‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 183 sur 232 · XI. De la constitution stationnaire · texte numérisé non relu

XI. De la constitution stationnaire

Constitution ConstUution staiiounaire. Nous n'avons pas encore stationnaire. gig^alé toutcs les prédispositious de r économie inhérentes à la structure et à l'état statique de l'individu. Il en est encore une que nous pourrions placer dans le chapitre consacré aux modifications dynamiques de l'organisme, car elle résulte probablement de l'exercice plus ou moins exubérant de certains appareils. Cette disposition est celle qui a reçu le nom de conslilulion stationnaire; nous en parlons maintenant pour ne pas rompre les affinités naturelles qui l'unissent à la diathèse ; il nous serait d'ailleurs impossible de dire en quoi elle consiste. Les anciens et les

PREDISPOSITION.

Opinion deGalieo.

épidémiographes des siècles derniers avaient remarqué que, sous l'empire des agents de l'hygiène et des inlluejices complexes qui se font sentir sur tout un peuple ou toute une population, pendant un nombre souvent considérable d'années, il s'établit chez tous les hommes mie prédisposition à telle ou telle forme de maladie.

Cette consliluiion slationnaire est distincte de la conslitu- Différente

, , , .,, . . 11 . de la consliluiion

tion médicale, ou épidémie permanente, quoique celle-ci épidémique. puisse durer, dit-on, pendant plusieurs années, vingt-trois ans par exemple (Sydenham) ? La première a sa cause dans une modification permanente de l'organisme ; la seconde dans une constitution spéciale de l'atmosphère, La première paraît être sous la dépendance des modificateurs naturels qui agissent sur l'homme : c'est une espèce de diathèse acquise par une grande masse d'individus. Galien disait que la constitution stationnaire des Romains, de son temps, était inflammatoire, et que toutes les maladies intercurrentes en révélaient l'influence, par des symptômes non douteux. Le luxe, la débauche et les autres conditions hygiéniques dans lesquelles vivaient alors les Romains, expliquaient, suivant lui, le règne de cette constitution. On se rend compte ainsi de la prédominance de certaines formes de maladies, sinon des maladies mômes, à certaines époques de l'histoire de lamédecine, et du succès de quelques médications spéciales pendant plusieurs années. G' est encore à l'aide d'une constitution de ce genre qu'on peut comprendre la fréquence de certaines complications et de certaines formes pathologiques qui, après avoir été très-communes, disparaissent, ou tout au moins s'effacent et deviennent rares. og^^ opinions

La constitution stationnaire, dont la cause reste igno- peuvent

, , , 1 ■ , ]) être soutenues

rée, peut être attribuée : 1° à la persistance d une consti- ^co sujet.

tution médicale fixe ou petite épidémie; 2° à la prédomi- ^ nance de certaines fonctions qui, en raison des habitudes et des mœurs d'un pays, peuvent acquérir une intensité anormale et exercer une influence pathogénique sur tous les organismes. On peut hésiter entre ces deux explications. Si l'on adopte la première, la constitution stationnaire appartient à l'étude des constitutions médicale ( voyez causes cosmiques) ; si l'on accepte la seconde, elle devient une de ces prédominances organiques dont nous avons parlé dans les chapitres précédents. Cependant, comme elle ne se dessine par aucun trait extérieur appréciable, on peut soutenir que sous l'influence des causes complexes dont se compose l'ensemble des modificateurs hygiéniques et politiques qui agissent sur tout un peuple , la constitution de celui-ci peut changer comme change celle des individus. D'après cette doctrine, on verrait persister, pendant un certain temps, cet état diathésique de tout un peuple. C'est lui qui imprimerait à toutesles maladies sporadiques, épidémiquesetmême endémiques des caractères communs ou spéciaux faciles à constater, et qu'il serait impossible de rapporter à la constitution médicale régnante, puisque les symptômes de celle-ci se développent à côté des autres et en sont entièrement distincts. F.iempies Voici quclques exemples propres à faire ressortir les drcmiTiUu'iîon caractèrcs de la constitution stationnaire. Schnurrer rapsiaiioniiairc. porte quc tous Ics Espaguols atteints du typhus présentaient presque tous, comme compUcation, une plegmasie du foie, tandis que les Polonais et les Russes étaient frappés d'encéphalite (1). Raymond, de Marseille, a

(1) Schnurrer, Matériaux pour servir à une doctrine générale sur les épidémies , etc., trad. par Ch. Gasc et Breslau, in-8% Paris, 1815.

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