III. Ordre de causes cosmiques. Ingesta
Après l'air atmosphérique, il n'est pas de modificateur 3' Ordre de causes plus puissant, plus nécessaire à la vie que la substance '^"ngèstT qui a reçu le nom d'aliment. Emprunté à tous les corps organisés qui sont dans la nature, il devient, sous l'empire de transformations merveilleuses, partie intégrante du corps de l'homme. Il apporte avec lui la santé ou la maladie. Mettant de côté l'étude des questions physiologiques qui se rattachent à la bromatologie, nous devons nous borner à retracer, à grands traits, la funeste influence que peuvent avoir des aliments mauvais, insuffisants, pris en trop grande quantité, les boissons alcooliques, et enfin certains agents nuisibles mêlés accidentellement aux substances alimentaires.
De Valimentalion uniforme. Pour que le travail de la De raiimenuiion digestion s'accomplisse l'égulièrement, et surtout pour "^forme. III. (h
96^! CAUSES COSMIQUKS.
que cette l'onction exerce sur les autres organes et sur la nutrition une influence salutaire, il faut, a-t-on dit, que Usage exclusif des l'alimeutation soit variée On cite à l'appui de cette pro-
féculenls cause
de maladies, position Ics faits suivauts : les animaux nourris exclusivement avec de la gomme ou du sucre finissent par périr; les paysans les plus malheureux de la Suède, qui surchargent leur estomac d'une grande quantité de pommes de terre, de lait aigri, de bouillie de seigle, de boissons acidulés, et plus rarement de harengs salés et fumés, contractent une dyspepsie qui est endémique dans la Dalécarlie, la Suède, la Finlande, les îles Féroé. Elle a reçu le nom de gastriie chronique, de cardialgie, de pyrosis. Nous n'avons pas besoin de sortir de France pour observer les funestes effets d'une alimentation semblable ou trop exclusive. Dans certaines contrées, l'usage excessif des féculents, du fromage sec, du pain d'orge ou de seigle, des vins acides, produit des troubles dyspeptiques intenses ; dans d'autres, la farine de maïs, altérée ou non par un champignon, donnerait lieu à la pellagre. Ces exemples ne prouvent qu'une chose, à savoir qu'un aliment de mauvaise qualité altère profondément la santé ; mais ils sont loin de démontrer qu'une nourriture toujours la même, pourvu qu'elle soit réparatrice, soit une cause de maladie. Nous croyons vraie la proposition contraire : le meilleur aliment est celui auquel l'estomac est habitué et qu'il digère le mieux ; on peut le continuer avec les plus grands avantages pendant la vie entière.
De raclion exercée
On n'est pas encore assez avancé en bromatologie pour par ceriains gavoir à quels ahmouts on doit attribuer telle ou telle maladie. On a prétendu que l'usage immodéré des féculents peut amener le diabète; que celui du maïs est
ALIMENTS. V)Ga
suivi de la pellagre; que l'ingestion d'une grande quantité de viande, surtout de porc ou de poisson, favorise le développement des maladies de la peau; que l'introduction, dans les aliments, d'une forte proportion de matières grasses prédispose aux affections du foie et aux engorgements des viscères abdominaux ; que les aliments féculents tels que les pommes de terre, le pain de seigle, le maïs, le riz, engendrent la gastralgie, la diarrhée chronique, le gonflement de l'appareil lymphatique intestinal, la colite , les dysenteries ; que les substances lactées Eiie e»i ton son t favorables à la génération des vers intestinaux et spé- houleuse, cialement des lombrics et des oxyures vermiculaires, etc. Toutes ces assertions ne sauraient être acceptées ; il faut, avant de les considérer comme vraies, attendre des observations plus nombreuses et plus catégoriques.
On peut également conserver des doutes sur les elTets de l'alimentation exclusivement formée de substances animales, à laquelle on attribue la goutte. Les nouvelles théories sur la production de l'urée et de l'acide urique, sur la cause des combustions lentes qui se passent au sein de l'organisme, ont donné beaucoup d'importance à l'étiologie purement chimique de la goutte et de la gravelle ; cependant nous devons faire remarquer qu'elles sont insuffisantes, et qu'il faut faire intervenir une cause bien autrement puissante, la diathèse transmise par voie de génération. On ne devient pas goutteux à volonté et même en s' astreignant à un régime très-azoté.
Là ri'plétion habituelle de l'estomac qu'autorise, nous De la répiéUon. dirons même qu'exige la manière de vivre acceptée dans la société moderne, est, sans contredit , la cause la plus certaine et la plus fréquente d'un grand nombre de maladies. Ce ne serait rien encore si la variété des aliments n,oded'a"ciion.
Des maladies
qu'elle détermine.
90 i CAUSES COSMIOUFS.
et des vins, si leurs propriétés stimulantes et leur action si souvent contraire, étaient les seules causes capables d'altérer la santé ; mais une source bien autrement puissante de maladies est la réplétion de l'estomac qui ne se repose presque jamais, dont l'activé fonctionnelle entraîne celle du foie, de la rate, et de la circulation générale, etc. D une autre part aussi, la composition du sang va se modifiant et sans cesse recevant les principes immédiats, et les substances élémentaires irritantes qu'y versent les chylifères et les veines. Gomment s'étonner que la surexcitation continuelle, soit directe, soit sympathique de tous les organes devienne la source de nombreuses maladies !
