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II. Action pathogénique de l'homme malade SUR l'homme sain

§ I. De l'infection.

L'homme malade n'agit sur son semblable que de trois L'homme produit manières différentes ; 1° en viciant l'air qui sert d'ali- de^'^aïdSment commun à tous les hommes; 2° en exhalant autour de lui, et en jetant dans l'air des miasmes de nature inconnue, dont la présence est démontrée par le développement de maladies qui n'ont d'ailleurs rien de semblable à celles qui les ont engendrées; 3° en produisant des miasmes qui, pareils à des semences morbifiques, reproduisent une maladie identique à celle qui leur a donné naissance : ce sont les maladies contagieuses par infection. Désigner sous le nom de maladies infectieuses ces 0"ics a désignées

à ton

trois ordres de maladies, et sous le nom d infection leur sous lo uircdo mode de production, c'est confondre trois choses très- . maladies

■i infeclieuses.

différentes.

En effet, les analyses chimiques ont prouvé surabon-

Il faut on séparer:

damment que les maladies dues à la viciation de l'air ^° les asphyxies; dépendent de ce qu'il contient du gaz acide carbonique,

mépliiliques;

eudémiques.

904 CAUSEvS SOMATIQUES.

en proportion suffisante, pour altérer lentement ou rapidement la santé. Les maladies qui en résultent sont des asphyxies auxquelles le nom de maladies par infection ne convient pas plus qu'à celles qui sont provoquées par des torrents de vapeur de charbon , par la mitte des fosses d'aisances ou par le feu grisou. 2» Les maladies On ne doit pas, non plus, considérer comme infectieuses les maladies causées par les gaz qui se dégagent des boyauderies, des voiries, des amphithéâtres et des cimetières. On doit les rapporter au méphitisme. 3» Les maladies H nous Semble aussi que, c'est enlever au mot infcclion toute espèce de précision que de s'en servir pour désigner les maladies qui ont leur source dans une influence tellurique restreinte et complètement étrangère au corps humain. Telles sont les maladies paludéennes qu'on attribue à un miasme spécifique provenant de la décomposition des plantes qui croissent dans les marais; tels sont encore le choléra, la dvsenterie, la fièvre jaune et la peste pour quelques auteurs. Nous ne pourrons jamais nous décider àréunir ainsi, sous la dénomination commune de maladies infectieuses, des affections si différentes par leur nature, et dont la cause est d'ailleurs entièrement ignorée. On ne voit pas pour quelle raison on n'appellerait pas aussi infeclieuses les maladies endémiques telles que le goitre, le pian ou le bouton d'Alep.

Si les maladies dont nous venons de parler, les fièvres intermittentes, la peste, le choléra, par exemple, sont déterminées par une cause inhérente à certaines localités, il faut les décrire en parlant des causes endémiques. Nous ne trouvons entre elles aucun lien commun. Elles dépendent toutes d'une cause locale, et voilà tout; or il est impossible de former avec ce caractère un groupe

infectieuses.

Différences

el l'endémie.

étiologique distinct de tous les autres. C'est donc par un étrange abus des mots qu'on est arrivé à comprendre sous le nom d'infection un ensemble de causes tout à fait différentes par leur nature, les unes consistant dans une altération appréciable de la composition de l'air ou dans la présence d'un gaz dont la chimie a déterminé la composition , les autres dans un agent inconnu , un miasme, un effluve, d'autres enfin, dans des émanations fournies par le corps de l'homme vivant. C'est ce dernier véritable mode d'action qui doit seul retenir le nom d'infection. desmoTshi'feciion Les maladies produites par elles doivent seules aussi et maladies retenir le nom d'infectieuses.

L'infection, telle que nous venons de la définir, se distingue de la contagion, en ce que l'agent toxique ou Vin- ''"'"'^ l'infeciion,

o ' 1 o -a la contagion

fectieux est un produit de l'organisme sain ou malade qui n'agitqu'àune distance très-rapprochée du foyer infectant, tandis que le contagium se transmet au loin. Le premier ne détermine pas toujours la même maladie ; le second, au contraire, engendre une affection identique à celle qui lui a donné naissance. Dans la maladie endémique, lacauseest tellurique ou cosmique ; dans l'infection, elle est toute somatique.

Quelles sont les maladies qui prennent naissance dans un miasme émané du corps de l'homme sain ou malade? Des blessés sont réunis, en plus grand nombre que de coutume, dans une salle d'hôpital, et aussitôt la pourriture se manifeste sur un grand nombre de plaies. D'autres fois ce sont des érysipèles simples ou gangreneux qui se déclarent, à la moindre occasion ; ailleurs des femmes en couche , trop nombreuses pour l'espace qu'elles occupent, ne tardent pas à présenter tous les symptômes de la fièvre puerpérale. Dans les mêmes lieux, les autres

Maladies infectieuses.

