sympathique
( tions des viscères, en connexion étroite avec 1 estomac, tels que le poumon, le foie, la rate, ou d'un organe plus éloigné, comme l'utérus et ses annexes. Viennent ensuite la grossesse, la dysménorrhée, les pertes séminales, le phimosis, les névropathies, l'hystérie, la nosomanie, l'épilepsie, la folie, en dernier lieu toutes les altérations du sang (chlorose, intoxication), les maladies générales (rhumatisme, goutte) et les cachexies.
La dyspepsie idiopalhique est amenée par des causes 3" Dyspepsie locales ou générales ; nous citerons parmi les premières "i'or''^'"q»e. l'usage des vins acides, des matières grasses, des fromages secs , des viandes salées , des remèdes anligastralgiques, des alcools, le jeûne, la diète prolongée ; parmi les causes générales la surexcitation et la dépression des fonctions du système nerveux (veille, excès, masturbation,) etc.
De plus longs détails nous forceraient à entrer dans l'histoire particulière de la dyspepsie ; or, nous devons nous borner à indiquer les principaux grou[)es nosologiques, dont le symptôme en question est le signe ordinaire. Qu'on remarque bien que, si l'on en excepte les causes qui agissent directement sur l'estomac, les autres n'exercent leur action que par l'intermédiaire du système nerveux ou par le sang.
Toute l'attention du praticien doit se concentrer sur la recherche des causes qui ont amené la dyspepsie. 11 doit avoir présentes à l'esprit les trois divisions tracées plus haut, tant pour la dyspepsie que pour la gastralgie. En
604 SYMPTOMES GASTRlOLiE?.
S* appuyant sur elles il arrivera sûrement à un diagnostic exact et surtout à un traitement rationnel.
§ IV. Symptômes fournis par les lésions de fonction ou de structure de l'intestin.
Divisions. Le médecin doit rechercher de quelle manière s'effectuent les différents actes qui concourent à la digestion et ne négliger aucun des phénomènes morbides auxquels donne lieu l'altération de ces actes. Il étudiera ;1° la configuration du ventre qui peut être modifiée par la maladie des organes sous-jacents ; 2" les troubles apportés par la maladie dans les évacuations alvines (diarrhée , constipation) ^ 3° dans les sécrétions intestinales (pneumatose , borborygmes) ; li° les lésions de la sensibilité auxquelles se rattachent les coliques et l'entéralgie; 5° les troubles de la contractilité musculaire (volvulus, spasmes) ; 6° enfin les changements pathologiques survenus dans la texture du péritoine, tels que les adhérences de ses deux feuillets, ou l'épanchement d'un liquide (ascite).
Configuration 1° Syniptôiiics fournis par la conlig^uration et
et volume ,
du ventre. 1^ volumc du vcutrc. INous ne parlerons que des symptômes qui ont un rapport direct avec les maladies de l'intestin ; ceux qui dépendent du foie, de la rate, des reins, seront étudiés lorsque nous traiterons des maladies de chaque organe en particulier.
Dans l'état normal et pendant la vacuité de l'intestin, l'abdomen présente une excavation très-manifeste de haut en bas, dont la partie la plus profonde corrrespond à l'ombilic. Le duodénum, placé sur la colonne vertébrale, p' est accessible quQ médiatementà la percussion et à la^
DfARRHÉR.
palpatlon. Quant au jéjunum et à l'iléon, quoique flottants dans la cavité abdominale, ils occupent surtout les régions ombilicale, hypogastrique et iliaque droite. Le gros intestin et l'S iliaque l'encadrent de toutes parts. Cette partie du tube digestif se trouve dans le flanc, les deux fosses iliaques, à la base de la poitrine, au-dessous et au devant de l'estomac. Les quatre feuillets du péritoine qui , par leur mutuel accolement constituent le grand épiploon , doublent et protègent l'intestin. Pour peu qu'il soit chargé de graisse, le volume du ventre en est singulièrement accru.
