà à l'empire de la volonté -, li° si la sensibilité musculaire persiste, etc.

Est-ce à la peau que réside l'anesthésie? 11 faut s'assurer que le tégument ne sent plus le contact , le chatouillement ni la température des corps extérieurs.

En résumé, si l'on ne peut pas séparer l'étude de la faculté vitale de celle de l'acte restreint qui en est l'efl'et nécessaire, on doit du moins faire porter sur elle l'analyse la plus minutieuse. C'est ainsi seulement qu'on pourra

SY.MPTOMKS DYNAMIQUES. t1

recueillir des symplôu-ies et des signes diagnostiques de quelque valeur.

Les actes souvent nombreux dont se compose une fonc- symptômes tion sont comme les propriétés de la matière vivante, troubles

^ ^ fonctionnels.

physiques, mécaniques, chimiques et dynamiques ; or si la maladie se prend à un appareil, elle trouble nécessairement une ou plusieurs de ces propriétés et un ou plusieurs de ces actes, et alors elle est caractérisée par une collection de symptômes fonctionneh ou actes morbides, les uns physiques, les autres chimiques ou dynamiques. Ilest de la plus grande importance de se rendre compte de la nature et du mode de formation de ces trois ordres de symptômes, puisqu'ils peuvent seuls nous permettre de remonter jusqu'à la lésion de l'acte et de la propriété vitale, de comprendre l'enchaînement des symptômes et d'établir leur physiologie pathologique sans laquelle il n'y a ni diagnostic, ni pronostic, ni traitement rationnel des maladies.

Une pleurésie avec épanchement est marquée par un Analyse symptôme dynamique, la douleur de côté, par l'épan- ces symptômes, cliement de sérosité dans la plèvre (lésion de fonction sécrétoire) , par l'ampliation du thorax, l'absence de respiration, de vibration pectorale, la matité (lésion des actes et des propriétés physiques de l'organe respiratoire) , enfin par l'asphyxie (lésion de l'acte chimique) .

Un croup se déclare ; le pharynx et le larynx se tapissent d'une fausse membrane (lésion sécrétoire); la voix s'éteint (symptôme physique) ; l'air ne pénètre qu'à grande peine dans les voies respiratoires et l'asphyxie fait de rapides progrès (lésion des actes physiques et chimiques de la respiration et symptômes correspondants).

Nous pourrions multiplier les exemples ; ceux que nous

DES SYMPTOMES EN GÉNÉRAL

venons de citer suffisent pour montrer que les symptômes représentent le trouble des propriétés, des actes, ou enfin de la fonction en totalité. Ils forment, par leur réunion et leur mode d'enchaînement, un ensemble de symptômes ou ce que les empiriques appelaient un concours qu'ils regardaient, avec juste raison, comme donnant la notion la plus complète et la plus exacte de la maladie (Voyez 1. 1, p. 29) . Symptôme Qu a appelé symplôm ^ dynamique ou fonctionnel le trouceiie expression blc dynamique que nous venons d'indiquer ; mais cette exest mauvaise, pj-ession est vicicusc lorsqu'elle est ainsi limitée, car il y a, dans les symptômes fonctionnels, des actes d'ordre physique et chimique qui n'ont pas m.oins de part à la fonction que les actes vitaux ou dynamiques. Un symptôme fonctionnel est donc simplement un phénomène morbide lié à un trouble de la fonction, de quelque nature qu'il soit (physique, chimique, vital); il n'est nullement synonyme de symptôme dynamique.

Troubles Le trouble d'une fonction peut-il servir de symptôme à ït'denctîr maladie? Le délire, la dyspnée, le vomissement, les convulsions, l'accroissement de la chaleur animale, sont des symptômes constitués par le trouble de plusieurs actes physiologiques et non de toute une fonction ; le nombre de ces actes est en général assez restreint. D'ailleurs, comme il faut toujours spécifier le siège et la nature du trouble fonctionnel et indiquer le symptôme prédominant, il est préférable de caractériser la maladie à l'aide de la lésion de l'acte plus particulièrement troublé. Les flux nasal, bronchique, utérin sont des troubles de sécrétion ■ en les plaçant dans les symptômes d ynamiques, on les rapporte à leur lis caractérisent véritable cssencc. Nous en dirons autant des symptômes la maladie. £^^.^-,13 p^^. fonction de circulation, de respiration, d'innervation, de génération, de calorification et de nutrition.