L'infection modiFie les maladies régnantes.

malades, adultes ou nouveau-nés, sont pris de diarrhée, de muguet, de gangrène, etc. Déplus, toutes les maladies intercurrentes et celles qui existaient avant, sont influencées de la même manière. On voit alors les phlegmasies, les exanthèmes, les fièvres, se compliquer d'état ataxoadynamique, de gangrène, d'hémorrhagies. Dans tous les cas que nous venons de passer en revue, l'infection se fait sentir, en modifiant les maladies et en y ajoutant quelques complications de nature spéciale. Recherchons s'il existe réellement des maladies qui méritent le nom d'infectieuses.

Elle ne détermine Dans Ics grandes agglomérations d'hommes sains, dans irès-peuuiombre prisous, Iss vaisseaux, les assemblées, les casernes, d'affeciions. les miasuies somatiques donnent-ils lieu à des maladies bien déterminées? Il n'est pas facile de répondre à cette question lorsqu'on distrait du nombre des maladies infectieuses celles qui sont dues à l'air vicié ou confiné, et dont les ouvrages d'hygiène nous fournissent tant d'exemples. On a rangé parmi les affections infectieuses des maladies qui, comme le croup, la diphthérie, l'ophthalmie, se transmettent évidemment par contagion. La diarrhée, la fièvre typhoïde, la fièvre gastrique simple ou rémittente bilieuse, se développent sous l'empire de l'encombrement, chez les médecins et les étudiants qui fréquentent les hôpitaux, les amphithéâtres, chez les détenus, ainsi que chez les militaires. Le typhus et la dysenterie peuvent se manifester dans les mêmes condi- Hésumc. tions. Cependant on doit dire que leur origine infectieuse est loin d'être avérée. Ainsi donc, en éliminant successivement les maladies dont la cause est incertaine, on arrive à ne plus considérer comme infectieuses que trois ou quatre maladies, et si l'on veut persister k en faire un

groupe distinct des autres, il faut alors limiter l'infection, ainsi que nous l'avons dit, à l'influence directe, restreinte, non contagieuse, qu'exerce le corps de l'homme sain ou malade sur son semblable {infecdon somalique). Le sol , les eaux, l'air, sont la source d'agents morbifiques ; l'homme à son tour jette dans l'air des émanations nuisibles à la santé. Ces miasmes somatiques sont la cause de l'infection telle que nous avons essayé de la définir. Restreinte dans ces termes, elle pourrait être étudiée indépendamment de la contagion, de l'endémicité et des altérations chimiques de l'air.

S'il fallait proposer une classification des causes qui classification

' ... . T A-± ^' • I' 1 T • Jcs infectieuse

ont été comprises sous le titre d mjection, nous les diviserions de la manière suivante : 1° infection somatique humaine, ou viciation de l'air par des miasmes provenant du corps de l'homme sain ou malade; maladies produites: typhus, fièvre typhoïde, diarrhée, dysenterie, gangrènes ; 2" infection somatique animale, due à la présence d'animaux sains ou malades ; 3" infection par altération chimique de l'air, comprenant le méphitisme et les effets de l'air confiné ; à" infection paludéenne ou par effluves de nature végétale : fièvres intermittentes ; 5° infection tellurique ou par effluves inconnus qui s'échappent de la terre; toutes les maladies endémiques se trouvent dans cette dernière division : fièvre jaune, peste, choléra, etc. A force de faire désigner tant de choses au mot infection, il a fini par ne plus rien signifier. Nous ferons grâce au lecteur des dissertations dans lesquelles on s'est efforcé de réunir, à l'aide de vagues généralités, des sujets qui n'ont aucune espèce de rapport. Que dire du méphitisme, de la mitte ou des miasmes somatiques, qui puisse s'appliquer aux effluves de la fièvre intermittente, de la fièvre

908 CAUSES S0]\lATigUE5.

jaune ou à la dysenterie? (Voyez mon article Infection du Compendium, qui résume et devait comprendre ces différents sujets.)

§ II. De la contagion.

La contagion est le mode suivant lequel l'homme malade transmet à l'homme sain, plus ou moins prédisposé, la maladie dont il est lui-même affecté.

L'agent qui est engendré par l'organisme malade et qui jouit de la funeste propriété de reproduire la maladie, à la manière d'une semence morbifique, a reçu le nom de contage ou conlagium.

Les maladies qui se propagent ainsi, d'hommeàhommc, ou des animaux à l'homme, s'appellent maladies conlagieuses.