Percussion. Dans toute la partie moyenne du ventre, la masse de l'intestin grêle, percuté à travers la paroi abdominale, donne un son clair. Au niveau du cœcum il est beaucoup plus clair et tympanique. Il a encore ce timbre et ressemble même à celui de l'estomac sur tout le trajet du colon transverse et dans la fosse iliaque gauche, à moins que cette portion de l'intestin ne contienne une grande quantité de fèces.
La percussion ne doit être pratiquée qu'à l'aide du plessimètre ; elle a une incontestable supériorité sur la percussion digitale. Suivant qu'elle est superficielle ou profonde, elle donne des sons différents qui sont en rapport avec les tumeurs placées, en différents points de l'abdomen, plus ou moins profondément. Elle permet aussi de constater la présence des moindres quantités de
I gaz et de liquide.
2° !Symptômef>$ fournis par Icss cvacualioiiw alvlucs. A l'étude de ces évacuations doivent être ratta-
I chées la diarrhée et la constipation.
Des èvacuaiions ou déjecliuns alvines. On appelle ainsi
I l'expulsion volontaire ou involontaire, par l'anus, des
Percussion (le l'abdomen.
Évacualioa alvines.
Diarrhée.
COG SYMPTOMES INTESTINAUX.
matières, solides ou liquides, contenues dans l'intestin.
On peut tirer quelques symptômes utiles 1" de la quantité; 2° des propriétés physiques et chimiques des matières fécales rendues par les malades. Nombre Quand Ics évacuatious n'ont pas lieu, une fois envh'on de selles. j^us Ics vingt-quatrc heures, chez l'adulte, et trois à quatre fois chez le nouveau-né, on dit que les selles sont rares; fréquentes dsnis le csiS contraire (constipation, et diarrhée).
La consistance des matières varie beaucoup dans l'état de maladie ; elles sont dures ou arrondies, sèches, parfois semblables à de la terre molle, en bouillie, ou tout à fait liquides et aqueuses.
La couleur, l'odeur des selles, la présence du sang, du pus, de fausses membranes, de concrétion, de vers intestinaux, etc., méritent toute l'attention du médecin; leur étude est comprise dans celle de la diarrhée et de la constipation.
Diarrhée. , Diarrhée (de 8(a, à travers, et de pÉw, je coule). La diarrhée consiste dans l'évacuation fréquente des matières liquides contenues dans l'intestin. Simple phénomène morbide de maladies nombreuses et différentes par leur nature et leur siège, la diarrhée est suffisamment caractérisée par le nombre des selles, la quantité et la nature du liquide expulsé. Les symptômes qui accompagnent l'évacuation alvine fournissent des signes essentiels et diagnostiques, qui ne doivent cependant pas figurer dans la définition de la diarrhée. Elle est maladie ou symptôme de maladie, comme le vomissement.
Divisions. Nous examinerons successivement i" l'acte en lui-même; 2" les propriétés physiques et chimiques des matières évacuées.
tllAUlUlKi;. C07
De l'excrétion alvine. L'évacuation alvine est précédée Seiisalion
besoin (l'a à la selle.
(l'une sensation qui paraît avoir sa cause dans la pré-
sence même des fèces et son siège, dans le rectum et l'anus. Le besoin d'aller à la selle est suivi du relâchement des sphincters. Il est sous l'empire de la partie inférieure de la moelle épinière. On sait que les lésions de cet organe abolissent le besoin ainsi que la contraction volontaire. Souvent le besoin d'aller à la selle est incessant et douloureux, on lui donne alors le nom de ténesme ou d'épreinte anale. L'abolition de cette sensation est une des causes de la constipation.