Sans parler de celles qui alfectent le tube digestif, telles que la gastralgie, les dyspepsies de toutes formes, l'embarras gastrique, les entéro -colites simples et crapuleuses, etc. , qui sont l'effet des indigestions réputées complètes ou incomplètes, combien de maladies du foie, de fièvres gastrique, simple et bilieuse, de congestions hépatiques, d'ictère, de cirrhose, et surtout de maladies de l'appareil d'excrétion biliaire, reconnaissent pour cause la réplétion gastro-intestinale ! Son influence funeste Elles ont leur s' étend plus loiu eucore. L'excitation, que les agents de dans lelTsièmes Stimulation charriés par le sang ne manque pas de proyascuiaires duirc daus le Système circulatoire et nerveux, peut déterminer l'hypertrophie du cœur et des troncs artériels thoraciques, des congestions pulmonaires qu'on prend à tort pour des pneumonies, l'hyperémie cérébrale, d'abord légère, puis plus intense, plus rapprochée, et bientôt l'hémorrhagie. C'est surtout en modifiant la composition du sang, en augmentant ses quantités que les excès de table engendrent la pléthore et toutes les maladies qui en
et uerveuï.
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sont le résultat (congestions, hémorrhagies) . La replétion est principalement dangereuse en ce qu'elle crée une forte prédisposition à la maladie. Il suffit ensuite d'une cause légère, pour qu'elle se déclare.
Effets de Valimenlalion insufj^sante. On peut établir oe raiimemaiion comme un axiome fondamental, en étiologie, que l'honmie qui n'exerce pas une profession manuelle, mange toujours trop, et que celui qui veut conserver sa santé doit réduire ses aliments à un minimum constant et conserver de l'appétit en sortant de table. Cependant, si la constitution est mauvaise ou affaiblie par une maladie antérieure ou actuelle, il faut une nourriture plus tonique et plus fortifiante pour en contre-balancer les effets.
L'inanition, c'est-à-dire l'état général produit par Effets une quantité insuffisante de matière nutritive, est une cause puissante de maladie. Nous ne pouvons qu'indiquer les principaux traits de la pathologie spéciale qui procède de cette cause. Sous l'influence de l'ingestion d'aliments peu fournis de substance alibile , on voit se manifester d'abord des maladies de l'estomac et de l'intestin , comme la gastralgie, la dyspepsie, les alfections du foie, des diarrhées incoercibles muqueuses, fétides, sanguinolentes. Viennent ensuite des altérations profondes dans la composition du sang et des autres liquides ; l'albumine s'échappe par l'urine, des hydropisies se déve- Hémorrhagies loppent; la fibrine du sang est elle-même atteinte; on l'ï^irop's'es. voit alors paraître des hémorrhagies, etc.
Sans être portée à un degré aussi extrême, l'inanition, qui a reçu le nom de régime dchilitatit, peut encore produire des maladies telles que l'anémie ou des lésions de la sécrétion rénale, sans altération de texture qui donnent naissance à l'allDuminurie. à des hydropisies générales:
elle crée une funeste prédisposition aux flux muqueux de l'intestin (diarrhée séreuse et vermineuse), aux congestions sanguines, atoniques du foie, et n'exclut pas le travail phlegmasique. Elle développe également l'irritabilité nerveuse. ComlDien de névralgies, des viscéralgies, de palpitations, et de névroses, comme l'hypocondrie et lalypémanie qui n'ont pas eu d'autres causes que la débilitation provoquée par une alimentation insuffisamment réparatrice aux effets de laquelle s'ajoutent ceux d'un travail nocturne ou diurne excessif! C'est alors que s'établit une funeste susceptibilité qui livre désarmés aux maladies, soit intermittentes, soit épidémiques, les malheureux si fatalement prédisposés. Nous voyons tous les jours dans nos hôpitaux des exemples de cette double action de la nourriture insuffisante. Alimentation Nous devous cousidérer comme telle : 1° l'alimentation féculente. ^^^^ laquelle la quantité de viande est insuffisante , comme dans les collèges , dans presque toutes les communautés religieuses, et surtout chez ceux qui observent rigoureusement le régime du maigre. On sait que la chloro-anémie, le dérangement des règles, la gastralgie, la dyspepsie, et à un degré extrême l'albuminurie, sont les effets très-communs de cette alimentation.
L'alimentation formée en grande partie, sinon exclusivement, de substances féculentes, produit à peu près le même résultat.
Son inHuence sur On s'est beaucoup préoccupé, dans ces derniers temps,
le développement n ' n ^ • • i
du diabète. ^ influence qu elles peuvent exercer, amsi que les matières sucrées, sur le développement du diabète. Il paraît bien étabh que la quantité de sucre que contient l'urine est en proportion de la quantité d'aliments féculents et de sucre ingérée par les sujets atteints de cette maladie.