Division. Divisions. Pour mettre quelque clarté dans l'étude si obscure de la contagion et en offrir une description abrégée, quoique suffisante, nous nous proposons : I. de faire connaître d'abord les maladies réellement contagieuses; II. les propriétés du contage et ses différents modes de propagation ; les différences qui existent entre la contagion, l'infection, l'épidémie; III. les conditions de réceptivité ou de résistance dans lesquelles se trouve l'homme sain.

Indicalion

I, Mes iiialailies eoiitaïKieuscs. Lorsqu'on envisage des maladies maladies contagieuses, d'une manière générale, on voit

contagieuses. >-i r o '

d'abord qu il faut établir entre elles une distinction importante. 1° Les unes se transmettent par une matière liquide qui doit nécessairement être appliquée sur un tissu, en état de l'absorber : ce sont les contagions virulentes et les maladies contagieuses par inoculation. 2" Les

autres se communiquent, au moyen d'un agent qui n'a pu être saisi : ce sont les maladies par contagion miasmatique. Nous ne parlons que pour les classer ailleurs des maladies produites par la transmission des parasites du règne animal ou végétal.

A. Maladies contagieuses par virufi. Nous avons étudié i» contagieuses, longuement ces maladies dans un" autre chapitre (Mala- .^'•■"•f"'f°'

^ ^ inoculables;

dies virulentes, t. II, p. 72) ; nous avons considéré comme contagieuses par inoculation : 1° lavaccine; 2" la variole; 3° la syphilis; h" la rage; 5° la morve; 6" le farcin; 1" le charbon ou pustule maligne ; 8° l'infection septique ou par piqûre anatomique. Ces maladies se distinguent de toutes les autres parce quelle ne peuvent se communiquer que par le contact direct, et lorsque les matières toxiques sont appliquées sur les membranes dénudées.

B. Nous plaçons à côté de ces maladies virulentes celles 2" contagieuses, qui se propagent encore, à l'aide d'une matière liquide virulentes,

i r- ir o 1 1 non inoculables.

semblable au virus, mais qui en diffèrent cependant, en ce qu'elle ne sont pas inoculables. Tels seraient la blennorrhagie contagieuse non syphilitique, l'opthalmie purulante,la blennorrhagie oculaire, le muguet. On peut même y ranger la diphthérite, qui, d'après des expériences récentes faites par M. Peter sur lui-même, ne serait pas inoculable quoique contagieuse miasmatique.

G. Les maladies contagieuses miasmatiques ont la pro- 3- Maladies Driété de se propager à l'aide d'un contagium jusqu'à conagicuscs

^ X i <j j i tniasmaliquee.

présent insaisissable que nous étudierons plus loin. De ce nombre sont les trois exanthèmes la variole, la rougeole, la scarlatine, dont il faut rapprocher le croup et la diphthérie, contagieux à un haut degré.

Si le doute n'est pas permis au sujet des contagions Maladies

, , 1 , •! > .1 1 A 1 )• ! ) dont la contagion

précédentes , il n en est plus de même lorsqu il s agit douteuse.

contagieux des maladies.

9iO CALSES SOMATIOL'HS.

de laire admettre au rang des maladies contagieuses la coqueluche, la lièvre jaune, la peste, le typhus, à plus forte raison la fièvre typhoïde, le choléra-morbus Indien et la dysenterie. Voici les causes qui rendent difficiles et souvent peu probantes, en pareils cas, l'observation et l'expérimentation.

Causes 1° Commc les maladies dont on cherche à déterminer la ^""^dîffidiV'^^^' P^'^P^^^^^ contagieuse, naissent dans des localités resladéierminaiion treintcs (choléra, peste,fièvre jaune) , on peut attribuer à la u carac re çQj-j^ggjQj^ qyj ggj^ l'effet d'une cause locale, telle que la décomposition des matières végétales ou animales, ou une agglomération d'individus (infection somatique) . En d'autres termes, une maladie causée par l'infection imite tout à fait dans son développement une maladie transmise par contagion. Si l'on veut acquérir des notions plus certaines sur les maladies contagieuses, il faut les étudier hors des foyers d'infection; ce qui est impossible pour plusieurs d'entre elles.

2" En second lieu les maladies épidémiques se propagent exactement de la même manière que les contagieuses miasmatiques ; il est donc difficile de les distinguer les unes des autres. Rappelons d'ailleurs que f intensité avec laquelle sévissent les épidémies et que, faction violente de la cause inconnue qui les provoque, développent souvent des propriétés contagieuses qui n'existaient pas lorsqu'elles régnaient à f état sporadique. Nul doute que la fièvre typhoïde, le typhus, peut-être la dysenterie, ne puissent devenir également contagieux, à un haut degré, comme on en voit tous les jours des exemples. Il ne faudrait pas cependant pousser trop loin cette hypothèse, qui ne tendrait à rien moins qu'à faire déclarer contagieuses les maladies épidémiques et même spora-

1°origine infectieuse des maladies.

