‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 204 sur 232 · II. De la chaleur et du froid · texte numérisé non relu

II. De la chaleur et du froid

AotioiulcIaflialcKr. Il nous serait impossible d'exa- De la chaleur miner tous les faits qui se rattachent à l'action pathogénique du froid ; nous voulons seulement en rechercher les effets généraux, dans les principaux groupes de maladies. Ce modificateur est le plus puissant de tous ceux qui interviennent dans la production des maladies. Aucune fonction ne saurait s'y soustraire ; cependant celle qui en reçoit la plus forte influence est la calorification. Sans invoquer Leurs effets sur l'autorité des expériences empruntées à l'hygiène et à la physiologie, qui sont d'ailleurs connues de tout le monde, nous devons rappeler que l'innervation, la circulation, la respiration et la calorification accusent immédiatement les effets déterminés par la chaleur, et que ceux ci se traduisent par des maladies qui ont leur siège précisé-

ment dans les organes chargés d'accomplir ces fonctions. 8""^ Il est très-fréquent d'observer, pendant les grandes cha-

' leurs, des congestions cérébrales ou méningées, du délire, la calenture, des hallucinations étranges, comme dans le mirage, et s'il n'est pas permis de rapporter tous ces accidents à la chaleur, il faut néanmoins lui accorder une part d'action très-grande. L'excitation vasculaire du cerveau est manifeste dans les coups de sang qui frappent les malheureux exposés à de hautes températures, les matelots renfermés dans l'entrepont des navires, etc. Cependant on n'est point d'accord sur cette influence de la chaleur : les uns, avec Hippocarte, Lancisi, Pison, Hoffmann, soutiennent que l'apoplexie est beaucoup plus fréquente pendant la saison froide ; d'autres, pendant l'été. Il n'en serait plus de même de la congestion qui serait favorisée par le froid de l'hiver (Andral, Falret) (1).

sur D'autres fois la chaleur agit, à titre de causes prédispo-

icshéraorrbag.es. gr^jj^gg^ comme dans les contrées équatoriales où elle paraît être la cause d'un grand nombre d'hémorrhagîes par différentes voies, et surtout par l'utérus, les reins, la vessie (hématurie endémique en Égypte, à l'île de France?). Elle occasionne l'hémoptysie, et même l'apoplexie pulmonaire chez les sujets prédisposés. Les capillaires et le cœur lui-même sont puissamment stimulés, et souvent outre mesure, par la chaleur naturelle ou artificielle, ainsi que le prouvent les hémorrhagies nasales, utérines, pulmonaires, la rupture du cœur, les palpitations , les syncopes , les lipothymies observées chez des malades soumis à de hautes températures. Elles

(I) Voyez ma thèse de concours, 1838 : Déterminer la part des causex occasionnelles dans la production des maladies^ p. 22 et suivantes.

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