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IX. Des djathèses

Définition de la diallièsc.

Klle conslilue un élat

d'imminence morbide.

De la (llatlièsc (dérivé deStaT{OY][xt, je dispose, StaOeaif;, disposition) (1) . Sil'onveutconservercetteexpressiondans le langage médical et lui donner un sens bien déterminé, il faut définir la diathèse : un élat général de l'organisme, héréditaire ou inné, rarement acquis, tout à fait latent jusqu'à l'époque où il détermine une maladie, générale caractérisée par des lésions^ ou des troubles fonctionnels, disséminés dans un grand nombre de points, mais identiques par leur nature et cédant à la même médication. Ainsi, action d'une cause spécifique sur l'organisme, incubation, état latent souvent très-prolongé, phénomènes morbides généraux et lésions toujours les mômes : tels sont les caractères de la diathèse (exemples : diathèse scrofuleuse, cancéreuse, goutteuse).

La diathèse n'est pas encore la maladie, mais elle est plus que la prédisposition. Elle constitue un état d'imminence

(1) On lira avec intérêt le passage où Galien traite, avec détail, de la diathèse : De symptomatum differentiis, cap. I.

DIATIIÈSE. 851

morbide incessante, ou plutôt d'incubation. Observez avec soin un goutteux depuis l'instant de sa naissance jusqu'au moment où la maladie se manifeste pour la première ibis, il vous sera impossible d'en soupçonner l'existence ; si la constitution en porte les stigmates, c'est que la maladie a déjà fait invasion. Quelques-unes de ces diathèses se manifestent de bonne heure, comme la scrofuleuse et la tuberculeuse. Ou en aperçoit les premiers symptômes, dès la naissance ou peu de temps après; d'autres, comme la rhumatismale, la goutteuse, la cancéreuse, restent tout à fait latentes.

On doit distinguer dans la diathèse la cause et l' effet. Elle est disiîncia La diathèse aboutit à un véritable état pathologique qu'on ^ Eiie en appelle maladie diathésique : tels sont la scrofule, la rériode

. , , . . . 1 , d'incubation,

goutte, le rhumatisme, les dartres. Aussi considéronsnous la diathèse, comme une véritable période d'incubation, qui cesse au moment où les signes de la maladie se manifestent ; alors seulement commencent l'affection générale à laquelle on donne le nom de tubercule, de cancer^ de scrofule, de goutte. Sous ce rapport la période de l'incubation diathésique de ces maladies ressemble tout à fait i\ celle, beaucoup plus courte, d'une maladie contagieuse virulente, ou d'un exanthème.

Insistons sur cette période d'incubation de la diathèse ne l'incnbaiion qui est un des faits les plus intéressants de la pathologie générale. Un sujet naît d'une mère morte de cancer : ce n'est qu'à quarante ou cinquante ans qu'il présente les premiers symptômes d'un cancer gastrique. Chez un autre, la phthisie héréditaire met vingt ans avant de se développer ; chez les goutteux, c'est entre quarante et cinquante ans qu'on voit éclater les premiers symptômes. Chaque maladie diathésique se montre, en général, à une période

diathésique.

de la vie assez fixe, quoique souvent très-avancée; cependant des causes telles que l'âge, les agents cosmiques, peuvent raccourcir l'incubation, tandis qu'au contraire de bonnes conditions hygiéniques l'allongent presque indéfiniment. Cette assimilation de la diathèse à la période d'incubation des maladies aiguës explique tout à la fois la variation et la régularité des époques d'apparition des symptômes morbides. Nous rapprocherons de l'incubation diathésique qui ne trouble en rien l'organisme, celle qui amène souvent les maladies les plus redoutables, telle que l'incubation de la rage, du charbon, des exanthèmes, de la fièvre intermittente, etc. Nous montrerons plus loin que toutes les maladies spécifiques ont une incubation.