2° Origine épidémique.

CONTACION. 914

cliques qui ne possèdent pas ordinairement cette propriété. Nous avons dit dans notre article Contagion (Compendmm de médecine) que les maladies pouvaient accidentellement développer un principe contagieux, ou du moins que des causes diverses d'entassement et inhérentes aux localités, pouvaient donner une activité insolite à des miasmes qui n'auraient déterminé aucun effet dans les circonstances ordinaires.

Queh sont les caractères des maladies contagieuses? On caractère a prétendu d'abord qu'elles ne peuvent pas se déve- des maladies

contagieuses :

lopper spontanément, et qu'elles sont toujours le résultat génération

d'une contagion antérieure. On a combattu cette opinion spontanée.

en disant que la rage naît d'elle-même, chez les chiens, et

que la syphilis a dû se montrer, une première fois, en

dehors de toute contagion ; mais ces deux objections sont

loin d'être convaincantes. La première maladie appartient

à l'espèce animale, et quant à l'origine de lasyphihs, on

sait combien elle est encore incertaine ; d'ailleurs il ne

s'agit pas de la contagion virulente qui diffère, de toutes

les autres, sous beaucoup de rapports. Si nous nous en

tenons à ce que l'observation quotidienne nous apprend,

nous trouvons :

Que dans toutes les maladies virulentes, la contagion a. Maladies dans est constante et qu'aucune ne peut se développer spon- lesquelles

i X 1. pIIp saurait

lanémentchez l'homme (rage, syphilis, pustule maligne, être admise, vaccin, cowpox, poison septique, morve, farcin) ;

2 " Qu'une seconde classe se compose des maladies dans lesquelles la contagion miasmatique est encore manifeste : la rougeole, la scarlatine, la variole, sont de ce nombre;

3° Que pour certaines maladies comme le typhus, la b. Dans lesquelles

• elle

fièvre jaune, la peste, la dysenterie, la génération spon- évidente, tanée est de toute évidence, puisqu'on les voit disparaître

entièrement, pendant plusieurs années, des lieux où ils se développent, sous l'empire des causes locales ou par infection. Il est vrai de dire qu'on n'a pas encore acquis la certitude qu'il ne reste plus un seul cas de la maladie, dans les lieux où elle se montre à l'état endémique. Cependant on peut nier l'existence des cas sporadiques c.Dans lesquelles jusqu'à cc qu'ou ait fourni la preuve du contraire. Il faut csi démontrée remarquer que ces maladies, à origine spontanée, sont précisément celles qui ont excité le plus de controverse quand il s'est agi de décider si elles sont contagieuses ou non. On est fort partagé sur la contagionabilité de la fièvre jaune, de la peste, du typhus, et surtout delà dysenterie, du choléra-morbus, de la suette miliaire, de la grippe. On ne peut donc pas arguer de la nature contagieuse de ces maladies pour soutenir qu'elles peuvent aussi naître par génération spontanée. Si nous cherchons des preuves ailleurs, nous en trouvons qui démontrent, d'une manière irrécusable, l'existence de maladies qui, bien que sporadiques, peuvent, sous certaines conditions atmosphériques, revêtir le caractère contagieux : tels sont le croup, la diphthérie, la coqueluche, la poui-riture d'hôpital, l'érysipèle, la dysenterie. Nous devons y ajouter encore le typhus, et la fièvre typhoïde, nésumè : En résumé, sortie le plus ordinairement d'une semence

les itibI ics • contagieuses

spécifique communiquée, la maladie contagieuse peut peuventcireaussi cependant se développer aussi, d'une manière toute spon-

spontanees. r • ^ ^

tanée, chaque fois que les conditions cosmiques, telluriques ou épidémiques qui lui ont donné naissance, une première fois, se trouvent de nouveau réunies, des maladies ^° Le secoud Caractère des maladies contagieuses est

contagieuses; d'être générales. Les liquides et le sang, en particulier, le

sont générales,

solide et spécialement le système nerveux sont toujours

atteints à dift'érents degrés ; aussi les liquides qui en proviennent ont-ils la propriété, sinon de reproduire toujours la maladie , comme dans les affections vinilentes, du moins de donner lieu à des accidents funestes de septicémie ou de pyémie. Quelques-unes de ces affections, Lésions locales ;

M . 1, . leursignificalion.

ont, il est vrai, pour caractère, une lésion en apparence restreinte (syphilis, pustule maligne, croup, pourriture d'hôpital) ; mais outre qu'elle n'est qu'une manifestation locale d'une altération qui existe partout, il est plus fréquent de trouver des symptômes et des désordres anatomiques dans tous les tissus. Les maladies contagieuses Lésions étonnent par le nombre des altérations et embarrassent et des liquides, beaucoup les systématiques qui veulent absolument les accommoder à leur doctrine. C'est à cet écueil que sont venues se briser les plus célèbres théories médicales.