NATURK DU SYMPTOME.

Ils renferment, comme tous les autres, des phénomènes physiques, chimiques, dynamiques, qu'il faut séparer dans la description des symptômes.

Des symptômeii considérés en eux-mcmcs. Un lcs symptômes phénomène morbide est-il le phénomène normal seulement som-iis

-,. . , . ., , les phénomènes

augmenté ou dimmue, ou bien est-il tout autre et de nou- naturels , accrus velle génération ? Galien , à qui l' on doit de si belles études diminués ? sur les symptômes, est porté à croire qu'ils sont les phénomènes naturels, toujours pervertis, altérés dans leur nature, et non pas seulement accrus ou diminués. Le cerveau en délire n'est certes pas un organe qui fonctionne plus fort ou moins fort, mais mal. L'examen des trois espèces de symptômes que nous avons admis nous permettra de répondre à la question que nous avons posée en commençant.

Un symptôme d'ordre physique, constitué par une Les symptômes lésion de volume, de forme, de consistance, de nombre, tiem,eniTia de réfrangibilité, de sonorité, etc. , ne peut être dû qu'à «impie

. . - . augmentation

I augmentation , a la diminution ou a la suppression ou diminution d'une des propriétés physiques des tissus, des organes propriétés, ou des liquides.

lien est de même pour les symptômes chimiques. Dans n en est de même ce cas le phénomène est dû à l'augmentation, à la dimi- ^^chiï^qies!^^ nution de proportion ou à la disparition d'un ou de plusieurs des éléments ou d'un principe immédiat. Les globules, l'albumine, les sels, augmentent ou diminuent dans le sang^ l'urée dans l'urine (maladie de Bright, glucosurie) .

II semblerait, dans d'autres cas, qu'un principe nouveau se manifeste, et, par conséquent, que le symptôme n'est plus engendré comme précédemment : telle serait la formation des pierres vésicales et rénales, des concrétions arthritiques, du glucose et de l'albumine dans l'urine, de la

DES SYMPTOMES EN r.ÊNÉP.AL.

Nature

des symplômes «lynamiques.

Rapport entre le symptôme et la maladie.

matière biliaire dans les divers liquides de l'économie; mais dans ce cas encore on peut soutenir que le symptôme chimique est dii précisément soit à la génération exagérée soit à l'accumulation d'un principe normal, ou à son changement de lieu. Les recherches les plus ré- ^ centes tendent à faire admettre que la génèse de produits nouveaux est rare, si même elle existe. Les entozoaires font exception à cette règle.

Les difficultés qu'on pourrait élever au sujet de la nature des troubles qui portent sur les propriétés vitales, nous semblent devoir être résolues dans le sens des idées Galéniques. En effet, lorsqu'on est en présence de l'hallucination, de la convulsion et des troubles des sens spéciaux, on est forcé de faire intervenir d'autres éléments que l'augmentation et la diminution des propriétés et des actes vitaux. La boulimie, la dépravation du besoin de reproduction et tant d'autres actes morbides, prouveraient au besoin qu'il existe une perversion considérable des propriétés et des actes dans la plupart des symptômes dynamiques.

Les symptômes ont donc été tous rapportés à tort à la dichotomie, tant préconisée par l'école méthodique, et si souvent reproduite depuis. Nous affirmons qu'ils ne sont pas plus que les maladies sous l'empire unique de la force ou de la faiblesse, du strictum ou du laxum. Cette division n'aurait eu qu'un faible inconvénient, appliquée aux symptômes; mais on a prétendu y soumettre aussi les maladies, et l'on trouve encore, dans les livres les plus récents, la trace indélébile et funeste de eette doctrine scolastique.