La diaihèse Un dcs Caractères les plus tranchés de la diathèse est "général!" ^^^^ causc générale qui lui donne naissance et qui est démontrée par la nature identique des symptômes et des lésions qu'elle produit. Ainsi, dans l'affection rhumatismale, les phlegmasies articulaires, les douleurs musculaires, les paralysies, les contractures, les névralgies, sont des manières d'être différentes de la même cause. ' Dans la scrofule, mêmes remarques au sujet des altéra-

tions des os, de la peau, des glandes, des membranes muqueuses, etc.

Ainsi la disposition diathésique ne saurait être attribuée qu'à une cause spécifique très-générale, dont les liquides et le solide sont le siège. Tous les observateurs ont été frappés des rapports intimes qui existent entre les diverses manifestations morbides locales qui se montrent alors et les ont rapportées à une seule et même cause Influence générale.

très II érd le

de l'hérédité. Le nombre des diathèses, qui ont leur source dans l'hé-

Des maladies diathésiques.

rédité ou dans l'innéité, est infiniment plus considérable que celui des diathèses acquises. Il en est même quelquesunes que nous croyons de création presque exclusivement héréditaire ou innée ; telles sont la dartreuse, la cancéreuse, la tuberculeuse, la scrofuleuse, qui ne sont peutêtre jamais acquises.

Quelles sont les maladies diathésiques qui doivent être conservées? Rappelons d'abord qu'il faut ; A, qu'elles soient de cause spécifique; B, qu'elles reproduisent toujours les mêmes elîets G, qu'elles soient marquées par des lésions identiques ; D, transmissibles par voie d'hérédité ou d'innéité; E, qu'elles ne soient consécutives à aucune maladie locale déterminée. Celles qui nous paraissent remplir toutes ces conditions sont : 1° la scrofuleuse ; 2"* la rachitique ; 3** la tuberculeuse ; li° la cancéreuse ; 5° la goutteuse ; 6" la gravelleuse ; 7° la rhumatismale ; 8° la dartreuse ; 9" l'hémorrhagique. Chacune d'elles, après être restée à l'état latent ou d'incubation, se manifeste par des symptômes spécifiques qui servent à la distinguer de toutes les autres maladies.

Il est maintenant facile d'éliminer du nombre des maladies diathésiques les suivantes : la diathèse syphilitique ; elle constitue une affection virulente transmise par voie de les diathésiques contagion, et non une diathèse ; les symptômes de la syphilis congénitale se montrent immédiatement sur le nouveauné ou plus tard. Les formes inflammatoire, scorbutique, sont des maladies générales du solide ou du sang qu'on ne saurait confondre avec de véritables diathèses. Nous en dirons, à plus forte raison, autant des diathèses anévrismale, ulcéreuse, gangreneuse, purulente, dont les lésions, bien que disséminées dans un grand nombre d'organes et liées à un état général, n'ont absolument au-

MaladioB placées à tort parmi

cun des caractères de la diathèse. Nous mentionnerons, sans nous y arrêter, les prétendues diathèses vermineuse, bilieuse, calarrhale, gastrique, séreuse, etc. caractères ^P^^^ '^"^'0"' indiqué les différentes espèces de diathèse, génériques que nous n'avous pas mission de décrire, traçons leurs des diaihescs;, ^^^,^(,^^^33 généraux. Ces états constitutionnels doivent

être très-différents suivant l'espèce de diathèse ; mais comme ils ne sauraient se traduire, par aucun caractère appréciable, et que, précisément, ce qui les distingue c'est la négation de toute espèce de signe extérieur pendant longtemps, il en résulte qu'il faut s'attacher surtout au grand point de l'hérédité et du développement fatal. C'est par des recherches attentives faites sur les ascendants qu'on pourra soupçonner l'existence de ces diaiiérédiiaires; thèscs. Lcs uucs sout héréditaires ou innées, les autres

acquises.