Nous signalerons surtout parmi les altérations les plus Quelques-unes constantes celles du sang qui donnent à quelques mala- consumes dies contagieuses leur symptôme prédominant (vomisse- caractéristiques, ment de sang et hémorrhagies dans la fièvre jaune, ecchymoses et taches dans le typhus et la peste, etc.) , et à toutes leur caractère de gravité, sinon d'incurabilité.

3° Une troisième propriété constante des maladies 3< caractère :

.1 T X 1 Incubation.

contagieuses est de ne se manilester, par leurs symptômes pathognomoniques, qu'après un temps d'incubation, c'està-dire d'élaboration morbide déterminée par l'introduction dans l'organisme de la semence morbifique. Ce temps saduréevariaiie. d'incubation varie suivant chaque maladie ; nous l'avons étudié pour les maladies virulentes, nous ne pouvons rien en dire de général. Les effets de l'action du contagium miasmatique, plus difficiles à observer que ceux des virus, se manifestent, en général, huit jours après l'impression nocive, pour la peste, les exanthèmes, le croup, et d'autres m. 58

encore. On conçoit que les influences individuelles et cosmiques doivent retarder ou accélérer l'apparition des symptômes.

4« caractère : A° Quelle quc soit la nature de la maladie , le résultat formation ordinaire de son évolution est le développement d'un

d'une semence i i • i

morbifique. principe coutagieux dont nous chercherons plus loin la cause et la nature. Est-il un produit nécessaire de la maladie, en d'autres termes se forme-t-il toujours un contage, et est -il toujours aussi actif que celui qui Ta engendré une première fois? Nous sommes disposé

Elle n'est pas à répondre négativement à ces questions. En effet , si la

également i t . • i ■

active à toutes maladie contagieuse a pu prendre naissauce, uue première les périodes fois spontanément, elle peut bien cesser aussi, sans reproduire le germe contagieux. L'étude de ces maladies nous apprend qu'elles n'ont pas la même intensité au début, dans la période d'état et à la fin de leur règne ; Eiieft'atténue que les individus frappés à la fin le sont, d'une manière ^ moins grave, et qu'il en échappe un très-grand nombre.

Enfin, il faut bien admettre que la génération du contage cesse de s'efiectuer ou que les hommes deviennent réfractaires , puisqu'on voit disparaître entièrement l'affection contagieuse. Les causes extérieures atmosphériques ou cosmiques, qui ont donné naissance à la maladie contagieuse, venant à cesser, ces maladies doivent cesser elles-mêmes, après un certain temps. On peut supposer, dans ce cas, que la contagion elle-même s'atténue, sans quoi elle se propagerait indéfiniment , comme on le voit pour un certain nombre de maladies virulentes et même des maladies endémiques contagieuses qui ne sortent pas de leur foyer. 11 est donc probable que, à un moment donné, la maladie, en perdant sa force, n'est plus capable d'engendrer le principe toxique, et qu'il faut attribuer, en

CONTAGION. 91 r>

partie) à cette cause, la disparition des maladies contagieuses. Elles ont bien commencé par génération spontanée, ainsi que nous avons cherché à l'établir pour plusieurs d'entre elles ; elles doivent s'éteindre de même, lorsque l'agent miasmatique n'est plus reproduit dans l'organisme.

Ainsi revient incessamment cette idée, en harmonie Lecomage avec tous les faits observés, et d'après laquelle l'élabo- '''q" • J-e^î"'' ration d'un contage doit être représentée comme un acci- pas constant à dent variable, à toutes les époques des maladies conta- '"de^maiTtUer' gieuses dont il n'est pas un élément constitutif nécessaire, contagieuse». sii.e quâ non. La preuve en est dans tous les cas sporadiquesde typhus, dedysenterie, depeste etde fièvre jaune, qui ne se communiquent paSj et dont les symptômesetla marche atténués sont cependant les mômes que loj'sque la maladie règne sous forme d'épidémie.

II. Du coiitag(c et de ses proprU^té.^. Nous igno- du contage

et

rons complètement la nature du contage que l'on a com- de ses propriétés, paré à un germe, à un ferment, à une semence, pour exprimer, métaphoriquement, ce qui ne peut tomber dans le domaine des sens.