]A défécation est opérée par la contraction péristal- Difccallon , ^ique du gros intestin et surtout, comme le vomissement, par la contraction du diaphragme et des muscles abdominaux. Si des matières fécales, liquides et irritantes, viennent, à chaque instant, causer le besoin d'évacuer, il en résulte des selles fréquentes. Dans un grand nombre Douiems anales, de maladies accompagnées de diarrhée, celle-ci détermine des épreintes, c'est-à-dire une contraction convulsive et douloureuse des muscles releveurs de l'anus et des fibres longitudinales du rectum qui amènent l'expulsion des matières fécales. On observe ces besoins incessants d'aller à la selle dans la dysenterie, la colite aiguë, le choléra morbus.
Les selles sont volontaires ou involontaires : celles-ci se montrent principalement dans toutes les maladies qui troublent fortement les actes du système nerveux, dans le délire, l'épilepsie, les fièvres adynainiques et putrides. Elles sont le symptôme des maladies de la portion inférieure de la moelle, de l'hémorrhagiedu cerveau, etc.
Les évacuations sont souvent précédées de coliques Coliques vives et générales, de borborygme, d'expulsion de gaz par abdominales.
l'anus, clans la plilegmasie aiguë ou chronique de la membrane interne de l'intestin ; quelquefois d'envies de vomir, de malaise, de défaillances (dysenterie, hémorrhagies ; intestinales) , de soif vive, d'anorexie, plus rarement d'appétit, de fièvre, etc. Ces symptômes dépendent de la maladie à laquelle se rattache la diarrhée. Effets immédiats Lcs cftets immédiats de la diarrhée sont la courbature de^ia^dkrîhée affaiblissement qui est porté, au bout d'un petit
nombre de jours, à un degré extrême, surtout lorsque les selles sont fréquentes, les épreintes vives et le malade déjà épuisé par la maladie. Plus tard on voit survenir, par le seul fait d'une diarrhée chronique, la sécheresse et la . teinte terreuse de la peau, l'amaigrissement et la fièvre hectique. D'autres malades résistent mieux : on en trouve dont la santé n'est pas sensiblement altérée et qui continuent à manger, tout en allant quatre à cinq fois à la selle, chaque jour, pendant plusieurs mois et même plusieurs années.
Cannes de la diarrhée. On doit rapporter à trois causes différentes la diarrhée : 1" à une maladie du tube digestif (diar. sympt.) ; 2» à une maladie d'un autre viscère (diar. sympath.) ; 3° aune simple hypersécrétion de l'appareil folliculeux de l'intestin (diar. critique, idiopatbique, entérorrhée).
1° Diarrhée symptomaiique. Il faut donner ce nom : 1" aux évacuations qui suivent l'indigestion causée par des aliments pris en trop grande quantité (diarrhée à cropulâ) , insalubres, grossiers, contenant beaucoup de matières réfractaires à la digestion, 2° à la diarrhée produite par des substances purgatives, par des corps étrangers, des vers intestinaux, des fèces, qui séjournent depuis longtemps dans le gros intestin de ceux qui sont sujets àdes
Ses causes.
4° Liarrhée symplomalique
constipations opiniâtres et anciennes ; enfin par toutes les maladies de l'estomac et de l'intestin (phlegmasies aiguës et chroniques, ulcérations du gros intestin, cancer, dysenterie, inflammation du cœcum, du rectum). On peut encore ranger ici les diarrhées bilieuses causées par l'afflux d'une grande quantité de bile, qui joue alors le rôle de corps irritant et excite la sécrétion des follicules intestinaux. La fièvre typhoïde, dans toutes ses formes, et surtout lorsque les symptômes abdominaux prédominent, est la cause la plus ordinaire des diarrhées aiguës que nous observons.
2° Diarrhée sympathique. A cet ordre se rapporte les» sympathique; plus grand nombre des diarrhées qui se manifestent : 1° dans les grandes pyrexies,dans les exanthèmes (variole, scarlatine), dans la fièvre puerpérale, dans les fièvres pyémiques et septicémiques, dans le typhus; dans la cholérine et le choléra morbus, où l'hypercrinie des follicules est un des éléments caractéristiques de la maladie ; dans un très-grand nombre de lésions viscérales bien limitées ; dans la phthisie pulmonaire, la grippe, les maladies chroniques de la rate, du pancréas et du foie ; enfin, pendant le travail de la dentition, chez les jeunes enfants.
