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PERCUSSION

dans son intensité et dans son timbre suivant que la cavité buccale est augmentée ou diiriinuée! Ainsi donc c'est bien la paroi pectorale percutée qui produit le son, mais c'est l'organe sous-jacent qui lui donne son intensité. Une poitrine maigre, à parois minces, comme chez les enfants et les vieillards, rend un son clair; une poitrine épaisse et charnue, un son sourd. Les sons sternal, claviculaire et sous-claviculaire sont clairs; celui du péricarde, de l'hypocondre droit, obscur à cause du cœur et (lu foie. Nous ne voulons pas insister sur ces principes généraux d'acoustique médicale que nous avons soumis à (ie longues expérimentations ; nous ferons seulement remarquer que nous différons d'avec beaucoup d'auteurs, sur un point essentiel, sur l'origine du son. Pour nous il est dans la vibration sonore et sou tienne des pirois thoraciqnes modifiée seulement par la cavité broncho-pulmonaire sous jacente dans laquelle elle vient résonner. Telle est aussi l'opinion du docteur Williams.

Quelle est la gamme des bruits tlioraciques normaux et Énumération des anormaux? Elle est fort restreinte et composée d'un sons pectoraux, petit nombre de sons que Laennec a parfaitement caractérisés et qui existent dans l'état physiologique aussi bien que dans l'état morbide (1). Si l'on voulait absolument quelques sujets de comparaison, on rangerait avec M. Andry les sons de la manière suivante : 1" sons clairs :

(1) Nous devons signaler au lecteur un livre qui affiche les pins hautes prétentions et qui s'est proposé de refaire toute l'acoustique médicale {Traité de percussion et d'au^aUlalwn, par M. Skoda, trad. par Aran, in-J2, lS.1'4, Paris). Il est impossible d'accumuler pins d'erreurs d'acoustique, plus d'i'Xiiériences fausses, plus de mots vides de sens, que l'a fait l'auteur de ce livri'. Nous l'aurions même passé sous ? ilence, s'il n'avait pas eu pour traducteur un médecin habile quia failheureuscment ressortir les erreurs qu'il a roncontrées à chaque pas.

448 SYMPTOMES HESPIRATOIRES.

pulmonal, stornachal, intestinal; 2" sons mats: fémoral, jécoral, cardial, ostéai ; S» sons mixtes : métallique, liumorique, hydatique (1).

La poitrine percutée fait entendre un son clair qu'on peut prendre pour type et que nous appellerons, non pas Son pectoral pulmonal, niais pectoral, parce que c'est la paroi tlioranaturei. cique qui vibre et fournit le son et non le tissu pulmonaire.

Son pectoral plus L'élévatiou du SOU pectoral donne lieu à un bruit ou sorciair, ^^"^^ ^ tympauique plus ou moins semblable à

celui qu'on obtient en frappant l'épigastre soulevé par l'estomac plein de gaz on par le gros intestin, plus bas L'abaissement du son pectoral varie depuis le son

ou son mat. -, , . , ,

sourd, obscur, jusquau son mat, pareil a celui qu on excite en percutant les tissus musculaires (son fémoral, Piorry), ou la région hépatique (son jecoral).

Nous ferons remarquer que ces sons, même dans l'état physiologique, offrent de très-grandes variétés. On conçoit que la paroi pectorale au niveau de la seconde côte ne donne pas le même son que les régions mammaire, scapulaire ou sus -épineuse ; l'épaisseur des tissus musculeux, la présence des os apporte de notables modifications. Ces différents sons peuvent être distingués théoriquement , mais en clinique la division des sons en clairs, tympaniques, obscurs et mats suffit pour l'étude des maladies.

Causes physiques. 1° La cause qui change le son de la paroi pectorale peut résider dans le corps vibrant, c'està-dire dans la paroi pectorale elle-même. Elle est formée de muscles épais, de tissus graisseux, et chez la femme

(1) Manuel pratique d'auscultation et depercussion^ in-12, Paris, 18U.