Nous avons parlé ailleurs des virus ( t. II , p. 76 ). 11 est impossible de les confondre avec le contage miasmatique; les premiers sont des matières fixes contenues dans les liqueurs de l'organisme et qui ne peuvent pénétrer dans le corps sain que sous forme de liquide et par voie d'absorption.

Le contage est un agent spécifique engendré dans le Dans quelle

, . , 1 , . , . . , , partie du corps

corps humam, a un moment détermine, mais variable, est-ii engendré? des maladies contagieuses. On ne sait pas du tout où il se forme ; on serait bien embarrassé de dire quel est son siège, quel est le tissu plus spécialement affecté la na-

ture des maladies contagieuses étant restée inconnue jusqu'à ce jour, malgré les recherches les plus persévérantes et les discussions les plus multipliées. Nommer la fièvre jaune, la peste, le typhus, la diphthérie, c'est montrer suffisamment que nous ignorons dans quel organe la matière transmissible prend naissance. Nous ne savons pas davantage sous quelle forme elle s'échappe du corps malade. On doit supposer que c'est à l'état de vapeur, de miasme de nature animale, comme celui des marais, comme les effluves qui procèdent de la décomposition des matières végétales.

Du support Le contagium miasmatique, auquel le nom de coulage ouToyens" somatique convient parce qu'il sert à le distinguer du

de iransmiHioD. miasmc telluriquc et du miasme épidémique, ce contage est très-probablement fourni par les deux grandes surfaces de rapport , la peau et la membrane muqueuse nasale, buccale et pulmonaire. C'est de ce foyer que s'échappent sans cesse les miasmes sécrétés avec les ma tières liquides à la surface de la peau, et ceux qui, mêlés à l'air, s'échappent des voies respiratoires. Il ne serait pas impossibleque les lamelles d'épiderme oud'épithélium qui se détachent sans cesse de ces membranes servissent d'agent ou de moyen de transport aux liquides toxiques dont elles sont nécessairement imprégnées. Quoiqu'il en soit, il est probable que le contage sort de l'organisme sous forme gazeuse ou de matière animale excessivement ténue, divisée et en état de se mêler à l'air, peut-être même de gaz toxique de nouvelle formation. De l'air L'air atmosphérique est, sans contredit, le véhicule le

'TuTonuge!" P^"^ ordinaire de la contagion, pour toutes les raisons qui viennent d'être indiquées. La meilleure de toutes se trouve dans les propriétés même de ce gaz qui n'altère pas les

CONTAGlOiN.

miasmes ; il leur laisse toutes leurs propriétés nocives, les transporte avec lui, à de grandes distances, les fait pénétrer dans la profondeur des tissus, les mêle aux substances qui parviennent dans nos organes et à l'air que reçoivent les poumons. Ainsi s'explique la contagion si fréquente, à une courte distance, lorsque l'homme sain respire l'air qui sort de la poitrine d'un individu affecté. C'est aussi l'exhalation cutanée qui rend si dangereux le contact immédiat avec le corps des malades.

Des dilfëreiits modes de propagation du contage. On appelle contagion médiate ceWe quialieu par l'intermédiaire de l'air ou d'un corps de nature variable qui sert de véhicule à un miasme. La contagion immédiate ou directe s'effectue par l'attouchement. On conçoit, sans que nous ayons besoin d'y insister longuement, combien il est difficile d'établir une démarcation tranchée entre ces deux modes de communication. Ceux qui admettent que l'air seul peut donner la maladie, se fondent avec quelque raison sur l'absorption fort contestable des miasmes par les mains ou tout autre point de la surface cutanée.

L'air atmosphérique paraît être, en effet, le support presque constant ducontage somatique, et tous les corps réputés contumaces, à juste titre, sont précisément ceux qui tiennent emprisonnée dans leurs tissus une grande quantité d'air. Nous citerons, en première ligne, toutes les étoffes de coton, de toile et de laine, les matières premières de même nature, ainsi que la plume, la paille, le papier, le bois, etc. Les substances alimentaire et les boissons peuvent aussi en être imprégnées au moyen de l'air. Enfin celles qui semblent peu capables de renfermer les contages sont les métaux. Les cadavres des sujets morts

Contagion immédiate et médiate.