Il serait difficile de rattacher à une seule cause la production de la diarrhée; tantôt, et c'est le cas le plus ordinaire, la sécrétion intestinale, comme toutes les autres sécrétions, est profondément modifiée ; c'est ce qui arrive par exemple, dans toutes les maladies générales (choléra) ; tantôt la contraction est plus particulièrement troublée ainsi que l'innervation; ces deux causes semblent souvent se confondre ensemble et jouer le principal rôle dans la production des diarrhées sympathiques ni. 3()
3° critique;
des maladies générales. On peut dire que toutes les altérations des grands systèmes déterminent presque toujours ce symptôme; l'albuminurie, le diabète, les cachexies syphilitique, goutteuse, scorbutique, cancéreuse, les hydropisies se terminent rarement, d'une manière fatale, sans provoquer la diarrhée. L'agonie et tous les troubles de l'intelligence, le délire, la paralysie générale, l'aliénation mentale agissent de la môme manière.
D'autres diarrhées sympathiques sont celles qu'on voit survenir brusquement chez les rhumatisants et les goutteux, et qui s'accompagnent d'une amélioration soudaine ou d'une aggravation de tous les accidents. Elle prend le nom de mélastatique. On l'a vue, quoique rarement, juger une pneumonie, un rhumatisme, un érysipèle, etc. (diarrhée critique) .
4» idiopaihique. Diarrhée idiopathique . Due à la seule hypercrinie des sécréteurs répartis, en si grand nombre, sur toute la longueur de l'intestin, la diarrhée mérite le nom d' idiopathique ou d'essentielle. Elle ne diffère de la sympathique que parce qu'un organe malade a commandé l'acte pathologique sécrétoire, qui est au contraire primitif dans la diarrhée essentielle. Dans les deux cas, la lésion de fonction donne lieu au phénomène morbide.
Un type de la diarrhée essentielle se trouve dans le flux intestinal qui suit une vive émotion morale (diarrhée nerveuse) ; la réfrigération subite du corps ou de quelqu'une de ses parties ; l'ingestion de quelques aliments qui n'agissent très-probablement, sur certains sujets, qu'en vertu dune idiosynchrasie toute spéciale (artichaut, œufs de brochet, viande de veau, fruits verts acides), de Diarriice leurs propriétés laxatives (lait, café, miel) ; les variations de température, surtout pendant les saisons humides et
froides, telles sont les causes des diarrhées qui ont reçu le
nom de catarrhales et sont en eil'et de la môme nature que
les autres flux qui s'établissent sur la membrane muqueuse
nasale et laryngo-brouchique. Véritable entérorrhée
dans les cas de ce genre, ce flux intestinal a été observé
chez les ouvriers qui sont exposés par leur profession
à suer abondamment et à se refrodir ensuite (chaufleurs; Eniérorrhée
matelots, soldats, etc.) ; chez les nouveau- nés faibles et
cacochymes, nourris avec un mauvais lait.
Ainsi les diarrhées reconnaissent pour point de départ deux causes principales : les unes, situées dans l'intestin, y produisent une altération matérielle ; les autres dans un viscère éloigné qui ne fait qu'exciter un flux sympathique, en troublant la sécrétion et la contraction gastro-intestinale.
IMatlcre des évacuations alvincs. On obtient plus Matières d'un symptôme précieux de l'examen des matières des évacuations ; il faut étudier : 1° la quantité ; 2° la nature des évacuations.