SONOKITÉ NORMALE. 449

de la glande mammaire. Qu'une cause morbide vienne à altérer l'épaisseur de cette paroi , et le son rendu sera sourd, mat ou clair suivant les conditions physiques qui seront survenues.

On peut regarder comme une augmentation d'épaisseur de la paroi les épanchements de sérosité dans la plèvre. En effet dans ce cas, en môme temps que le bruit solidien est altéré, il ne résonne plus dans la cavité pleuro-pulnionaire oblitérée par le liquide épanché. Dans le pneu mo- thorax, au contraire, le son est accru par l'espace occupé par l'air.

La cause qui change le bruit pectoral réside dans causes l'appareil de résonnance. Si le poumon contient une îodificauonr plus grande quantité d'air, comme dans l'emphvsème, le ^" ^on pectoral.

LOI ' r J ' j,„gg résident

son pectoral est clair, tyuipamque même ; au contrau'e, dans le corps le poumon est- il dense, privé en partie d'air par les , . ^

^ ' i i et dans la cavilo

tubercules ou la congestion sanguine qui en a pris la bronchoplace, le son est obscur ou très-mat. pulmonaire.

Ainsi en résumé : i° tout ce qui fait perdre à la paroi pectorale ses propriétés vibratoires, ou qui les augmente, détermine une modilication corrélative dans le son ; 2° tout ce qui diminue l'étendue de la colonne d'air covibrante, intrapulmonaire, et qui fait perdre au poumon son élasticité, abaisse le son ; 3" tout ce qui augmente ces conditions physiques, l'élève. A ces principes généraux d'acoustique très-simples doivent être rapportées toutes les variations que peut subir le son dans les maladies. Le praticien le moins versé dans les discussions qu'a fait naître l'acoustique médicale, saisira avec la plus grande facihté le mécanisme des divers phénomènes physiques dont il nous reste à parler.

^ Son pectoral

1° Sonpectoralmiurel. Il faut se familiariser avec 1 état naturel.

SYM PTOM ns n Espi n ato i PiEs.

Sonorité exagérée.

Bruils clairs, lympaniques,

Métallique,

normal , en percutant la poitrine d'un sujet bien conformé et adulte. On trouve alors des variétés infinies et qui s'expliquent très-facilement par les conditions physiques sur lesquelles nous avons insisté précédemment. Outre les différences apportées, dans le son, par la région qu'on explore, il en est d'autres qui tiennent aux hétéromorpliies congéniales ou morbides, antérieures à la maladie actuelle. Chez les enfants, le son est exagéré ; on obtient même , en percutant, un bruit de pot fêlé. 11 en est de même chez les sujets maigres, ainsi que Laennec en a fait la remarque. La poitrine du vieillard rend souvent un son clair; mais ce qu'elle présente surtout de remarquable, c'est un mélange très-singulier de sons clairs et de sons mats qui tiennent à la dilatation des vésicules, aux infiltrations mélaniques, crétacées ou tuberculeuses et surtout à la perte de l'élasticité des côtes et du tissu pulmonaire.

2° Sonorité exagérée. Le son clair anormal est dû à la résonnance des vibrations pectorales dans l'enceinte pleuro-pulmonaire agrandie par une lésion quelconque. C'est donc en définitive les dimensions et la configuration de la cavité résonnante qui donne au son le timbre, la qualité et l'intensité qu'il a. Nous comprenons dans la gamme des sons clairs : 1° les sons clairs qui se rapprochent plus ou moins du son pectoral ; tel que le son tympanique ou stomacal qui ressemble à celui qu'on obtient en percutant les régions épigastriques distendues par l'estomac plein de gaz ou l'intestin météorisé. Nous rangeons dans les sons tympaniques et regardons comme n'en différant que par le timbre, les bruits qui ont reçu le nom de bruit métallique ou de pot fêlé, et de bruit hydro-aèrique. Nous verrons plus loin qu'ils

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