Do quelques autres agents de transmissioiu

Des autopsies d'affection contag'ieuse miasmatique peuvent-ils propager comme" ause fictivement ces maladies? On s'étonnera peut-être de nous de coniagion. yoir poser Cette question, qui paraît à d'autres complètement résolue dans le sens de la contagion la plus active. Et cependant le doute est bien permis quand on voit des médecins affirmer que les cadavres des pestiférés et des sujets atteints de fièvre jaune n'ont jamais donné la maladie. Dans tous les cas , on peut soutenir que ce n'est pas, par les liquides ni par l'absorption cutanée, qu'on peut la contracter, puisque l'inoculation même ne peut la faire naître. Il n'y aurait donc que le seul fait de la contagion ordinaire par l'atmosphère ambiante. Sphère d'action Parmi Ics ageuts contagieux qui viennent d'être passés du coniagc. revue, l'air est, pour un grand nombre de médecins, le seul auquel on doive accorder cette funeste propriété. Partout où cet air est porté il fait naître la maladie. Suivant quelques contagionistes irès-reslveints , il ne jouirait du pouvoir de propager la maladie, qu'à une très-petite distance, en sorte qu'il sufliraitde se tenir éloigné de quelques mètres de distance du foyer pestilentiel, pour n'en recevoir aucune atteinte. Quiconque connaît la puissance des miasmes somatiques ne saurait souscrire à cette opinion, et s'il est vrai que dans quelques épidémies on a pu échapper à ses atteintes, en restant isolé dans une maison ou une rue qui se trouvaient environnées de toutes parts. Elle est très- il n'en faut pas moins répéter, avec Fodéré, « qu'on doit être fort circonspect sur les conseils à donner pour la distance à laquelle on n'a plus rien à craindre de la contagion. Cette distance, en effet, peut être trop grande dans certains cas, et trop petite dans d'autres. » Cependant il faut reconnaître que le contage agit, en général, sur les sujets placés dans son voisinage, et qu'il n'est pas

transporté au loin comme les efïluves qui vont développer la fièvre intermittente, dans des contrées où elle est inconnue.

Dans d'autres maladies la contagion n'agit que sur les La contagion sujets qui respirent, en quelque sorte, le même air que arTconfonÏÏ les malades. On a attribué les affections qui naissent ainsi avecrinfeciion. dans l'air confiné d'une salle d'hôpital, d'une prison ou d'un navire, à l'altération de ce fluide, et non à un principe spécifique et contagieux tenu en suspension. Nous avons prouvé ailleurs (voyez Infection) qu'il n'y a pas, en pareille occurrence, de contagion miasmatique, mais ce que nous avons appelé Vinfection somatique, c'est-àdire altération de l'air par des miasmes qui peuvent développer des maladies spécifiques, mais non des maladies semblables ni contagieuses. Jusque-là il existe peu de difficulté ; elle devient plus sérieuse quand la maladie, produite d'abord par infection, se transmet ensuite par contagion. Telle paraît être la double origine du typhus des camps, peut être de la fièvre typhoïde, dans les localités où elle sévit avec violence, de la dysenterie et des affections gangréneuses, érysipélateuses, etc. Ainsi s'expliquent encore les épidémies de tous genres dans lesquelles l'encombrement ne tarde pas à provoquer des maladies infectieuses et contagieuses. Nous espérons que le lecteur trouvera moyen de sortir de l'embarras que peuvent lui causer ces difficultés étiologiques sur lesquelles nous sommes, à plusieurs reprises, entré dans de longs développements.

Nous venons de voir que théoriquement l'infection est eiic peut l'être très-différente de la contagion, mais que dans les appli- ''^fi^^J^^^ie'*' cations elles se confondent souvent ensemble. Même difficulté pour l'épidémie. Celle-ci a sa cause et son moyen de transport, dansl'atmosphère; tous les individus ([ui en sont

920 CAUSES SOMAÏIQUES.

frappés peuvent n'avoir aucune communication entre eux ; il leur suffît d'être plongés dans l'air pour contracter la maladie qui ne se transmet pas par contagion. Circonscrits dans ces termes écrits, l'épidémie se distingue aisément de la contagion , et cependant n'est-ce pas pour les maladies en apparence les plus épidémiques, comme le choléra, la grippe, qu'on a admis l'existence de la contagion? D'une autre part aussi, n'a-t-on pas fortement nié la nature contagieuse de certaines maladies, telles quelapesteetla fièvre jaune, et n'en a-t-on pas fait des affections endémiques, àl' embouchure des grands fleuves (Nil et Mississipi) ? Nous reviendrons plus loin sur ce sujet. (Voyez Causes cosmiques et atmosphériques) .