Quantité. Elle est considérable lorsque les fèces ont été Quantité, retenues, pendant longtemps, dans le gros intestin et qu'elles s'y sont accumulées. Les selles liquides, aqueuses, muqueuses et bilieuses sont presque toujours abondantes; quelquefois elles sont rendues en si petite quantité qu'elles teignent à peine le linge et ressemblent à un crachat, comme dans la dysenterie. Il peut môme arriver que les eflbrts les plus violents et les plus pénibles de défécation n'amènent aucune matière fécale (épreinte sèche) .
Nombre de selles. Les malades ont depuis quatre à cinq Nombre, selles jusqu'à cent cinquante par jour (dysenterie aiguë, choléra). Quelques-uns restent sur le bassin pendant
plusieurs heures et ils rendent une quantité parfois trèsgrande de matières liquides (diarrhée colliquative) . Les selles rares sont ordinairement molles ou solides. Consistance. Consistance. Les matières excrétées sont toujours liquides mais à différents degrés ; tantôt semblables à de l'eau (selles séreuses) , tantôt à de la bouillie (selles pultacées), à une gelée (râclure de boyaux) , ou bien elles renferment des matières en partie solides ou des corps étrangers (alimentaire ou non) , Odeur. Une odeur insupportable d'hydrogène sulfuré se fait sentir dans toutes les phegmasies aiguës et chroniques de l'intestin et dans les maladies qui troublent le travail de la digestion (fièvres et phegmasies gastro-intestinales).
Les fèces exhalent une odeur fade et tout à fait caractéristique dans le choléra ; félide, semblable à celle des cadavres en putréfaction, dans la fièvre typhoïde quia reçu le nom de fièvre putride, en partie à cause de cette altération ^ gangreneuse , dans la colite chronique ulcéreuse plus spécialement et la dysenterie. Couleur; La cowîeur des selles est jaunc, verte ouverdâtre dans les affections bilieuses; grise comme celle de l'argile, ou blanchâtre comme du plomb ou de l'étain, dans la colique saturnine et surtout dans les maladies des voies d'excrétion de la bile qui gênent ou arrêtent le cours de ce fluide dans ses conduits naturels (colique hépatique, cholécystite) ; rouge ou noire suivant les proportions de sang mêlé aux excréments. Leur couleur peut tenir aussi à ce que des médicaments ont été introduits dans le tube diirraîadeTfont g^^^^^ safran et la rhubarbe teignent, en jaune, les usage du sous- matières rendues ; le fer les noircit et surtout le bisde bismuth, rnuth. Cette coloration, dans le dernier cas, prouve que le
DIAURHÉE. 613
médicament exerce une action salutaire sur l'intestin et ne le traverse pas à l'état de poudre inerte.
Nature des selles. La division réellement utile à intro- Nature des seiies. duire dans l'étude des selles doit être fondée sur la nature des parties liquides et solides qui entrent dans leur composition. En se plaçant, à ce point de vue clinique, on doit distinguer 1° un premier ordre d'évacuations, i«r ordre, seiies formées par une quantité anormale d'une ou de plusieurs formées
^ '■ '■ par des matières
des matières qui parcourent le tube digestif dans l'état qui existent physiologique. On peut partager les selles en : 1° sé- ^ZrZZlZ. reuses; 2° muqueuses -, 3° grasses; li° bilieuses; 5° alimentaires; (5° vermineuses.
2° Dans un second ordre se placent les évacuations, à 2= ordre; matières la composition desquelles concourent des matières liquides organcreVvironou solides qui ne se trouvent pas normalement dans le na^i^. tube digestif et qui y ont été jetées par suite d'une maladie de l'intestin ou d'un organe situé dans son voisinage. De ce nombre sont les selles constituées, 1" par du sang ; 2° par du pus ; 3° par des calculs biliaires ; li° par de la matière cancéreuse ; 5" par des entozoaires intestinaux ou non intestinaux ; 6° par la sérosité d'un kyste ou du péritoine.
3° Un troisième ordre renferme des substances venues 3« ordre : corps du dehors et qui ont pénétré parla bouche ou par l'anus ^^""s^"- (corps étrangers). Jetons un coup d'œil rapide sur ces conditions morbides diverses qui fournissent des éléments précieux de diagnostic.