acquises. On a prétendu qu'on pouvait faire à volonté des diathèses scrofuleuses, tuberculeuses , goutteuses , au moyen de la matière de l'hygiène. Nous doutons du fait, quand nous voyons, tous les jours, les règles de l'hygiène violées par des hommes qui ne présentent jamais le moindre signe de la diathèse goutteuse, graveleuse ou autre. Nous croyons qu'on ne créra jamais, de toute pièce, les diathèses cancéreuse, tuberculeuse, dartreuse ; nous serons plus réservé sur le compte des scrofuleuse,rachitique et rhumatismale. Dans tous les cas, on peut affirmer que, sur vingt sujets diathésiques, il y en a à peine un qui a contracté cette disposition organique. Mode Les manifestations pathologiques de la diathèse se

'''de^^cuairef " ^«"t' ^^"^^ "^^^ l'-'^vous déjcà dit, plus OU moius longtemps après la naissance, ou, pour être plus exact, après la conception, et si la diathèse est acquise, un temps tr^«? court après l'action des causes morbifiques ; ce^qui

Gravité des maladies dialhésiqucs.

établit une grande différence entre la diathèse acquise et l'héréditaire. Les maladies diathésiques ont une marche Marche continue toujours lente et chronique : les unes, comme le cancer, par accès, le tubercule, poursuivent leur marche d'une manière continue, tout en présentant de longues rémissions ; les autres, comme la goutte, le rhumatisme, les dartres, se montrent par accès ou paroxysmes plus ou moins éloignés, et durent un grand nombre d'années. Elles laissent dans l'intervalle une altération générale de l'économie, un état cachectique qu'il faut bien se garder de confondre avec la diathèse.

Il appartient à la pathologie spéciale de décrire les maladies diathésiques. Il nous suffira de faire remarquer que toutes menacent sérieusement l'existence ; que les unes marchent d'une manière fatale à la destruction, comme le cancer, le tubercule ; que d'autres s'arrêtent et guérissent après avoir épuisé en quelque sorte leur action morbide sur un viscère, (scrofule, goutte, rhumatisme). Toutes finissent par s'étendre et se générahser dans toutes les parties du corps. On retrouve alors le produit morbide caractéristique, dans les différents organes. Ainsi le cancer envahit toutes les glandes et tous les viscères sans exception ; le tubercule, au contraire, se localise et concentre ses ravages sur le poumon, après l'âge de quinze ans. La goutte, le rhumatisme, envahissent tous les tissus, après des attaques répétées.

Elles agissent d'une manière spéciale sur les maladies intercurrentes. Elles en altèrent profondément la physionomie, impriment leur caractère spécifique à leurs lésions, à leurs symptômes, de telle sorte qu'un praticien éclairé reconnaît l'existence d'une diathèse latente, en observant la marche et les accidents de l'autre maladie.

Leur influence

sur les autres maladies.

de

deux diathëscs.

C'est là un fait de la plus haute importance lorsqu'il s'agit d'établir le pronostic et le traitement d'une maladie intercurrente compliquée de diathèse. Plus tard, les désordres graves, que la maladie diathésique ne manque pas d'entraîner avec elle, s'accompagnent d'un état cachectique qui exerce à son tour une influence très-grande sur la marche et la durée de la maladie accidentelle. De là des affections complexes, et dont les éléments doivent être cependant dégagés les uns des autres, si l'on veut arriver à un traitement convenable.

Coexistence Deux diathèses peuvent coexister ensemble, ensuivant leur marche ordinaire. La scrofuleuse et la rachitique, d'une part, la goutteuse et la dartreuse de l'autre, se trouvent souvent en présence, chez le même sujet. On avait cru d'abord que la cancéreuse et la tuberculeuse n'allaient pas ensemble; mais de nombreux exemples dont nous avons été témoin, ainsi que tant d'autres médecins, prouvent que ces deux produits morbides peuvent se dével®pper librement, à côté l'un de l'autre. Nous citerons aussi la goutte et le rhumatisme qui se montrent souvent réunis sur le même sujet. DiiTércnes Après Ics développements dans lesquels nous venons ,3*^''^^° d'entrer, il ne nous sera pas difficile de montrer en quoi prédisposition, la diathèse se distingue de la prédisposition , du tempérament et des prédominances organiques.