Du la III. Conditions de récei»tivité da contajB;e citez

^IconuTcicr" l'Itomme sain. Si le développement du contage est inics maladies con- clispeusable pourquo lamakdie puisse se reproduire, il faut agieuscs. g^^gg^ quel' hommc sain subisse une modification spéciale qui le rende apteàcontracterlamaladie, c'est-à-dire à absorber le miasme contagieux. En quoi consiste cette prédisposition, cette réceptivité? Inconnue dans sa nature, elle ne se traduit par aucun signe qui puisse la faire reconnaître. Ce que nous avons dit de la prédisposition en général s'applique également aux maladies contagieuses. Ainsi, ce sont les hommes affaiblis par des excès, des maladies antérieures, par la misère, par la frayeur, les nouveaux arrivés, les sujets cacochymes, etc., qui sont les plus exposés à la contagion. Toutefois, dans la plupart des cas, on ne peut rien établir de général. Les exanthèmes, par exemple, s'attaquent de préférence aux enfants, la fièvre jaune aux nouveaux venus, etc. Les différences ne sont pas moindres aux diverses périodes d'une maladie contagieuse ; tandis qu'au début et pendant l'accroissement.

il semble que tous les hommes soient, pour ainsi dire, égaux devant la contagion, de telle sorte qu'un très-petit nombre y échappe; plus tard, au contraire, les victimes deviennent très rares. Cet effet tient non-seulement à la diminution de l'épidémie, mais aussi à la résistance plus grande qu'opposent les hommes. C'est peut-être ainsi que les constitutions épidémiques étendent ou diminuent la force des maladies contagieuses ; elles exercent sur les facultés réceptives du corps humain une influence non moins marquée que le contage. S'il n'en était pas ainsi, il serait difficile d'expliquer la disparition des maladies contagieuses, àmoins qu'à un moment donné, ellesne cessassent de reproduire le miasme transmissible. Dans cette hypothèse, la maladie perdrait son caractère spécifique, ce qui est peu probable ; il serait singulier d'admettre une peste contagieuse et une qui ne l'est pas, une fièvre jaune transmissible et une qui n'offre pas ce caractère. Outre qu'on n'observe pas, dans lanature, des entités dece genre et que nous n'admettons pas la transformation des types pathologiques les uns dans les autres, il est plus facile de causes

, . . , . „ qui prédisposent

supposer que les conditions organico-dynamiques lavo- i la contagion risent ou neutralisent la contagion. Parmi elles se trouvent ^"

^ en neutralisent

les influences exercées par l'âge, le sexe, les races, 1 ha- les effets, bitude, les immunités singulières que rien n'explique, ou celles qui sont données par une attaque antérieure de la même maladie, etc.

Au nombre des causes hygiéniques qui exercent une Causes

- 1 1 1 • • • hygiéniques.

action favorable sur la transmission contagieuse, on a noté l'encombrement, la malpropreté, le non-renouvelle- Encombrement, ment de l'air, la température élevée et l'humidité. Nous devons surtout insister sur les dangers de l'encombrement, parce qu'il n'existe pas de cause plus fréquente ni

plus active de contagion. Il suffît déplacer dans une salle d'hôpital un malade atteint de coqueluche, d'ophthalmie ou de diphthérie, pour que le mal se propage bientôt avec une effrayante rapidité. On peut dire que toute la prophylaxie des maladies contagieuses se résume en un mot, disséminer les hommes sains et surtout les malades. Delà préservation La préservation acquise au moyen de l'inoculation d'un

dans les maladies i i- ■ • 1111

contagieuses, coutage provenant d une maladie plus ou moms semblable n'a eu lieu, jusqu'à présent, qu'à l'aide du vaccin, dans la variole ; et encore est-ce un virus qui sert à préserver d'une affection virulente. Nous ne connaissons aucun mode de préservation des contagions miasmatiques. Tout ce qu'on a tenté pour découvrir des agents inoculables a échoué. On ne sait pas où réside le principe contagieux dans la peste, la fièvre jaune, la coqueluche, le croup, On n'est pas parvenu à inoculer ces maladies, même en se servant des liquides fournis par les parties affectées. Il existe, sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres, des différences essentielles entre les maladies contagieuses miasmatiques et les virulentes.

Delà préservation Pour Ics maladies virulentes il n'y a pas de préservais collusions tion absolue. La vaccine n'empêche pas, à coup sûr, le

fixes, vimienies, développement de la variole. (Voyez Maladies virulenles^

cl dans \ 1 1 -i-

les miasmatiques, t- page 99.) La syphilis pcut 86 moiîtrer plusicurs fois.

Il en est de môme des contagions miasmatiques; il est rare cependant de voir se reproduire chez le même individu la peste, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde. Quelques-unes de ces maladies qui, à l'instar de l'ophthalmie, de la blennorrhagie contagieuse et du muguet, ne se transmettent qu'au moyen d'un contage liquide fixe, se rapprochent des virulentes, et cependant en diffèrent essentiellement, en ce qu'elles ne sont pas inoculables et

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