Premier ordre. Selles constituées par des matières qui seiics séreuses. parcourent V intestin à Vétat normal. A. Selles séreuses ou aqueuses. La sérosité est souvent la partie prédominante des selles copieuses que rendent les malades; elle est seulement colorée, à différents degrés, par de la bile jaune
(jU SYMPTOVŒS INTESTINAUX.
ouverte. Tantôt elle tient, en suspension, de petits flocons blancs qui la font ressembler à de l'eau amidonnée ou de gruau, comme dans le choléra asiatique ; tantôt des corpuscules d'une matière blanche concrète, de la grosseur de grains de semoule,commedans presquetoutes les diarrhées liées à une colite chronique. Les selles aqueuses ont une réaction alcaline et présentent, en général, une couleur grise ou noirâtre, qui leur donne l'apparence d'une eau sale et bourbeuse dont lafétidité est souvent extrême. Tel est leur caractère le plus fréquent dans les maladies chroniques, qui entraînent la diarrhée colliquative, sans léser la structure de l'intestin , et dans la phlegmasie chronique des follicules ou de la membrane interne du gros intestin. Les selles séreuses sont le phénomène sympathique et critique d'un grand nombre de maladies. La quantité des liquides expulsés dans les diarrhées sympathiques et coUiquatives est souvent considérable. Le choléra nous offre un type de la diarrhée séreuse. Les drastiques la produisent également et rendent, précisément à cause de la nature des évacuations, de grands services, sur lesquels le praticien peut compter. On a rencontré quelques exemples de selles aqueuses, critiques, dans l'anasarque, l'ascite, l'albuminurie, dans la période de suppuration de la variole.
B. Selles muqueuses. Lorsque le mucus et les lamelles épithéliales se reproduisent, en grande quantité, les selles offrent alors l'aspect d'un liquide fortement chargé d'une matière molle, gélatineuse, transparente, colorée tantôt par la bile, tantôt par le sang. La quantité du mucus est variable; dans quelques cas, on n'aperçoit dans une forte proportion de sérosité, que quelques flocons de matières muqueuses, ou des masses pelotonnées.
à la manière des crachats ou du blanc d'œuf cru. Dans la dysenterie, le mucus est teint par du sang fortement combiné avec lui. Dans d'autres cas, les selles, à demi liquides, sont constituées par une matière pultacée, dans laquelle on retrouve le mucus associé à une grande quantité de bile ou à des vers intestinaux.
La diarrhée muqueuse se rencontre principalement pendant le règne des constitutions saisonnières du printemps et de l'automne, lorsqu'on observe un grand nombre de fièvres gastriques et bilieuses, des grippes, des affections catarrhales et rhumatismales, et chez les enfants, pendant la dentition.
G. Selles grasses. Il arrive, quoique assez rarement, seiies grasses que des malades rendent, pure ou mêlée à des matières fécales, une grande quantité de substance grasse, jaunâtre ou blanchâtre, tout à fait semblable à de l'huile ou à la graisse refroidie et figée du bouillon gras. On a même vu plusieurs selles formées presque exclusivement par elle. On a voulu, dans ces derniers temps, en faire le signe des maladies du pancréas, en s' appuyant sur les données fournies par la physiologie. Nous avons eu occasion d'observer un grand nombre de cancers du mésentère et de l'estomac, étendus à la glande pancréatique, et jamais nous n'avons observé d'évacuation de ce genre.
Le flux cœliaque, dont on retrouve l'indication dans tous les livres et dont on ignore la nature, est-il le résultat jle l'imparfaite élaboration des aliments par le fluide paneréatique ou l'afflux d'une trop grande quantité de ce liquide, qui est alors rejeté au dehors? On sait que les selles sont alors blanchâtres ou cendrées.