La diathèse est plus qu'une prédisposition , puisqu'elle aboutit d'une manière fatale à une maladie spéciale. Le germe spécifique existe d'une façon évidente dans la diathèse héréditaire ; seulement il reste dans l'organisme à l'état d'incubation : il fera son évolution certaine, à une époque plus ou moins éloignée. Dans la prédisposition, il n'y a pas de semence morbifique, par conséquent

aucune certitude qu'une maladie prendra naissance. Il faut une cause excitante, soit externe, soit interne, pour qu'elle se déclare. La diathèse est un état morbide con- Ladiaihèse stitué qui contient la maladie future, en germe, à l'état ^^^^^ .

5 D ' élat de maladie;

d mcubation, et qui détermine, la cause occasionnelle ai- la prédisposition dant, telle espèce morbide et non telle autre. Au contraire, de la prédisposition, peut , suivant la cause occasionnelle, sortir indifféremment une maladie quelconque. Enfin, et c'est là son caractère essentiel, la diathèse détermine à coup sûr l'espèce pathologique. La prédisposition ne peut que préparer l'organisme à contracter une maladie qu'une autre cause produira. Dans tous les cas, une fois la manifestation morbide opérée , le doute ne sera plus permis. La diathèse peut seule engendrer une affection toujours identique à elle-même, tandis que celles que la prédisposition fait naître sont très-différentes les unes des autres. Dans la diathèse, la cause occasionnelle manque souvent, ou bien elle est hors de toute proportion avec Lt, gravité et la nature de la maladie. Le froid produit la phthisie ; le froissement du sein, un cancer mortel, etc. Avec la prédisposition, la cause excitante est presque toujours indispensable pour qu'il se développe une maladie.

On ne saurait confondre la diathèse avec le tempéra- Différence ment ni avec la prédominance organique (état bilieux, '^"''"'^ eiie'""'*^"' génital , céphalique, etc.) , puisqu'on reconnaît ces dispo- tcmpéramcm ; sitions naturelles à des signes extérieurs visibles, et qu'au contraire la diathèse ne se révèle par aucun phénomène appréciable.

Les maladies générales comme l'inflammation , les altérations du sang (pléthore, anémie), lapyéraie, le scorbut, se distinguent également, par des traits si précis,

qu'il nous semble inutile d'insister davantage sur ce sujet.

cl la caciiciie. Enfin nous rappellerons que la cachexie, c'est-à-dire : l'altération générale des solides et des liquides provoquée

parles maladies précédentes ou par d'autres, soit locales, soit générales , sont bien distinctes de la diatlièse. Celleci précède et amène la maladie ; la cachexie la suit et en marque le dernier terme (cachexie syphilitique , cancéreuse, goutteuse), spéciflciié On assigne à chaque diathèse un agent morbifique de la diaihèsc. gp^^^j^j ^ gg^j-jg lequel la maladie ne saurait se développer.

C'est là ce qui a fait croire que les maladies diathésiques doivent naissance à un germe qui est apporté au moment de la conception , par transmission héréditaire , ou développé en vertu de la loi d'innéité. Nous ne voudrions pas qu'on nous accusât de porter trop loin le fatalisme ^ de laÏÏaiiié cependant, il nous est impossible de n'y pas croire, en présence du triste spectacle que nous offrent ces nombreuses familles, dont toutes les générations sont successivement enlevées par la phthisie, le cancer, la scrofule, ou qui portent les traces indélébiles des diathèses goutteuse, rachitique et rhumatismale. Et quand cette funeste constitution pathologique n'aboutit pas à l' affection diathésique, elle imprime sa forme sur toutes les maladies qui se développent pendant le règne de la diathèse, c'est-à-dire pendant la vie entière ; elle les rend plus meurtrières ou vient s'y ajouter à la plus légère occasion. Elle éveille, avec juste raison, la sollicitude du médecin qui la cherche vainement après la naissance ou à d'autres époques de la vie, afin d'en prévenir le funeste développement. Souvent lorsqu'il croit avoir trouvé les signes de la diathèse scrofuleuse,

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