Rapport enirc le symptôme et la maladie. Une fois que le symptôme est connu on doit chercher sa cause,

Symptômes locaux,

généraux.

OU, en d'autres termes, la maladie qui l'a provoqué. Trèssouvent le symptôme a pour siège le tissu, l'organe ou l'appareil qui se trouve frappé par la maladie; on l'appelle alors symptôme direct, local. 11 prend le nom d'indirect, de sympalhique, par consensus, quand il occupe un organe autre que celui qui est alîecté. On se sert aussi des mots phénomènes symptomaiiques et sympathiques sympathiquei, pour désigner ces deux ordres de symptômes.

Dans une pneumonie, les symptômes locaux directs sont la douleur de côté, les crachats rouillés, le souffle, la broncliophonie; les symptômes indirects, la céphalalgie, le délire, la fièvre.

On appelle symptômes généraux les phénomènes morbides, sympathiques ou non, qui se manifestent dans tout l'organisme, ou du moins dans quelque grand système an atomique. La fièvre, la chaleur et le froid, la courbature, la force et la faiblesse, l'amaigrissement, sont des symptômes généraux.

Si derrière le symptôme nous n'apercevons aucune lésion appréciable de texture, et si nous sommes dans l'impossibilité de la découvrir, nous sommes alors forcés de considérer le symptôme physique, chimique ou dynamique comme la maladie même, et de donner provisoirement au trouble de l'acte ou à la lésion de la propriété physique, chimique ou dynamique la dénomination Oiidiopathique, d'essentiel ( t^io; propre, et TraOoç affection), c'est-à-dire de l'ériger en entité morbide spéciale. Le délire, le vomissement, la polyurie, l'albumi- ii constitue Burie, la glucosurie, la diminution des globules sanguins lome^^" maladie, ne sont souvent que des phénomènes idiopathiques. Il faut avouer franchement notre ignorance en pareil cas : lorsque nous donnons le nom de polyurie à l' accroisse-

phénomène

idiopalhique.

iQ DES SYMPTOMES EN GÉNÉRAL.

ment des quantités d'urine, de glucosurie à la présence du sucre dans tous les liquides de l'économie, d'albuminurie à celle de l'albumine dans l'urine, en l'absence de toute lésion du rein et des autres organes, nous ne faisons que créer une entité nosologique à l'aide d'un phénomène dont nous ignorons la cause. La contraction des doigts de la main, l'hallucination , le vertige, la chorée, la névralgie de la cinquième paire décorés du nom ôUdiopathiques, lorsqu'il n'existe aucune maladie appréciable, sont-ils autre chose que des symptômes dont la cause reste ignorée de nous?

On peut dire, sans crainte de se tromper, que la moitié des entités morbides que nous décrivons dans nos livres de pathologie se compose de troubles d'actes physique , • chimique ou dynamique, idiopathiques, c'est-à-dire dont nous ne connaissons pas la cause.

Importance C'est donc pour cela que les expressions consacrées de de^ phénomènes Phénomène morbide symptomalique, sympathique et idiO" en palhique sont en pathologie générale , non-seulement ^^sympaThïïs,''' '^"^PO'^'^ mais indispensables , puisqu'elles servent à et idiopathiques. désigner le degré de certitude et la relation du symptôme avec la cause de la maladie.

La description générale de tous les symptômes et la seméiologie reposent sur cette triple description, qui est féconde en applications cliniques et en indications thérapeutiques.

Différenee entre Une maladie provoquc ordinairement des phénomènes

le symptôme et le , . , . ^

phénomène

moriDides symptomatiques et des sympathiques. Il n'est sympathique, toujours facile d'établir entre eux une ligne de démarcation bien tranchée. Les auteurs modernes ont trop négligé ce sujet, qui mérite cependant une sérieuse attention, au point de vue de la cause, de la gravité, del'enchaînement

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