D. Selles bilieuses. Il existe toujours dans les selles na- seiiesbiueuies
616 SYMPTOMliS INTESTINAUX.
turelles une quantité assez grande de bile -, mais celle-ci devient prédominante toutes les fois que la glande hépatique, irritée primitivement ou sympathiquement, est le siège d'une hypersécrétion morbide. Les malades ont alors des selles plus ou moins copieuses, de couleur jaune ocrée, liquides ou à demi liquides, à la suite desquelles survient une notable amélioration des symptômes. On en a fait le signe des fièvres bilieuses continues et rémittentes, de l'état bilieux (polycholie de Stoll) et des hypercrinies sympathiques. C'est môme, en grande partie, sur les heureux effets déterminés par la diarrhée bilieuse qu'ont été établis, tout à la fois, et la théorie des fièvres bilieuses et leur traitement. Un fait bien digne de remarque, et qui résulte pour nous d'une longue observation, c'est que les maladies du foie, telles que la congestion aiguë ou chronique, la cirrhose, le cancer, l'ictère et les affections des conduits d'excrétion bilieuse, donnent rarement lieu à l'expulsion de la bile, par l'intestin. Selles E. Selles formées par des substances alimentaires mal
nentaircf. (.idijQy^cs. Toutes Ics fois que la digestion est ralentie ou entièrement suspendue par un trouble nerveux, une fatigue excessive, une altération organique de l'estomac et même du pancréas et du foie, les aliments sont rejetés par les selles, sous forme d'une masse grisâtre, dans laquelle on reconnaît encore une partie des substances ingérées (lientérie) (dérivé de XeToç, poli, glissant, et evTspov, intestin, parce que les aliments semblent traverser l'intestin avec promptitude). Les selles des sujets atteints de cancer gastrique ou de l'intestin offrent très-souvent un mélange de parcelles d'ahments, débile et de matière noire, qui annonce une mauvaise digestion.
On est quelquefois surpris de la quantité considérable
DIAUmiÉE. 617
de détritus d'aliments qu'on retrouve dîins la matière des selles. Celles-ci sont alors très-copieuses, liquides, précédées de coliques sourdes ou même très-vives. Souvent la mauvaise composition des aliments formés de substances réfractaires à l'estomac ou peu assimilables , explique la forte proportion des évacuations que le malade rend chaque jour. Le ligneux y figure pour la plus grande part. La diarrhée stercoraire, qu'on a appelée ainsi lorsqu'elle est formée d'une grande quantité de matières fécales, est le symptôme de toutes les maladies de l'estomac, de l'intestin, et de toutes les cachexies.
F. Diarrhée vermineuse. On appelle ainsi les évacua- Diarrhée
.. , • , 1 , 1 . . vermineuse.
tions dues, en partie, a la présence des vers mtestmaux, et dans lesquelles se trouve un certain nombre de lombrics, de trichures, d'oxyures, des fragments de ténia. Les matières sont ordinairement formées de mucus et très-copieuses ou répétées. On les voit se produire sous l'influence d'épidémies saisonnières ou permanentes, surtout chez les enfants et les sujets lymphatiques.
Deuxième ordre. Selles accitlentelles formées par des matières liquides ou solides, provenant de l'intestin malade ou d'un organe circonvoisin, avec lequels'est établie une connexion anormale. A. Selles sanglantes. On désigne sous le a. soiics
, T . . sanglâmes;
nom de melœna ou mèléna (de [jLÉXatva, vojoç, maladie noire) leurs caractères.
les déjections alvines sanglantes; quelques auteurs y
ajoutent le vomissement de matières de même nature. Il
faut que le clinicien s'apprenne à reconnaître le sang
dans les selles, lors même qu'il est méconnaissable.
Tantôt il se présente à l'état liquide, en caillot, et avec
la coloration rutilante, vermeille du sang artériel, ou
noire et visqueuse du sang veineux, pur, ou mêlé aux
fèces ; tantôt il se dissimule sous les apparences d'une
matière noire, épaisse comme du cirage ou grumeleuse comme du marc de café ^ tantôt sous forme de lambeaux à demi solides, grisâtres, dans lesquels on peut distinguer la partie fibrineuse du sang. D'autres fois les selles sont séreuses, teintes en noir comme de l'encre de Chine, ou bien elles contiennent des grumeaux noirâtres, arrondis, ou de petits caillots de sang. Souvent il suffit d'étendre d'eau la matière des selles, pour voir paraître la coloration propre au sang; dans d'autres cas, il faut recourir à l'examen microscopique pour constater la présence des globules sanguins altérés et de l'hématosine. La coloration noire des selles produite par l'usage du bismuth pourrait aussi en imposer pour une hémorrhagie gastro-intestinale. Nous avons vu cette couleur persister plus de quinze jours après qu'on avait cessé d'administrer le médicament.
La nature des selles sanglantes une fois bien constatée, on est certain qu'il existe une hémorrhagie dont il reste à déterminer le siège ; il ne peut être, 1° que l'intestin lui-même; 2" un organe voisin qui a contracté avec lui des adhérences anormales.
1° Maladies Sang provenant de V intestin. La source la plus com-
de restomaceide i^^^g ggi^gg Sanglantes est : 1» l'estomac affecté ; A de .
cancer; B d'ulcère chronique ; G de rupture d'un vaisseau gastrique ; D d'une simple exhalation due à une maladie du foie, du sang, etc. C'est alors que le sang, modifié par les fluides gastrique et pancréatique et subissant les réactions chimiques qui se passent dans l'estomac, présente les nombreuses altérations qui le rendent méconnaissable.
2° Les maladies précédentes, lorsqu'elles occupent l'intestin grêle et le gros intestin, provoquent des selles
CausfiS pathologiques.
I DIAUUMEE. 619
dans lesquelles on retrouve le sang avec ses propriétés physiques normales. Dans les ulcérations typhiques de l'intestin grêle, dans le cancer du colon transverse et du cœcum, le sang est presque pur, noir ou vermeil, liquide ou en caillot, et en proportion variable. 11 est expulsé sans eflbrts, sans colique, et le malade ou le médecin ne sont prévenus de ce qui est arrivé, que par la coloration même des évacuations. Le sang fourni par le gros intestin malade est souvent mêlé à des matières fécales qu'il enveloppe d'une couche plus ou moins épaisse. Dans la dysenterie, il est peu abondant et combiné au seiies mucus qu'il colore en rouge. La vive inflammation de la ''^^•^"''^"i"'^^" membrane interne détermine l'exhalation simultanée et le mélange intime du mucus et du sang. Souvent des matières noires, fétides, des lambeaux mortifiés de la meml)rane interne et des pseudo-membranes, se trouvent mêlés au sang, dans les selles dysentériques.
3" La troisième source de l'hémorrhagie est l'S iliaque ou le rectum ; un cancer, une tumeur épithéliale de I l'anus, des hémorrhoïdes, une simple rectorrhagie sont I les causes ordinaires des évacuations sanglantes. Le sang rendu pur, souvent avec douleur, est vermeil, toujours liquide, et ne se coagule que dans le vase qui le reçoit.
2° Sang venu d'organes éloignés. Les maladies des or- 2» Maladies ganes qui entourent l'intestin et qui fournissent le sang ï,'nTi?voTsi'nagr contenu dans les déjections alvines, sont assez nombreu- <'« l'imesiin. ses. 11 s'établit d'abord des adhérences entre l'organe malade et l'intestin qui reçoit ensuite plusieurs produits morbides parmi lesquels se trouve une certaine quantité de sang. La dégénérescence des ganglions mésentériques et des masses rétro-périlonéales peut provoquer des selles sanglantes. On a cité des exemples d'hémorrhagie qui
30 Maladies générales.
B. Selles purulentes.